Mansi, Concil. anipliss. coll., t. m, coi
Innocent la sentence synodale; mais le pape la désapprouva dans une lettre à Théophile que nous possédons encore^. L'empereur L^^] Arcadius condamna saint Jean Chrysostome à l'exil, ce qui excita un tel mécontentement dans Constantinople que, pour éviter une sédition, l'évêque quitta secrètement ses amis rassemblés pour le défendre dans l'église, et se livra lui-même aux gens de police qui devaient l'emmener. On l'embarqua d'abord pour Prenète en Bithynie, où il devait attendre une décision ultérieure ; mais une sédition populaire et un tremblement de terre qui ébranla Constantinople, et fut regardé comme un châtiment providentiel^ effrayèrent tellement l'empereur et plus encore l'impératrice, que celle-ci écrivit de sa propre main à l'exilé pour le supplier de revenir. Jean Chrysostome revint donc quelques jours après son départ, et fut reçu par le peuple avec une joie indescriptible. Il ne voulut cependant pas reprendre sa charge avant qu'un concile plus nombreux ne l'eût déclaré innocent. Il se retira dans un bien à la campagne, près de Constantinople ; mais le peuple le força à revenir dans sa ville, et n'eut pas de repos qu'il ne se fût de nouveau assis dans la chaire épiscopale. Jean Chrysostome persista à réclamer la réunion d'un concile, et l'empereur finit par se rendre à ses désirs ; mais, Théophile et les autres s'étant enfuis, on ne put pas, au grand détriment de Jean, réunir ce concile tant demandé 2.
Deux mois après, un nouvel orage fondit contre saint Jean Chrysostome, et provoqua un second concile dirigé contre lui. Dans le voisinage de l'église épiscopale (de Sainte-Sophie), on éleva à l'impératrice une magnifique statue d'argent dont l'inauguration se fit au milieu d'une fête bruyante accompagnée de dtmses et de spectacles. Le peuple, s'inspirant de ces habitudes de servilité répandues en Orient, adora cette statue comme celle d'une demidéesse. Jean Chrysostome protesta dans un sermon contre ces abus, et blessa ainsi de nouveau la princesse avec laquelle il était à peine réconcilié. Peu de temps après arriva la fête de la Décollation de saint Jean, et un nouveau sermon vint jeter de l'huile sur ces flammes, car Jean Chrysostome compara, d'une manière assez peu voilée, l'impératrice à Hérodiade demandant la tète de saint Jean (c'était son nom à lui-même) ^,