‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 2)Chapitre 89 sur 1172 · Autres usages uniquement latins · texte numérisé non relu

Autres usages uniquement latins

15. Les gens de notre rite ne pourront embrasser le rite latin.

16. Le mariage entre personnes de notre rite et de rite latin est permis, mais on ne pourra forcer l'un des contractants à passer au rite de l'autre.

17. Les biens enlevés à l'Église ruthène lui seront rendus. Ceux qui exerceraient un droit viager sur eux paieront une rente à notre Église et rendront le bien à leur mort. Les possessions ecclésiastiques actuelles sont garanties.

18. Après la mort du métropolite et des évêques, les fonctionnaires civils n'auront aucun pouvoir d'administrer leur héritage. Mais la famille aura droit aux biens personnels du défunt.

19. Chaque monastère et ses supérieurs seront soumis directement à l'évêque du diocèse.

20. Nous pourrons désigner, comme les Latins, deux défenseurs de nos intérêts auprès des tribunaux du royaume.

21. Les membres du clergé séculier et régulier auront les mêmes privilèges et honneurs que ceux du rite latin, comme le roi Ladislas y a jadis déjà consenti. Ils ne devront payer aucune taxe, sauf sur leurs biens personnels. Ceux qui vivent sur le domaine ou sous le patronage d'un seigneur doivent respecter les droits de celui-ci, mais, quant à leur personne et à leur office, ils dépendent de l'évêque.

22. Les seigneurs latins ne peuvent pas leur interdire de faire sonner les cloches le vendredi saint.

23. Nous porterons publiquement le Saint Sacrement aux malades selon nos coutumes et usages.

24. Nous ferons librement les processions à nos jours de fêtes.

25. Nos églises et monastères ne pourront être affectés au rite latin; les catholiques qui leur portent dommage devront réparation.

26. Les confréries instituées par les patriarches et confirmées par le roi, comme celles de Vilna, Lwow, Brest et autres lieux, subsisteront, mais elles seront soumises à l'autorité du métropolite et de l'évêque du diocèse où elles se trouvent.

27. Nous pourrons créer des séminaires et écoles de notre rite ainsi que des imprimeries. Rien ne sera publié sans l'autorité du métropolite ou des évêques.

28. Nous pourrons punir nos prêtres — même ceux qui habitent des domaines privés — notamment s'ils prononcent des divorces.

29. Les églises cathédrales et paroissiales sont sous l'autorité des évêques, même si elles ont été dotées par le roi ou des seigneurs; les laïques n'auront plus à intervenir dans la gestion de leur patrimoine.

30. Si quelqu'un est excommunié par un évêqué de notre rite, il ne pourra pas passer au rite latin, mais au contraire son excommu-

nication sera publiée également chez les Latins, comme nous le ferons pour les excommunications prononcées par eux.

31. Si d'autres groupes de l'Église orientale passent à l'Unité et décident alors certains changements au rite, nous pourrons les accepter également.

32. Nous savons que plusieurs passent chez les Grecs pour y recevoir des investitures spirituelles; le roi ne les admettra pas.

33. Nous désirons que les articles susdits soient confirmés par le roi et par le Saint-Siège ; nous chargeons Pociej et Terlecki de demander cette confirmation.

Dans la lettre adressée à Clément, VIII, les évêques se déclarent décidés à entrer dans l'Union qui existait jadis entre l'Église orientale et l'Église occidentale et qui a été renouvelée à Florence; ils désignent Pociej et Terlecki pour se rendre à Rome comme plénipotentiaires; si le pape veut confirmer en son nom et au nom de ses successeurs le maintien intégral de la liturgie orientale avec toutes ses cérémonies, les plénipotentiaires prêteront serment d'obéissance au nom de tous.

Pociej et Terlecki se rendirent à Cracovie pour voir le roi et le nonce.

