CONCILES A SÉI.EL'CIE, A PTOI.ÉMAÏS ET A ïinXC.X
Ce récit fait naître bien des doutes. Ainsi Arcadius, étant mort en 408, n"a pu envoyer en ilO un ambassadeur cl des lettres à lazdgerd. Les vingt-sept canons de ce prétendu concile offrent
acquis une tri-ande rrputation : Osée de Xisibc, Zabda de Prat-Maisclian, Daniel d'ArbL'lles et Aqabalalia de Carca. Le raétropolilain des Susiens et des Elyméens, Agapet, qui signa le premier au synode de '»20, n'a signé ici que romme évêque, par la raison qu'il y avait alors plusieurs titulaires de ce siège, abus que le concile réforma ou Iefu^<ant le litre de métropolitain à ce siège jusqu'à la mort de l'un des deux titulaires. Les mss. à l'aide desquels le texte est aujourd liui établi sont le Paris syr., n. 62 (vm^-ix* siècle) ; Milan, même texte, sauf quelques variantes et fautes de traduction ; Borgia-Propagande K. V/, 4, copié par l'ordre et sous la surveillance de Mgr J. David, chorévêque syrien de Mossoul, d'après un ms. original conservé dans la bibliothèque du couvent clialdcen de Rabban Ilormizd, à Alqos, pi es de Mossoul, dont une copie est entrée à la Bibliothèque nationale de Paris sous le n. 332. Nous avons la copie conservée dans l'église de Scert. Ces manuscrits contiennent les mêmes canons, mais le ms.de Kome ajoute l'histoire du concile comme introduction. Au lieu du symbole de Séleucie. il donne le symbole de Xicée traduit par Marouta et communii[ué aux Pères avec les canons de Nicée. Ces manuscrits s'appuient mutuellement et se complètent. On trouvera dans Th. J. Lamy, dans le Compte-rendu, p. 266-267, la démonstration de cette relation des manuscrits entre eux.
Après la lecture de la lettre des évêques occidentaux, les Pères de Séleucie ordonnèrent dins toutes les églises des prières solennelles pour le roi et les princes « alin, disent-ils, que sous leur gouvernement nous puissions jouir de la tranquillité et de la paix en toute piété et justice et qu'ils ne méditent pas de projets hostiles et durs contre le peuple de Dieu. » Immédiatement, et avant de s'occuper des questions de discipline, ils firent la profession de foi suivante :
Th. J. Lamy J.-B. Chabot
dans le Compte rendu, p. 267-268. dans les Notices et extraits, p. 262-263.
Nous croyons en un seul Dieu, Père Nous croyonsenun Dieu, Père touttout-puissant, qui par son Fils a .^ait puissant, créateur du ciel et de la terre, le ciel et la terre. Par ce Fils, les de toutes les choses visibles et invisimondes d'en haut et d'en bas ont été blés; — et en un Seigneur Jésus-Christ, créés ; par lui il a donné le repos et la Fils de Dieu, \inique, engendré du joie à toute la création. Nous croyons Père, c'est-à-dire de l'essence du Père, au Fils unique engendré du Père, c'est- Dieu de Dieu, lumière de lumière, à-dire à l'essence même du Père, Dieu Dieu vrai de Dieu vrai, qui fut engende Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu dré et ne fut pas fait, consubslautiel de vrai Dieu, engendré et non tait, [litt. Fils de l'essence] au Père, par consubstantiel [litt. Fils de la nature qui a été fait tout ce qui est dans le du Père] au Père, qui pour nous, hoin- ciel et sur la terre, qui pour nous mes créés par ses mains et pour notre hommes et j)Our notre salut est dessalut est descendu du ciel, a revêtu cendu du ciel, s'est incorporé et fait
encore plus de prise à la critique ; Muratorl avait émis l'avis que le cardinal Frédéric Borromée de Milan, qui avait acheté d'un Syrien une traduction latine de ces prétendus canons, avait été trompé. Le
un corps, s'est fait homme, a souffert, homme, a souffert, est ressuscité le
est ressuscité le troisième jour, est troisième jour, est monté au ciel, et
assis à la droite de son Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts j
viendra juger les vivants et les morts. — et en un Esprit-Saint. Ceux qui
Nous confessons l'Esprit vivant et disent : « Il fut un moment où il n'é-
saint, Paraclet vivant qui est du Père tait pas, » ou « Avant d'être engendré
et du Fils, dans une seule Trinité, une il n'était pas, » ou : « Il a été fait du
seule essence, une seule volonté, néant ; » ou ceux qui disent que le Fils
adhérant au symbole des trois cent de Dieu est d'une autre hypostase ou
dix-huit évêques réunis dans la ville essence, ou qui le supposent conver-
de iN'icée. C'est là notre foi et notre tible et muable ; ceux-là, l'Eglise ca-
symbole que nous avons reçu de nos tholique et apostolique les analhéma-
saints Pères. Définition qui a été don- tise. née par le saint concile.
On le voit, dans le ms. de Rome, il n'y a aucune trace de la mention de la profession du Saint-Esprit ex Filio, o subrepticement introduite dans le symbole placé en tète des canons d'Isaac édités par Lamy. » Chabot, Synod. orient., p. 262, note 5. c: Est-il l'œuvre d'un faussaire ? » s'était déjà demandé Lamy ; et la discussion très approfondie à laquelle il se livre. Compte-rendu, p. 268- 274, l'amène à la conviction qu'il n en est rien. Nous ne pouvons que renvoyer à sa démonstration que vient appuyer l'opinion de cet admirable orientaliste que fut Paulin Martin, Lettre au Dt Pusey sur la double procession du Saini- Esprit, Paris, 1876, p. 22. Les textes syriaques antérieurs à l'année 410 ne sont pas à l'abri de la discussion : actes de Scharbil, actes de Schabita n'ont pas échappé aux manipulations auxquelles semble vouée toute littérature martyrologique ; quant à l'hymne sur la Trinité attribuée à saint Ephrem d'après un ms. d'Oxford, son langage est formel, mais son authenticité laisse, malgré tout ce qui a été dit, quelque chose à désirer. Quoiqu'il en soit, la lecture est incertaine, elle ne comporte ni surchagcs ni rature et l'écriture du manuscrit ne permet en aucun cas de l'abaisser au-dessous du xc siècle. F. Kattcnbusch, Das apostolische Symbol, in-8, Leipzig, 1897, t. i, p. 276, a évité de prendre parti sur la question d'authenticité du symbole.
Il est difficile d'établir l'ordre et le nombre des sessions conciliaires, les Actes étant peu explicites à ce sujet. M. Braun, Das Buch des Synhados, in-8, Stuttgart, 1900, p. 7, dislingue trois sessions : 1° (1" février.) Lecture de la lettre des « Pères occidentaux j, puis du concile de Nicée. Les évêques souscrivent à ces pièces canoniques. 2» (Quelques jours après.) Reconnaissance officielle d'Isaac comme chef des chrétiens par les deux grands officiers. — ■ 3* Rédaction des canons du concile proprement dit et proclamation des peines portées contre les dissidents, J Labourt, op. cit., p. 95, n'accepte pas cette division et propose celle-ci : Le jour de l'Epiphanie, réunion des évêques dans la grande église sur l'ordre du roi. lazdgerd leur faire lire la lettre des « Pères occidentaux », celle sans doute qui lui avait été adressée à lui-même. Elle