DISPARITION DE LA HIERARCHIE
qu'il pût faire imprimer de nouveaux livres liturgiques 1. Il est difficile de dire si Menezes adressa réellement ses lettres de renonciation au pape et au roi du Portugal2, par contre les archives du Vatican ont conservé une lettre de l'archidiacre Georges à Clément VIII, datée d'Angamalé le 25 novembre 1599 3, dans laquelle l'archidiacre demande, au nom du clergé et du peuple malabares, Menezes comme évêque ou, à son défaut, le P. Roz. Il résume également les conclusions du synode et annonce l'envoi des actes 4. Cette lettre a un caractère tout officiel et n'exprime pas la pensée intime de son auteur.
Pendant ce temps, à Rome, le cardinal Gesualdo établissait le procès de nomination du P. Roz 5. Au consistoire du 20 décembre 1599 6, le P. Roz fut préconisé évêque d'Angamalé. Une Constitution pontificale du 4 août 1600 7 attribua au roi du Portugal le droit de patronage sur le diocèse en échange d'une redevance annuelle à assurer à celui-ci. Le P. Roz fut sacré à Goa par Menezes le 25 janvier 1601.
Le 19 mai 1601, Clément VIII adressait un bref au nouvel évêque, à son clergé et aux fidèles, dans lequel il louait en termes généraux 8 l'œuvre du synode. A ce moment, il n'avait pas encore reçu la traduction latine des actes qu'on était occupé à faire au Malabar 9, et l'exemplaire portugais, s'il était réellement parvenu à la Curie, semble ne pas y avoir retenu l'attention. Le concile de Diamper n'était qu'un simple synode diocésain, il n'avait donc pas à être examiné et approuvé à Rome.
Son œuvre de réforme excessive, ainsi que la suppression de la hiérarchie du rite, contiennent en germe toutes les causes des dissidences ultérieures, qui se prolongeront jusqu'au rétablissement d'évêques indigènes à la fin du xixe siècle.