Malaspina répondit le 1er août aux desiderata de l'épiscopat ruthène 1. Il distingue ceux d'ordre doctrinal, qu'il reconnaît formulés très exactement et sur lesquels il sait d'avance que le pape n'aura rien à redire, et ceux d'ordre plus pratique, qu'il estime pleinement raisonnables et dont il ne doute pas non plus que le pape les acceptera. Il promet également d'intervenir auprès du roi pour obtenir l'adhésion de celui-ci et de demander une lettre du pape à Sigismond III à cet effet. Il visait sans doute l'admission des évêques ruthènes au Sénat, seul point que le roi n'accepte pas dans sa réponse aux évêques en date du 2 août, déclarant d'abord vouloir le soumettre à la diète.

Les négociations concernant l'Union étaient désormais devenues complètement publiques et le plus puissant seigneur ruthène, le prince Constantin II Ostrogski, qui cependant leur avait été jadis favorable, prit la tête d'une opposition chaque jour plus menaçante. Le 24 septembre, Sigismond III publia un manifeste en faveur de l'Union et fit hâter le départ des deux plénipotentiaires pour Rome. Ceux-ci quittèrent Cracovie le 26 septembre et arrivèrent à Rome le 25#novembre. Ils furent reçus le 2 décembre par cinq cardinaux désignés spécialement par le pape; le Saint-Siège n'exigea pas que les

1. Texte latin de la réponse du nonce dans Thomas de Jésus, loc. cit., col. 513- 514; Hofmann, op. cit., p. 158-159.

Ruthènes insérassent le Filioque dans le symbole chanté à la messe 1. Au consistoire du samedi 23 décembre 1595 2, Pociej et Terlecki présentèrent au pape les lettres d'Union 3, puis, après une allocution du maître de chambre pontifical Silvio Antoniano, ils firent en leur nom et au nom de tous les évêques ruthènes la profession de foi 4, suivant le formulaire que Grégoire XIII avait prescrit pour les Byzantins; enfin, Clément VIII leur adressa, avec une joie visible, quelques paroles d'accueil dans le sein de l'Église romaine. Le même jour, la bulle Magnus Dominus et laudabilis nimis 5 confirmait cette décision, levait toutes les censures et irrégularités que les évêques auraient pu avoir encourues, et assurait le maintien de leur rite. Un bref du 7 février 1596 6, adressé au métropolitain et à tous les évêques ruthènes, leur réaffirmait ce droit de garder leur rite et promettait l'appui du pape auprès des autorités civiles, pour obtenir leur admission au Sénat et la protection des biens ecclésiastiques; il imposait au métropolitain de convoquer un concile provincial, où les évêques ruthènes qui n'étaient pas venus à Rome feraient personnellement la profession de foi déjà accomplie en leur nom par leurs délégués ; il demandait d'en dresser procès-verbal et de l'envoyer à Rome; enfin il invitait les évêques latins de Lwow, Lutsk et Chelm à assister à ce concile. Enfin, la bulle Decet Romanum Pontificem du 23 février 1596 7 accordait au métropolitain ruthène le droit de

1. Les cinq cardinaux demandèrent l'avis de plusieurs théologiens; un de ces avis a été publié par Thomas de Jésus, loc. cit., col. 515-526.

2. Baronius assista au consistoire et nous en a laissé le récit, avec le texte latin des documents et allocutions, en appendice au t. vu de ses Annales ecclesiastici, Rome, 1596, p. 683-687. Le procès-verbal de l'assemblée a été publié par Theiner, op. cit., n. 185 F, p. 245-249. La bulle Magnus Dominus du 23 décembre 1595 indique également le cérémonial du consistoire (cf. A. Amann, loc. cit., p. 113 sq.).

3. La bulle mentionne la lecture de l'acte de décembre 1594 et de la lettre au pape de juin 1595; Baronius ne parle que de cette dernière.

4. Pociej fit d'abord sa profession de foi en latin, puis elle fut lue en ukrainien, par Eustache Wollowicz, chanoine latin de Vilna; Terlecki fit ensuite la sienne en ukrainien et la traduction latine en fut lue par Luc Doctorius, chanoine latin de Lutsk. — Parmi les signataires de 1694 et 1695, le vieil évêque de Pinsk, Pelczycki, était mort; son coadjuteur lui avait succédé. Kopystenski et Balaban sont explicitement nommés; d'ailleurs, chaque évêque devait faire personnellement le serment. Le texte de la profession de foi a été publié dans Thomas de Jésus, loc. cit., col. 497-500; Theiner, op. cit., n. 186 D, p. 238-240; Likowski, éd. franc., p. 497-505.

