‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 125 sur 407 · CONCILES AU SUJET UU l'ÉEAGIAXISME · texte numérisé non relu

CONCILES AU SUJET UU l'ÉEAGIAXISME

une vie de saint Anibroiso ^. 11 remit à Anrèle de Carthaîxe un mémoire relatif aux erreurs de Céleslius. Marins Marealor eut ce mémoire entre les mains, cl le résuma dans les six propositions suivantes - :

von der Cnadc tirid Frei/ieity iu-S, Freibiirg, 187'i: B. 15. W'arficld, J\ro stiidies in tlie Instory of doctrine : Aitguslina and (lie Pclagiun conli o\'t;rsy.Tlie da-elopmcnl uf infant sah-alio/i. New-Yoïk, IS'J7 ; II. Ziiiimcr, Pnlas;iiis in Irland, in-8, Heriin, 1901. (II. L.)

1. Col ouvraijc, au tcmoigiiage inêiiic do 1 auloiir, lut composé en Afrique tandis que Je.m otait piérot du Prétoire, par conséquent en 412, 413 ou 422. Un livre intitule De ha'iesihus donne à l'aulin le titre de diacre, défenseur ou procurateur de lEglise de Milan ; ^Icrcator dit expressément que celui qui déposa un mémoire ci>iitre Ct'-lestius s'appelait Tauliu, qu'il était diacre de l'évéque de .Milan, Ambroise, de sainte mémoire. (H. L.)

2. Le donatisme et l'arianisme venaient de disparaître, lorsque le pélagianisme apparut soudain. Cette hérésie provoquera la réunion de vingt-cinq conciles ; il importe doue d'entrer à sou sujet dans une exposition tliéologique ainsi que nous l'avons fait poui- les autres hérésies. Sur le personnage de l'élage : \V. Ince, dans Dictionary of Christian bio^'raplty, t. iv, p. 282-295 ;J. Launoy, Opéra, 1731, t. II. part. 2, p. 302-324 ; [L. Patouillet], La yie de Pelage contenant l'histoire des ouvrages de saint Jérôme et de saint Augustin contre les pélagiens^ iu-12, 1751 ; Tillemont, Méni. hist. ecclés., in-4, Paris, 1710, t. xiii, p. 561-572, 631-G35, 685 sq. ; G. J. Vossius, Ilistoriœ de controversiis qux Pelagius ejusque reliqaix moverunt libri VII, iu-4, Lugduni BataVorum, 1618 ; in-4, Amstelodami 1655 ; II. Zinimer, Pelagius in Irland. Texte und Untersuchungen zur patristischen Lileratur, in-8, Berlin, 1901 ; cf. Ilistorisch. Jahrù..l. xxiii, p. 143-144 ; J. Tunnel, Pelage et le pélagianisme dans les Eglises celtiques, dans les Annales de lirctagne^ 1902, t. xvii, p. 309-322. Les principaux textes théologiques sont cités dans Clir. Pcsch, Prœlectiones dogmaticse, in-8, Friburgi, 1897, t. v, p. o3 sq., et dans J. Turmel, Le dogme du péché originel dans saint Augustin pendant la controverse pélagienne, dans la Revue d histoire et de littérature religieuses, 1902, t. vm, p. 128-146, 209-230. La préface au tome x" de l'édition de saint Augustin p.ir les bénédictins comprend une histoire abrégée du pélagianisme ; exposé théologique succinct dans J. Schwane, Histoire des dogmes, Irad. Degcrl, iu-8, Paris, 1903, t. m, p. lii-153. Le pélagianisme, comme un siècle auparavant larianisme, est une tentative d'explication i-ationnelle d'un dogme mystérieux du ciii-istianisme. En son fond, le pélagianisme consiste dans la méconnaissance (d'où la négation) des relations surnaturelles de l'homme avec Dieu parla grûce et dans la négation de la grâce sanctifiante entendue au sens orihodoxe. L'homme ne jouira de la vision béatifique qui est sa destinée qu'à la condition <]o l'avoir méritée par une moralité due à ses seult-s forces naturelles, au |)oiul qu'il pourra même acquérir l'impeccabilité. Ainsi s'explique la proposition de Pelage d'après laquelle l'état d'Adam dans le paradis terres- Ire n'était pas préférable à r(.'lui des nouveau-nés. Adam était mortel, .sujet à la concupiscence, limité dans ses forces naturelles et morales, ayant le pouvoir de ne pas pécher et de mériter. Sou unique avantage sur nous était de n'avoir

