‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 407 sur 1172 · Ibid., I, m · texte numérisé non relu

Ibid., I, m

7. L'usage voulait en effet que plusieurs évêques signassent le testament du patriarche.

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sion, menée principalement par Mazloum, s'engagea-t-elle au sujet de ces biens. Le patriarche ne put montrer aucun livre de comptes tenu à jour, mais seulement quelques notes éparses qui ne satisfirent point les évêques.

On ne put s'entendre non plus sur le choix d'un vicaire patriarcal : l'évêque de Beyrouth refusa, sentant bien l'opposition autour de lui; puis Mazloum suggéra de nommer conjointement l'évêque de Beyrouth et celui de Fourzol, ce qui ne fut pas accepté non plus; on se mit d'accord sur les noms de l'évêque de Sidon et de Mazloum lui-même, malgré un refus apparent de celui-ci. Mais le lendemain, une fois de plus, sous l'influence de l'évêque de Beyrouth et aussi de celui de Tyr, le patriarche avait changé d'idées ; il déclara n'accepter aucune aide ni aucun contrôle, et mettre fin au concile. Une altercation très vive eut lieu dès lors entre les évêques de Beyrouth et de Tyr d'une part, et les autres d'autre part. Ceux-ci, après avoir été congédiés personnellement par le patriarche, se retirèrent au monastère voisin de Saint-Michel, d'où ils adressèrent au prélat, le 11 décembre, une dernière lettre 1 lui proposant, cette fois, de prendre un conseiller parmi les dignitaires des congrégations monastiques 2. Le patriarche fit répondre le même jour qu'il soumettait lui-même toute l'affaire à Rome.

Il avait obtenu, en effet, des évêques de Beyrouth et de Tyr une déclaration attestant que ses livres de comptes étaient parfaitement en règle et qu'il n'y avait aucun reproche à lui faire, ni au spirituel ni au temporel. Il convoqua donc les évêques réfractaires une dernière fois le 12, pour les forcer à signer cette déclaration. Ceux-ci s'y refusèrent et envoyèrent, de leur côté, à la Propagande un rapport sur les événements 3.

Aucune décision romaine n'était intervenue lorsque Ignace V Qattan mourut, le 25 mars 1833.

Le 4 avril 1833, les sept évêques melkites qui avaient pris part aux réunions de novembre 1831 et le procureur du nouvel évêque

1. Le texte en est donné dans le rapport adressé à la Propagande le 13 déc. 1831, mais la souscription porte uniquement « les évêques du siège d'Antioche », sans indiquer de noms.

2. Les évêques proposaient le supérieur général des Chouérites, ou celui des Alépins, ou le premier définiteur des Salvatoriens.

3. La lettre d'envoi à la Congrégation porte cette même date du 12 décembre (30 novembre, vieux style); le rapport, celle du lendemain. Les deux documents ne sont pas signés par l'évêque de Fourzol ni par Mazloum.

d'Alep1 se réunirent au monastère alépin de Saint-Georges, à Makkin, près de Beyrouth, pour élire un nouveau patriarche. Bien que le délégué apostolique leur eût écrit de ne pas choisir Mazloum 2 sans avoir pressenti la Propagande, ils élurent celui-ci, après deux jours de pourparlers, le 5 avril. Maxime n'accepta qu'après avoir longuement supplié qu'on lui épargnât cette charge, alors qu'en réalité il se voyait arriver au but désiré toute sa vie.

Avant de confirmer l'élection de Mazloum et de lui accorder le pallium 8, le Saint-Siège exigea du nouveau patriarche la réprobation du concile de Qarqafé dont il avait été le notaire, ce qu'il fit le 27 octobre 1835. Mais, sans attendre la confirmation promise en échange par Rome, Mazloum songea à réunir aussitôt un nouveau concile, qui dans son idée devait remplacer celui de Qarqafé et combler les vides laissés dans la hiérarchie melkite par la disparition des évêques de Tyr, de Saint- Jean-d' Acre et de Fourzol, décédés en 1834 4.

