ASSEMBLÉE A CONSTANTINOPLE EN
pour qu'il fût observé *. Le patriarche fut confirmé dans sa dignité au consistoire du 14 décembre 1899; il mourut le 18 avril 1904 et fut remplacé par Paul Sabbaghian, évêque d'Alexandrie depuis 1901, qui prit le nom de Paul Pierre XII 2 et fut à son tour confirmé dans sa dignité au consistoire du 14 novembre 1904.
Sabbaghian nomma un vicaire à Alexandrie, Séraphin Davidian. Celui-ci élabora un règlement pour la communauté arménienne d'Egypte, en trois chapitres et vingt-sept articles 3, qui fut approuvé par décret du khédive en date du 18 novembre 1905. La nécessité d'un tel règlement s'imposait du fait que l'Egypte manifestait une indépendance législative de plus en plus grande vis-à-vis du sultan, notamment en ce qui concerne le statut des chrétiens 4. Mais la teneur même du règlement paraît plus discutable : il prévoit un conseil d'administration de la communauté arménienne, tant au Caire qu'à Alexandrie, comprenant, outre le président qui est le dignitaire ecclésiastique arménien le plus élevé du lieu ou son délégué, dix membres, dont neuf laïques élus par leurs concitoyens et un seul ecclésiastique, nommé par le chef hiérarchique arménien d'Egypte. Ce conseil gère les biens de la communauté et nomme une commission 6, qui siège comme tribunal dans les affaires concernant lesdits biens ou le statut personnel ; il y a également une commission unique d'appel, au Caire 6. La part prépondérante des laïques est caractéristique de leurs ambitions sans cesse croissantes; la proclamation de la nouvelle constitution ottomane, en 1908, réveilla des sentiments analogues chez les Arméniens de l'empire turc; ils voulurent un nouveau règlement, encore plus favorable à leurs intrigues que celui de 1888; las et malade, Sabbaghian démissionna au début de 1910.
Le Saint-Siège nomma comme administrateur du siège patriarcal Pierre Kojunian, évêque arménien d'Alexandrie depuis 1907. L'assemblée générale nationale suscita pendant six mois toutes sortes
1. Ponenza de mai 1901, de la Congr. de la Propagande pour les Affaires orientales.
2. L'assemblée électorale se réunit le dimanche 31 juill.; 59 membres sur 60 étaient présents : Sabbaghian eut 50 voix; Sayeghian, évêque d'Alep, 35 voix; Djindoyan, 31 voix; Gulian, évêque de Mardin, 30 voix; Israelian, 29 voix.
3. Trad. française dans S. Sidarouss, Les patriarcats dans l'empire ottoman et spécialement en Egypte, Paris, 1907, p. 483-488.
4. Elle se manifesta notamment lors de l'attribution des pouvoirs civils au premier patriarche copte catholique, Cyrille Macaire, en 1900.
5. Composée de cinq membres, sous la présidence du dignitaire ecclésiastique arménien le plus élevé du lieu ou de son délégué. Il faut au moins trois juges pour former le tribunal.
6. Composée de huit membres; il faut au moins cinq juges pour former le tribunal.
de difficultés pour présenter des candidats; elle s'exécuta finalemenl et l'élection put avoir lieu : le choix des évêques tomba, le 23 avi 1910, sur l'évêque d'Adana, Terzian. Ce diocèse avait été dévasté pai des massacres en 1908; Terzian n'était pas présent au scrutin; ses malheurs lui avaient acquis une grande sympathie et on lui prêtail des idées plus indépendantes que celles de Kojunian, fort attaché Rome. Terzian vint à Constantinople et fut intronisé au mois de juii sous le nom de Paul Pierre XIII. A ce moment, le vartapet Sirounian, de Constantinople, élaborait une édition arménienne du concile de 1890; au mois de juillet, le nouveau et l'ancien patriarche, ainsi que sept évêques présents à Constantinople signèrent une déclaration qui établissait la concordance du texte imprimé avec les actes originaux, en autorisait la publication et prescrivait au clergé de continuer à considérer les décrets de 1890 comme normes utiles à suivre jusqu'à décision contraire du Saint-Siège.