1) Adam serait mort même s'il n'eut pas péché [Adam mortalem actum^ qui siç>e peccaret sive non peccaret, moiiturus fuisset^.

2) Le péché d'Adam n'a nui qu'à son auteur, et non pas à l'humanité [quoTiiam peccatum Adx ipsum solum lœsit, non genus humanuni).

devant lui aiuuii mauvais exemple. D'après cela on voit que le péclié d'Adam ne s'était pas transmis à sa postérité, ou bien n'avait pas les conséquences pernicieuses qu'on lui prêtait en admettant qu'il fut liéréditaire. Le péché originel n'existe pas. La malice du péché d'Adam a consisté à ouvrir la voie delà damnation où le mauvais exemple entraînerait un grand nombre d'hommes. De là recrudescence dans le mal d'une génération à la génération suivante. Pelage estd'accord avec Julien d'Eclanepourconsidérer latransmission héréditaire du péché comme une erreur manichéenne, laquelle contredit la responsabilité individuelle dans l'acte personnel en même temps que la justice et la miséricorde de Dieu qui ne peut nous imputer les défaillances d'autrui. Saint Augustin n'accepte pas l'explication manifestement insuffisante de la tendance générale au péché par l'imitation et il montre son incompatibilité avec 1 idée particulière que les pclagiens se faisaient de la liberté. Si la liberté nous place dans un état d'indépendance absolue par une sorte d'équilibre entre l'attrait du bien et l'attrait du mal, on ne peut soutenir que l'imitation toute seule explique la préférence donnée par tous les hommes au mal. Réduit comme le veut Pelage, le péché originel en Adam n'a pas altéré ni modifié l'état moral de l'homme. Concupiscence, mort, maladies, souffrances n'étant pas la rançon du péché originel, ne sont plus des peines, mais des biens. Les forces morales de l'homme n'ont subi aucune atteinte, l'homme est en possession, avec sa seule volonté, d'obtenir l'impeccabilitc absolue, les exemples abondent. La volonté garde à l'égard du bien comme du mal l'équilibre. Une conséquence de cette abolition du péché originel dans ses résultats, c'est l'inutilité du baptême qui a pour objet de détruire l'effet de ce péché héréditaire. Cependant le rite et la vertu du baptême tenaient une telle place dans la conscience chrétienne que les pélagiens ne se hasardèrent pas à l'attaquer : ils se contentèrent de lui donner un autre but que la rémission du péché chez les enfants. Ils lui attribuèrent le droit d'expectative donné aux enfants sur le royaume du ciel et la pleine participation aux mérites du Christ. Julien d'Eclane accordait au baptême des enfants le pouvoir de produire une certaine élévation de la grâce dans leur nature humaine, créée bonne. Tandis que le baptême cessait d'être le véhicule de la grâce, la grâce elle-même subissait de son côté une réduction. L'importance de son rôle dans la doctrine chrétienne ne permettait pas d'esquiver une explication, du moins Pelage fournissait cette explication aussi embrouillée que possible. La grâce commençait par perdre son nom pour n'être plus que la volonté libre et le pouvoir de faire le bien. Le vouloir et l'accomplissement de ce bien restaient l'œuvre de l'homme seul. Pour ajouter quelque chose à l'obscurité, il donnait le nom de grâce à la Loi écrite de l'Ancien Testament. Il n'était pas question dans ce système d'une grâce due au Christ, ainsi la rédemption se trouvait inefficace. Le rôle du Christ n'était qu'une sorte de contre-partie du rôle d'Adam: celui-ci avait introduit dans le monde la contagion du mauvais exemple, celui-

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