‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 106 sur 407 · l'EllSKCUTION COXTHK SAINT JEAX CHRYSOSTOME · texte numérisé non relu

l'EllSKCUTION COXTHK SAINT JEAX CHRYSOSTOME

Caii. 11. Nul ne tloit épouser la lenuiu" du le lils de son oncle.

Can. 12. Nul ne doit être sacré é\è(jue s'ils nest clerc.

Can. 13. Un évèque cjui change d'iilglise doit être déposé.

Can. 14. Un clerc étranger déposé par son évêque ne doit pas être admis ailleurs à la communion laïcjue.

Can. 15. Nul évêque ne doit empiéter sur le diocèse d'un autre, ou faire les ordinations avant les autres, ou gêner le métropolitain dans 1 exercice de sa charge.

Can. 10. Les laïfjues exchis par leur propre évêque ne doivent L^^J pas être admis ailleurs dans la elericature.

as. Persécution contre saint Jean Chrysostome, concile du Chêne en 403, et concile de Constantinople en 404.

Nous avons montré dans Théophile d'Alexandrie l'adversaire des origénistes '^. En 399, il avait, dans un concile tenu à Alexandrie,

1. La ijULTC'Ue de 1 OJ'igéuii^ino va eiilrcr clans la phase aiguë, la pliase couciliaire. Nous l'exposcrous ici le plus brièvement possible vu son importance. La réputation d'Origène avait subi une éclipse au temps où les luttes provoquées par l homoousios étaient dans leur grande ardeur. Cependant, dès le dernier quart du ive siècle, on pouvait voir les indices dune irritation singulière dans les milieux théologiques autour de certaines questions exposées et lésolues par le grand alexandrin. Marcel d'Ancyre, bien qu il eût des tendances hérétiques, trouva iiabile sans doute de créer une diversion et de désigner la doctrine d Origène comme la source de larianisme. Eusèbe de Césarée le contredit, mais sa défense — tjui était celle d un arien — lit plus de tort que de bien à la cause d Origène. On commença néanmoins à exploiter Origèue dont les écrits furent mis en coupe réglée. Tandis que les homoiousieus en tiraient parti, les Pères cappadociens extrayaient de ses ouvrages un recueil de morceaux choisis édités sous !e nom de J^/iilocalie. Athanase et Didynie le faisaient déposer en faveur de la ci'Oyance de Nicée, tandis que saint Jérôme et saint Jean Chrysostome se foiiiuiient à l'exégèse dans ses commentaires ljiblic[ues. Eu somme, la faveur des ortliodoxes lui resta Irèsmarquée jusqu'à la lin tlu iv'siècle. Une partie d fntre les moines égyptiens n en faisaient pas moins de cas ni d usage, surtout contre une imposante fj-action de leurs confrères, gens grossiers et sans culture tju ils accablaient à tout propos dt; copieuses citations d'Origène, le maître symboliste, dont la doctrine renversait les conceptions niatéiii-lles et brutales des moines anthropomorpiiites. Ceux-ci comptaient parmi leurs défenseurs Epiphane, évèque de Salaniiiie. en Chypre, ortiiodoxe avéré, controversiste bilieux ipii, dans un giaud ouvrage composé entre 373 et 375, con-

anathématisé les principes d'Origène et de ses partisans^ en particulier ceux des «Longs-Frères », à Texception de Dioscore et, peu de temps après, il les avait chassés de l'Egypte, ainsi que plus de

tre toutes les hérésies, y logea la doctrine d'Origène. On y prit assez peu garde et les fervents d'Origène comme Jean de Jérusalem et Rufîn d'Aquilée continuèrent à prôner la doctrine du maître et à vulgariser ses écrits. Vers 394, un pèlerin nommé Arlelius, venu à Jérusalem, y accusa tout net Fuifin d'hérésie origénienne. Jean et Rulln haussèrent lesépaules, mais un prêtre de Bethléhem, Jérôme de Stridon, prit feu et flamme, tout en gardant encore dans ces premiers temps une sourdine que lui imposait son ancienne admiration bien connue pour Origène. Sur ces entrefaites, saint Épiphane arriva à Jérusalem et réclama de l'évêque la condamnation de l'alexandrin, que Jean refusa, disant qu'il démêlait le vrai du faux personnellement, mais que si on en voulait faire plus on n'arriverait jamais à s'entendre. De cela Epiphane s'inquiétait assez peu, il prêcha contre les origénistes et réclama leur condamnation. Quand il vit la situation suffisamment gâtée, il s'en alla faire une ordination sacerdotale à Bcthléhem sans autorisation de l'évêque diocésain. C'était la rupture ; les deux partis s'adressèrent à Rome et à Alexandrie. Tandis qu'eu 397, Jérôme se réconciliait avec Jean et Rufin (ce ne fut qu'une paix fourrée), Rufin se rendit en Italie, à Noie, à Rome et à Aquilée. Il publia une traduction du Péri archdn d'Origène et cita en faveur de l'orthodoxie de l'alexandrin l'exemple de Jérôme qui avait traduit quelques homélies du docteur. Ce patronage de" Jérôme n'était pas la seule liberté prise par Rufin qui avait rapproché de l'orthodoxie les passages condamnables du Péri archon. Dès que cette manœuvre fut connue, la guerre reprit sans merci et le pape Anastase rejeta comme infidèle la traduction de Rufin. A partir de ce jour, les écrits d'Origène furent considérés, même en Occident, comme entachés d'erreurs. C. H. E. Lommatzsch, De origine et progressa liseresis Origenianse, in-8, Leipzig, 1846 ; Huet, Origeniana, édit. De la Rue, t. IV ; Doucin, Histoire des mouvemenls arrivés dans l'Eglise au sujet d'Origène, in-4, Paris, 1700 ; Walch, Ketzerhist., t. vu, p. 362-760 ; A. Vincenzi, S. Greg. Nyss. et Origenis scripta et doclrinain, nova recensio, in-8, Romte, 1865, t. m ; Am. Tliierry, Luîtes de Vorigénisvie à Rome, dans la Revue des Deux Mondes, 1865, série IVe, t. lviii, p. 521-563. On peut admettre comme indubitable qu'avant 400 il n'y avait pas encore de sentence ecclésiastique générale contre Origène ; on croit que le pape Sirice ne lui fut pas défavorable, ce qui lui aura attiré de la part de saint Jérôme l'accusation de simplicité. Dans la lettre à Jean de Jérusalem, Anastase ne portait pas une condamnation formelle (D. Constant, Epist. rom. pontif., monitum ad epist. Anastasii, n. 7) et la lettre à Simplicien de Milan est très suspecte. Saint Léon le Grand se borne à dire qu'Origène a été justement condamné pour sa doctrine sur la préexistence des âmes. Le décret dit de Gélase nous dit ceci : Item Origenis nonnulla opuscula, quse vir heatissimus Ilieronymus non répudiât, legenda suscipimus, reliqua autem omnia cum auctore suo dicimus renuenda. (Thiel, Episl. rom. pontif., p. 461). Ainsi Origène n'était pas encore déclaré hérétique ni ses ouvrages défendus. Saint Jérôme, dans un passage suspect, parle, il est vrai d'une condamnation antérieure d'Origène par le Saint-Siège

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