5. Texte dans Harasiewicz, op. cit., p. 202-213; Theiner, op. cit., n. 185 E, p. 240-245; Likowski, éd. franc., p. 505-516.

6. Texte dans Harasiewicz, p. 214-219; Theiner, n. 187 E, p. 250-252; Hofmann, op. cit., p. 167-172.

7. Theiner, op. cit., n. 189, p. 260-262; Harasiewicz, op. cit., p. 219-220.

confirmer la nomination des évêques au nom du pape, et réservait au Saint-Siège la confirmation du métropolitain 1.

Lorsque Terlecki et Pociej rentrèrent en Lithuanie, munis de ces documents et de diverses lettres du pape au roi et aux grands du royaume 2, ils constatèrent que l'opposition à l'Union avait fait d'énormes progrès, au point que deux évêques, Gédéon Balaban, de Lwow, et Michel Kopystenski, de Przemysl, avaient complètement renié leurs signatures.

Le métropolite Michel Rahoza lui-même se montrait une fois de plus hésitant. Ostrogski voulait remettre tout en cause dans un grand concile, pour lequel il proposait au roi les quatre normes suivantes : tant les adversaires que les partisans de l'Union exposeraient librement leur point de vue; personne ne pourrait venir en armes ou avoir des troupes dans la ville ; le prélat grec Nicéphore 3 participerait à l'assemblée; il serait permis d'en appeler des décisions du concile à la Diète. Le 14 juin, Sigismond III, dans un nouveau message à la nation ruthène, approuvait une fois de plus l'Union et ordonnait au métropolitain de réunir un concile à Brest, le 18 octobre, auquel seul le clergé du pays pourrait prendre part, avec les délégués que le roi lui-même enverrait.

Ainsi forcé, Rahoza convoqua tous les évêques de sa province et les délégués habituels du clergé à Brest pour le mercredi 16 octobre, sans doute dans le désir d'avoir d'abord avec eux quelques délibérations avant l'arrivée des délégués royaux.

Au jour fixé, une messe d'ouverture fut célébrée à l'église S. -Michel. Étaient venus au concile, outre le métropolite : Hypace Pociej, évêque de Vladimir; Cyrille Terlecki, évêque de Lutsk; Denis Zbirujski, évêque de Chelm; Jean Hohol, évêque de Pinsk; Hermogène

1. Il n'est fait aucune distinction entre le cas où le nouveau métropolite serait déjà évêque et celui où il ne le serait pas, comme l'avaient faite les évêques ruthènes dans l'art. 11 de leurs desiderata présentés au nonce et au roi, l'année précédente.

2. Notamment dans le but d'obtenir l'accès du Sénat aux évêques ruthènes. Elles sont publiées dans Theiner, op. cit., n. 188, p. 252-260.

3. Il se disait plénipotentiaire du patriarche de Constantinople. Il était porteur d'une lettre de Jérémie II, de novembre 1593, qui était probablement un faux. D'ailleurs Jérémie était mort depuis et le siège patriarcal vacant. Nicéphore avait été arrêté comme espion, mais s'était enfui de prison; il se trouvait donc dans une situation irrégulière.

Zahorski, évêque de Polotsk 1; trois archimandrites et de nombreux représentants du clergé séculier et régulier ruthène; les trois évêques latins désignés par le pape : Jean Solikowski, de Lwow, Bernard Maciejewski, de Lutsk, Stanislas Gomolinski, de Chelm; quatre théologiens latins : Pierre Skarga, le célèbre orateur jésuite 2, et son confrère Justin Rab, Martin Laterna et Gaspard Noyah. Les évêques ruthènes Michel Kopystenski, de Przemysl et Gédéon Balaban, de Lwow, et le clergé opposé à l'Union ne vinrent point, mais ils se réunirent le même jour dans une sorte d'antisynode monté par Ostrogski et présidé par Nicéphore, auquel prirent également part Luc, métropolite orthodoxe de Serbie, Cyrille Lukaris, professeur à l'académie d'Ostrog3, des laïques, dont même un certain nombre de calvinistes. Malgré la demande qu'il avait lui-même formulée auparavant, Ostrogski et ses troupes étaient là pour protéger les délibérations de l'antisynode.

