‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 118 sur 407 · I)L HUITIKME AU QUINZIEME CONCILE DE CAKTHAGE · texte numérisé non relu

I)L HUITIKME AU QUINZIEME CONCILE DE CAKTHAGE

envoyé le nomlire légal c\c députés. Deux décrets (les n. 91 et *J2 des canons africains' se lapportcMit aux donatistes et sont ainsi [9f^] conçus :

Can, l (91). Chaque évèque di>il, dans sa ville épiscopale, soit seul, soit d'accord avec ses collè^çues du voisinage, entrer en relation avec les chefs des donatistes et les engager, par l'intermédiaire des juges cl des magistrats civils, à envover, ilc leur côté, des députés en vue d'un collorpic sur les questions religieuses. Les lettres à écrire à cette occasion aux juges civils seront signées au nom de tous, par l'cvccjuc de Carthage.

Can. 2. (92^ La lettre destinée aux donatistes lut soumise par rarchevè([ue Aurcle à lappiohalion du concile ; en voici le résumé : « Les donatistes et les catholiques choisiront chacun de leur côté des députés au concile ; ils discuteront en commun les points en litige, poui- arriver, autant que possible, à une entente fraternelle. »

Remarquons que, dans ce canon, l'Eglise de Carthage, en sa qualité d'Eglise primatiale de l'Afrique, est appelée {•/.0L-'klc-/r,'^) Ecclesia catJiolica, et que le concile plénier de l'Afrique est appelé concilium catlioUcunt .

Au mois de juin de l'année 404, le IX" concile de Carthage, s'occupa également des donatistes, et cléputa aux empereurs (^Arcadius et Honorius) deuxévéques, Théase et Evode. Nous avons comme actes de ce concile et sans compter le proœmium, les instructions synodales données à cesdcux députés(n. 93des canons africains}. Elles étaient ainsi conçues : « Ils feraient savoir aux empereurs (à proprement parler, à Honorius qui était empereur d'Occident), que les donatistes avaient dédaigné les avances faites l'année précédente ; ils n'avaient pas choisi de députés et s'étaient permis toutes sortes de brutalités contre les évoques, les clercs et les églises des catholiques. Les députés devaient ensuite solliciter des empereurs, leur appui pour l'Eglise et ses serviteurs, la remise en vigueur des lois pénales de Théodose contre les hérétiques. » On confia en même temps à ces députés une lettre svnodale adressée aux empereurs et signée, au nom de tous, par l'évèque Aurèlc. Dans une [991 seconde lettre, on sollicita les juges civils de se poi'ter comme défenseurs des catholiques, jusqu'à l'arrivée de lOrdonnance impériale. La déposition déjà décrétée au sujet d Equice, évèque d'Ilippo-Diarrhytus, fut confirmée. Enfin on remit aux députés du concile des lettres de recommandation pour l'c-véque de Home, et en général pour les évèques du pays où séjournait alors Tempe-

reur ^. Avant que les députés du concile eussent rencontré Ilonorius, celui-ci, poussé par les brutalités des donatistes, avait rendu un édit qui menaçait les donatistes laïques de l'amende, et les clercs du même parti, de l'exil. Peu après (février 405), Honorius publia une série de lois sévères, et ordonna, en particulier, d'enlever aux donatistes leurs églises ~. Il en résulta une série de soulèvements donatistes, qui se produisirent d'abord à Carthage.

Le 23 août 405, on célébra le X" concile de Carthage qui, dans l'intérêt de la paix, réclama l'envoi par toutes les provinces, au prochain concile, des députés munis de pouvoirs illimités [libéra legatio) '^. On décida, en outre, de demander aux juges civils d'user de leur influence pour opérer, dans les autres provinces, comme à Carthage^ la réconciliation des donatistes a^ec l'Eglise. On envoya à la cour par deux clercs carthaginois, des lettres de remerciements au sujet de la législation promulguée par l'empereur contre les donatistes. Enfin, on lut une lettre du pape Innocent P'", qui n'est pas arrivée jusqu'à nous, et qui portait : « Les évêques ne doivent pas, sans motifs graves, voyager sur mer; » ce cjui eut l'approbation du concile.

Nous devons ces détails à l'extrait des actes synodaux qui nous a été conservé après le canon 93®, et au 94" canon du Cod. canon. Ecclesiœ africante *. Les Ballerini ont cru pouvoir attribuer à ce concile le canon qu'Isidore donne comme le 23® canon de Milève ^.

Nous sommes mieux renseignés au sujet du XP concile de Car- M 001 thage, tenu le 13 juin 407 '^, dans la Basilica de la seconde région, et dont les actes se trouvent dans le Codex can. Ecclesiœ afvic, après le canon 94" jusqu'au canon 106". Les décrets de ce concile sont, en substance, ainsi conçus ^ :

1. Mansi, op. cit., t. m, col. 794 et 1159 ; Hardouin, t. i, col. 115 sq.;en allemand dans Fiichs, of. cit., p. 131 sq.

2. Cod. theodos., 1. XVI, tit. v: De hxreticis, 1. 38 ; 1. XVI, lit. vi, 1. 4, 5. Ne sanctum haptisma Heretur ; cf. 1. XVI, lit. ii, \. 1 : De religione. (H. L.)

3. Cf. Van Espcn, Commentar. in canones, p. 368, dans les scholies sur le 97e canon africain.

4. Dans Mansi, op. cit., t. m, col. 798 ; Hardouin, op. cit. t. i, col. 918- 919. En allemand dans Fuchs, op. cit., p. 135.

Page 1