Le concile fut convoqué au collège de l'Annonciation d'Aïn-Traz pour le dimanche 13 décembre 5. Basile Khalil, évêque de Sidon,

1. Grégoire Chahiat, ordonné évêque en 1832. Le 24 déc. 1831, Grégoire XVI avait adressé à Qattan un bref lui demandant de réunir le collège électoral d'Alep pour élire un évêque au siège toujours vacant et administré par l'évêque de Fourzol (de Martinis, t. v, p. 29). Pierre Chahiat, qui avait été évincé du siège de Beyrouth en 1828, fut élu. et ordonné sous le nom Grégoire. Il envoya son frère Basile, moine alépin comme lui en tant que procureur, à l'élection patriarcale.

2. Mazloum avait effectivement rouvert le collège d'Aïn-Traz avec quelques élèves, au début de 1833, mais dans des conditions qui ne répondaient ni au règlement du collège, ni à l'attente des jésuites (cf. C. Charon [Korolevskij], Hist. des patriarcats melkites, t. n, p. 47).

3. Le 7 avr. 1833, les électeurs avaient adressé à cet effet une lettre au Saint Père et une autre à la Congr. de la Propagande (texte italien dans Mansi, t. xlvi, col. 967-972).

4. Le 16 févr. 1835, la Congr. de la Propagande estima ne pas devoir répondre au délégué apostolique de Syrie concerna/it la validité des nominations épiscopales faites par un patriarche non encore confirmé par le Saint-Siège.

5. Les actes complets du concile ont été publiés en arabe dans Al-Machriq, t. vin, 1905, p. 739-745 et 800-807; la trad. italienne faite pour la Congr. de la Propagande a été reproduite par Mansi, t. xlvi, col. 981-1004. Les seuls canons du concile furent imprimés en arabe à S. -Jean de Choue/r sur ordre de Mazloum dès 1836; la Congr. de la Propagande en fit paraître une nouvelle édition corrigée, à Rome, en 1841. Une trad. latine de cette édition a été donnée dans la Collectio Lacensis, t. n, col. 579-592, et reproduite dans Mansi, t. xxxix, col. 322-338. Le t. xlvi de cette collection (col. 983-1002) donne au contraire la trad. italienne de la lre éd. arabe, avec en note une traduction meilleure de certains canons, faite aussi sur ordre de la Propagande à la requête de Mazloum qui avait attaqué l'exactitude de la première traduction. — L'histoire du concile a été faite par C. Charon (Korolevskij), Le concile melkite de Aïn-Traz, dans Échos d'Orient, t. ix, 1906, p. 199-214; puis, à peu près dans les mêmes termes, dans Hist. des patriarcats melkites, t. n, p. 112-136.

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et Agapios Riachi, évêque de Beyrouth, vinrent personnellement; l'évêque d'Alep envoya un procureur 1. Athanase Obéïd, évêque de Baalbek, ne répondit pas à l'appel, sans doute parce qu'il savait que le concile allait être saisi de plaintes à son sujet.

Au jour indiqué, Mazloum célébra solennellement la messe d'ouverture du concile, au cours de laquelle, assisté par les deux évêques, il ordonna le salvatorien Nasrallah Qarout évêque pour le siège de Tyr, sous le nom d'Ignace, et éleva aussi au sous-diaconat et au diaconat Michel Ata 2, qu'il voulait attacher à son service personnel. Le nouvel évêque prit part aux délibérations conciliaires.

Le lendemain, à la session du matin, le concile s'occupa de la vacance du siège de Saint-Jean-d'Acre. Le candidat choisi par les habitants, le salvatorien Michel Bahouth, fut convoqué à cette session, mais il présenta une lettre par laquelle il refusait cette dignité. Le concile ne céda que devant ses instances et choisit alors le salvatorien Lazare Fasfous 3. A la session de l'après-midi, le concile fit un premier examen d'un projet de vingt-cinq canons disciplinaires présenté par le patriarche.