Les représentants du roi arrivèrent le 17 octobre : c'étaient Nicolas Christophe Radziwill, palatin de Troki, Léon Sapieha, chancelier de Lithuanie, et Demetrius Halecki, trésorier de Lithuanie et staroste de Brest. Quand ils apprirent ce qui se passait, ils eurent aussitôt une entrevue avec Ostrogski et lui rappelèrent comment lui-même avait demandé auparavant que les délibérations conciliaires se passent dans le calme et sans l'appui des armes. Ostrogski promit d'intervenir dans le sens de la pacification auprès de ses partisans; ceux-ci envoyèrent sept délégués aux évêques uniates pour leur enjoindre de se rendre au synode présidé par Nicéphore sous peine de déposition. Ce n'était naturellement pas là ce qu'on attendait d'eux. Le lendemain eut lieu, en présence des délégués royaux, une nouvelle réunion à laquelle assistèrent Ostrogski, les évêques réfractaires Kopystenski, Balaban, et quelques laïques d'une part; les jésuites Skarga et Rab,

1. Tous ces évêques avaient signé l'engagement à l'Union de 1594 et la lettre au pape de 1595. Selon la coutume de l'Eglise byzantine, Grégoire Zahorski, évêque nommé de Polotsk, avait fait la profession monastique et pris à cette occasion le nom d'Uermogène, avant de recevoir l'ordination épiscopale.

2. Né à Grojec, près de Varsovie, en 1536; ordonné prêtre en 1564, entré à la Compagnie de Jésus en 1569, mort en 1612. Skarga publia dès 1597, à Cracovie, un écrit sur le concile de Brest, Synod Brzeski, qui contient un récit de ce qui s'y est passé. Il y ajouta bientôt un autre opuscule, Obrona Synod Brzeski (« Défense du concile de Brest »). Cf. A. Berga, Pierre Skarga, Paris, 1916, p. 243-244. — l.'n autre compte rendu du concile ex scriptoribiis synodi desutnptum se trouve dans une chronique latine de la résidence jésuite de Cracovie : Ilistorici diarii dnrnus professœ Societatis Jesu Cracovieriftis, t. i, 1579-1599, éd. J. Wielewickiego, ilims Scriptores rerum Polonicarum, t. vu, Cracovie, 1881, p. 226-230.

3. Il devint plus tard patriarche d'Alexandrie, puis de Constantinople, et est connu pour ses écrits théologiques.

d'autre part. Les représentants du roi revinrent sur les normes proposées jadis par Ostrogski et exposèrent comment il avait été impossible au souverain d'admettre la présence de Nicéphore, qui avait été arrêté comme espion hérétique, ainsi que celle d'autres étrangers ou de calvinistes, à un concile qui avait à s'occuper d'affaires ecclésiastiques ne concernant que l'Église ruthène. Skarga parla aussi avec une telle éloquence que ses adversaires ne surent que répondre et s'en allèrent en disant que leur groupe apporterait le soir une décision définitive. Celle-ci demeurait intransigeante : les évêques uniates étaient déposés; rien ne pourrait se décider concernant l'Union sans le consentement du patriarche de Constantinople; le nouveau calendrier ne pouvait être accepté. Seule cette dernière condition était acceptable, puisque les uniates eux-mêmes avaient renoncé à introduire la réforme grégorienne, devant l'hostilité qu'elle rencontrait de toutes parts.

