LIVRE PREMIER EFFORTS D'UNION ET DE PREMIÈRE ORGANISATION
Parmi les communautés chrétiennes du Liban et de l'île de Chypre, celles des Maronites, du nom de S. Maron, patron du monastère qui fut leur premier centre d'expansion, avaient conservé le plus d'attaches avec le Siège apostolique romain. Grégoire XIII et Clément VIII envoient plusieurs légations auprès du patriarche maronite. Ces légats sont des Pères jésuites, tandis que trois patriarches de la famille El-Ruzzi se succèdent à ce moment. Quatre fois ceux-ci convoquent leurs évêques pour faire accepter diverses réformes inspirées du concile de Trente; une cinquième assemblée a lieu en 1644.
La colonisation portugaise conduit au sud de l'Inde les missionnaires latins : ils réalisent mal la situation de l'Église malabare, demeurée fidèle à la foi ancestrale, malgré tant de siècles et d'épreuves. L'évêque Mar Abraham tient un synode d'Union en 1583, mais Rome le laisse sans successeur; le métropolitain latin de Goa, Alexis de Menezes, religieux augustin portugais, fait la visite canonique de cette chrétienté orientale et, dans un nouveau synode diocésain en 1599, impose une législation entièrement élaborée de sa main, comportant notamment la pratique sacramentaire latine. L'activité de ce S. Charles Borromée portugais est débordante et sincère, mais pas assez éclairée. Menezes fait nommer le jésuite catalan François Roz au diocèse vacant malabare, qui se trouve ainsi intégré dans la hiérarchie latine.
En 1589, la création du patriarcat de Moscou jette quelque trouble chez les Ruthènes ou chrétiens séparés de Pologne; ils sentent la faiblesse de la vieille orthodoxie constantinopolitaine et le danger d'être un jour entraînés dans l'orbite ecclésiastique russe. Leurs évêques se rapprochent de Rome, mais des oppositions brisent leur unanimité; celle-ci n'existe déjà plus au concile de Brest-Litovsk de 1596 qui proclame solennellement l'Union. Il faudra attendre un siècle pour que deux autres diocèses passent officiellement au catholicisme. Dans l'intervalle, le métropolite Joseph Rutski et son suffragant Josaphat Kuncewicz s'avèrent de féconds législateurs. Chez les Ruthènes de