‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 126 sur 407 · CONCILES AU SUJET DD PÉLACIANISMK · texte numérisé non relu

CONCILES AU SUJET DD PÉLACIANISMK

3) Les enfants nouvelleinent nés sont dans Ictat ou était Adam avant sa chute [cjuoniani purvii/i, (jiti nnscuntur, in co statu siint, in quo fuit Adam ante prvcvaricationem).

4) Il nest pas exact que toute riiumanité soit soumise à la mort à

là y était venu jeter la contagion iln bon exemple. L'incarnation avait simplement ramené l'équilibre entre la sédiulion du bien et la séduction du mal. La foi au Christ et sa médiation entre Dieu et lliomiuc ne modifiaient en aucune façon les conditions du salut de ce qu'elles étaient dans l'état de nature et sous la loi mosaïque et entre la morale naturelle et la morale surnaturelle. Cependant Pelage imagina d'.iccueillir dans son sy-stème une grâce intérieuie, mais composée et dosée par lui. Celle grâce n'était rien de plus que la grâce de la remission des péchés, sorte de bon plaisir divin qui, un beau jour, cessait de compter à rhomme ses péchés ; ce n'était pas la giàce de la justification emportant régénération et renouvellement de l'homme, d'une rénovation de l'àme au moyen d un principe de vie surnaturelle donnant la force d'observer les commandements divins. Les pélagiens nièrent la nécessilé et la gratuité de la grâce actuelle, ou bien ils la réduisirent à un rôle insignifiant. Cependant, au cours de la controverse, il lut impossible aux pé'agicns de se maintenir sur ces positions ; ils furent contraints d'iidmeltre : 1° une certaine grâce actuelle intérieure servant à l'illuminalion de l'inlelligenre plus qu'à raffermissement de la volonté ; 2" une grâce actuelle extérieure nécessaire qui pouvait seule sauvegarder le prix de la rédemption. Les pélagiens se trouvaient amenés à prendre parli sur tous les points les plus graves de la théologie sotériologique. Par rapj)orl à la prédestination il ne restail que peu de chose de l'ancienne doctrine. Dieu, avant prévu de toute éternité les actions libres et les mérites des hommes, a destiné, d'après cette connaissance, les bons à la béatitude et les méchants à la réprobation. De prédestination à la vie future ni même à la grâce, il n'est plus question, mais seulement de prévision des mérites moraux naturels, non des mérites surnaturels. Au sujet de la doctrine des cfTets du baptême des enfants, effets obtenus en dehors de tout mérite personnel, les pélagiens aboutissaient à concéder une prédestination imméritée.

Pelage et ses disciples se sont ingéniés à mettre la grâce en opposition avec la notion du libre arbitre, /-'. L., t. xliv, col. 283 sq. ; t. xlv, col. 1049 sq. V.n faisant appel à un ordre nouveau d'arguments, ils n'ont pas négligé d'anciens moyens, c'est ainsi qu'ils se sont donnés comme les représentants de la Tradition. Célestius est abondamment fourni de textes de l'Ecriture {P. /,., t. XLV, col. JOl, b03) dont il déduit que la pratique de la vertu n'a rien d'impossible aux forces humaines et que, pour éviter le péché, l'homme n'a nul besoin d'un secours étranger. La controverse ne manque pas, ici comme ailleurs dans les conilils théologitjues, d'aboutir souvent à un cliquetis de textes de part et d'autre. Saint Augustin s'empara des textes dont les pélagiens menaient grand bruit et les ramena à la doctrine qu'il défendait, à savoir que nous pouvons observer facilement la loi, mais avec la grâce. En 412, dans le De peccatoriiin nicriiis^ saint Augustin ne se contentait pas de liter piirti de l'Ecrilure, il invoquait le témoignage des Pères et cherchait dans leurs ouvrages la croyance au péché originel. Toutefois, à cette époque, ses informations

cause de la mort et de la chute d'Adam, et il n'est pas plus exact que toute l'humanité ressuscite à cause de la résurrection du Christ [quoniam neque per inorlem çel prœvaricationem Adre omne genus homi" mim moriatur, nec per resurrectionem Christi omne genus hominum resiirget).

5) La Loi conduit au ciel tout comme l'Évangile [quoniam lex mittit ad regnum cœlorum quoniodo et es'angeliuni).

6) Avant l'arrivée du Seigneur il y a eu des hommes sans péché [quoniam cl anle adventum Domini fueruni homines impeccabiles, i. e. sine peccato) '^.

On interrogea Célestius sur ces propositions et, d'abord, sur la L^^"J seconde. Aurèle fit lire cette proposition, et Célestius déclara qu'on ne s'accordait pas sur le fait de la transmission de la faute. Il avait entendu des prêtres émettre sur ce point divers avis. Paulin demanda leurs noms, Célestius cita Rufin '2, prêtre de Rome et il ne put ajouter personne, quoique Paulin l'en pressât. Le second fragment conservé par saint Augustin concerne la troisième proposition. Après qu'on en eût donné lecture^ Cléestius demanda que Paulin expliquât ces mots : « avant la chute. » Celui-ci posa ce dilemne : ou bien Céles-

patristiques étaieiU encore très limitées. Mais en 418, dans le De peccato originali, et surtout en 420, dans les livres Ad Bonifacium, il pouvait appuyer son opinion de textes formels et nombreux. P. L., t xliv, 409, 623-626, 632. Ce fut toute autre chose quand Julien d'Éclane prélendit faire servir les Pères, notamment les Pères grecs et parmi eux saint Jean Chrysostome, à la doctrine pélagienne. Ces phases successives de la polémique ont été présentées avec beaucoup de clarté par J. Turmel, Histoire de la théologie positive, in-8, Paris, 1904, p. 96-108, 226-229, qui fait remarquer que « les recherches patristiques entreprises par saint Augustin seront utilisées un jour ; mais, ce jour, elles devront l'atlendre pendant plus de mille ans. La croyance au péché originel était si solidement enracinée dans tous les cœurs, que, jusqu'à la Renaissance, on n'éprouva jamais le besoin de l'appuyer sur l'autorité de la Tradition. » (H. L.)

1. Les copistes de Mercator ont dû oublier une septième proposition que cet auteur rapporte en un autre endroit à la charge de Célestius, l'accusant d'avoir enseigné « que les enfants, sans le baptême, peuvent obtenir la vie éternelle. » En effet, le même Mercator nous apprend que « les Pères du concile opposèrent aux propositions de Célestius, sept autres propositions de même forme. » En outre, la sixième proposition comportait un corollaire, lequel fut, au rapport de Paul Orose, condamné par le concile de Carthage, ce qui n'empêcha pas Pelage de le soutenir ouvertement au concile de Jérusalem, à savoir « que l'homme peut être sans poché et garder facileinenl, s'il le veui, les commandements de Dieu. » (H. L.)

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