Le concile régulier décida dès lors de ne plus attendre et de se réunir solennellement le jour suivant. Le samedi 19 octobre, en l'église ruthène de S. -Nicolas, les évêques latins et les représentants royaux s'assirent d'un côté, le métropolite ruthène et ses suffragants de l'autre. Le plus jeune d'entre ceux-ci dans l'épiscopat, Hermogène Zahorski, monta en chaire pour lire en leur nom un acte officiel, dans lequel ils reconnaissaient l'autorité du Siège de Pierre; ils rappelaient qu'elle avait été jadis admise par les patriarches de Constantinople et réaffirmée au concile de Florence en présence du métropolite Isidore. Ils évoquaient les heureux temps qui suivirent le concile et le privilège par lequel Ladislas III accorda au clergé ruthène les mêmes droits qu'au clergé latin. Puis ils rappelaient le retour à la dissidence et l'envoi de leurs deux délégués à Rome pour y mettre fin. Ils déclaraient faire le serment d'obéissance exigé par le pape. En effet, après la lecture de cet acte, ils firent la profession de foi exigée et remirent l'acte qui avait été lu en chaire et qui constatait cette prestation de serment aux évêques latins représentant le pape 1. Ceux-ci leur répondirent par une accolade fraternelle qui scellait ainsi l'accord

1. Mox egressus Hermogenes, archiepiscopus Polocensis, locum superiorem conscendens et litteras unionis in pergameno cum subscriptionibus sigillisque manu tenens, clora voce legit causas ejusdem unionis ac simul expeditionem suorum ad Romanum Pontificem recensuit, ac post professionem fidei exhibitamque Pontificii obedientiam litteras prœdictas legatis Pontifcium rediderunt (extr. des Historici diarii domus professœ Societatis Jesu Cracoviensis, éd. citée, p. 230). — L'acte officiel porte la date du 9 oct. 1596 (vieux style) et la signature des cinq évêques et des trois archimandrites (texte dans Harasiewicz, op. cit., p. 230-233; trad. latine dans Theiner, op. cit., n. 195, p. 366-367; trad. française dans Likowski, loc. cit., p. 217-220).

entre les deux rites. Puis les assistants se rendirent à l'église latine de Notre-Dame où un Te Deum solennel fut chanté. Le concile prononça l'excommunication de tous les membres de l'antisynode.

Le dimanche 10 octobre, le métropolite Michel Rahoza célébra une messe solennelle en présence des évêques latins; Skarga y prononça un sermon sur l'unité de l'Église.

Les délégués royaux firent rapport à Sigismond III, qui, dans un nouveau message aux Ruthènes du 15 décembre 1596, confirma l'Union scellée au concile et déclara ne reconnaître comme évêques ruthènes que ceux qui y avaient adhéré 1. Cependant, l'opposition du parti d'Ostrogski continua jusque devant la Diète, et le roi n'osa proposer à celle-ci d'admettre les évêques uniates comme sénateurs. Ce fut une première cause d'infériorité de l'Église ruthène. De son côté, Clément VIII, le 18 janvier 1597, félicita les évêques ruthènes ayant fait l'Union 2, et le 5 juin, il déclara nulle leur déposition prononcée le 27 avril précédent par le nouveau patriarche de Constantinople, Mélèce Pigas 3.

On peut s'étonner à juste titre de la brièveté des délibérations proprement conciliaires qui eurent lieu à Brest. On perdit trois jours précieux dans de stériles discussions avec l'opposition. La violence de celle-ci, l'absence de deux évêques de la province, rendaient d'ailleurs difficiles des échanges de vues calmes et prolongés, consacrés à la discipline de l'Église ruthène et aux mesures à prendre pour la régénérer; peut-être aussi les évêques ruthènes préféraient-ils ne pas aborder ces questions d'ordre intérieur devant les délégués royaux et les évêques latins. La lutte contre l'Union ne connut point de fin; Rahoza demeura un métropolite sans énergie. Il mourut en août 1599. Hypace Pociej lui succéda et se montra au contraire, malgré son grand âge, à la hauteur de sa tâche 4. A la mort de Kopystenski en 1610, il eut la joie de lui donner un successeur catholique sur le siège de Przemysl, Athanase Kroupetzki.

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