Le matin du 15 décembre, Mazloum fit connaître une lettre du délégué apostolique, Mgr Jean-Baptiste Auvergne 4, demandant aux Melkites d'abandonner le calendrier julien pour le calendrier grégorien. Le concile approuva la réponse déjà faite par le patriarche, à savoir que l'exemple devait d'abord en être donné par les Arméniens catholiques de Constantinople, de façon à voir les réactions de la Sublime Porte et à permettre aux Melkites d'agir en conséquence. A la session de l'après-midi, on s'occupa de la situation de la communauté melkite de Diarbékir, qui, après de longues années de tiédeur, déclarait à nouveau sa fidélité à l'Union; on décida qu'elle recevrait plus tard un évêque, si la chose pouvait s'arranger 5. Dans une troisième session, tenue sans doute le soir, le projet de canons disciplinaires, entre temps légèrement retouché, fut définitivement

1. A savoir son propre frère, comme à l'élection patriarcale, mais devenu depuis supérieur du collège d'Aïn-Traz à la place de Mazloum.

2. Né en 1815. Il devint en 1849 évêque de Homs, sous le nom de Grégoire.

.'{. Les Acriotes n'acceptèrent pas ce choix qu'on leur imposait; finalement Hahouth dut céder et reçut l'ordination épiscopale en août 1836, sous le nom de Clément. Il fut le successeur de Mazloum sur le siège patriarcal.

4. Né à Nîmes en 1793, prêtre à Avignon, archevêque d'Iconium et délégué apostolique de Syrie en 1833, mort de la peste à Diarbékir en 1836.

5. Le concile melkite de 1790 avait en effet aboli ce siège. Cependant, le 6 janv. 1838 (Noël 1837, vieux style), Mazloum ordonna le prêtre Pierre Samman pour le siège épiscopal de Diarbékir sous le nom de Macaire. Samman abjura le catholi- • isnie et devint évêque orthodoxe de la même ville en 1846.

approuvé et signé par les évêques. L'introduction aux canons déclare que ceux-ci veulent renouveler un certain nombre de prescriptions antérieures, en attendant qu'un nouveau concile publie des décrets plus étendus. Seuls les can. 3, 11 et 12 se réfèrent explicitement à des canons anciens déterminés; le can. 3 fait en outre allusion à deux Constitutions de Benoît XIV. Mais c'est surtout le concile de Qarqafé qui a inspiré un grand nombre de décisions; les can. 8 et 9 semblent également se référer à la source même de celui-ci : le concile melkite de 1790.

1. Le baptême ne sera pas différé longtemps après la naissance; l'enfant ne peut être baptisé dans une église lointaine sous prétexte d'un vœu *; chaque église aura son registre des baptêmes 2; il n'y aura qu'un parrain ou une marraine pour les filles; on les prendra dans la famille; les membres du clergé ne peuvent être parrains 3; sauf en cas de nécessité, toutes les cérémonies seront accomplies, et le baptême aura lieu à l'église 4.

2. Si le baptême a été conféré d'urgence avec de l'eau douce 5 et validement, mais sans les autres cérémonies, l'évêque ou le prêtre du lieu donnera la confirmation dès que possible 6. Si la validité d'un baptême d'urgence est douteuse, le baptême sera réitéré, sous condition exprimée intérieurement 7. Celui qui confère la confirmation veillera à imposer la main sur la tête de l'enfant pendant l'oraison 8.

3. La messe des présanctifiés sera célébrée tous les jours du Carême, sauf les samedi et dimanche et le jour de l'Annonciation 9; toutefois l'évêque peut accorder aux petits sanctuaires de célébrer la liturgie de Saint Jean Chrysostome. Il fixera aussi le taux de l'honoraire pour la liturgie des présanctifiés 10, qui contient quelquesuns des éléments constituant l'essentiel de la messe n.

4. Les confessions se feront à l'église et au confessionnal, sauf en cas

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