‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 127 sur 407 · CONCILTS AU SUJET DU PKLAGIANISME · texte numérisé non relu

CONCILTS AU SUJET DU PKLAGIANISME

tins niera avoir enseigné cette doctrine, ou bien la rojotlora. Célestius n'acceptant pas cet ultimatum, Aurèle entra clans la discussion en (jualité de président ilu concile ; il expliqua les mots en question, et demanda à Célestius s il croyait que les enfants non baptisés étaient dans l'état où se trouvait Adam avant sa chute, ou bien si la culpabilité, consistant dans la violation du commandement de Dieu, pesait sur eux. Célestius cs(|uiva une réponse directe, mais il répéta que les orthodoxes ne s'ontcndaicnl pas sur \c t /a dux pecrati, objet de libre coiilroveise. Du reste, il croyait personnellement ii la nécessité du baptême ; pourquoi s'obslinait-on à le (juestionner ^ .'

Nous n'en savons pas plus sur les opérations du concile ; Marins Mercatoi' raconte cependant cjue les évcqucs réunis avaient demandé à Célestius sa rétractation, il s'y était refusé, on l'avait alors excomnninié, et il en avait appelé à Rome -. [107] Célestius se rendit alors à Ephèse pour solliciter la prêtrise, et il 1 obtiîit. Pc'lafTc, venu en Palestine, v avait rencontré un adversaire dans saint Jérôme et ses erreurs avaient causé scandale. A la même époque saint Augustin envoya à Bethléem son disciple le prêtre

1. Dans \o « Libelk' sommaire » (Saiiil Augustin, Episl. ci.vii, n. 22, P. Z,., roi. 685), Cêloslius accoi-dc cjiie les enfants enx-raèmcs ont liesoin do la rédemption et, par conséquent, du Ijaptème ; mais il évite une cxplit-alion plus formelle de transmission héréditaire du péché d'Adam. Cfst probablement à cet écrit de Célestius (jue le pape Zosime faisait allusion (juand il disait qu'uu écrit publié par Célestius en Afrique rendait témoignage de sa foi et aurait dû empêcher sa condamnation. (H. L)

2. Dans son Apologia pro libertate arbitrii, c. m et iv, imprimée dans la Bihlioth. ma.r. Patrum, I. iv, p. 'i'i8, el dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 307 ; Hai-douiu, op. cit., t, i, col. 1207 ; en allemand et avec des notes dans Fuchs, Bibliothek der Kirclienvers., t. m, p. 320 sq. — 30 juillet 415. Labbe, Concilia, 1. II, col. 1525-1529 ; Coleli, Concilia, t. m, eol. 363. Les prêtres de TÉglisc de Jérusalem paraissent s'être employés activement pour obtenir la réunion do ce concile qui s'ouvrit (juar.inle-sept jours avant la fête dite des « Encenies » (29 ou 30 juillet). Jean de Jérusalem était le seul évoque présenl, tous les autres membres étaient prêtres et paimi eux Paul Orose, Avit, Vital, Passerius. On comptait un interprète dont le nom n'est pas connu et qui faisait partie de l'oppositidii. En (lutrc, il se ti'(iu\ail \',\ un certain Doniinus, général retraili- qui savait le grec et le latin et servait d'interprète ainsi (juo le prêtre Passerius. Paul Orose cédant aux instances des prêtres de Jérusalem, vint au concile et y prit séance. On voit que ces prêtres devaient avoir peu d'expérience de semblables assemblées puiscju'ils oublièrent de désigner un secrétaire chargé do rédiger les procès- verbaux des sessions. Dès l'ouverture dn concile on pressa Orose de rapporter ce (jiii s'était passé en Afri(|Ue au sujet de Pelage et Célestius. (II. L.)

espagnol Paul Orose, pour signaler à saint Jérôme et à d'autres le venin du pélagianisme. Cette démarche donna lieu à un concile diocésain tenu au mois de juin 415, à Jérusalem, sous la présidence de Jean, évoque de cette ville ^. Nous avons sur ce concile une notice de Paul Orose qui, dès l'ouverture du concile, lut un mémoire sur ce qui s'était passé en Afrique au sujet de Célestius. 11 renvoya au livre De natiira et gratia que saint Augustin venait d'écrire contre les pélagiens et lut une lettre du même Augustin à Hilaire touchant les sentiments pélagiens en Sicile. Sur Tordre de Jean de Jérusalem, Pelage comparut devant le concile. A peine entré, les prêtres lui demandèrent s'il professait réellement la doctrine combattue par Augustin. Il répondit : « Eh ! que m'importe à moi cet Augustin ?» Ce ton insolent vis-à-vis d'un homme tenu en si grande estime irrita tellement les prêtres qu'ils crièrent : « Que Pelage soit exclu nonseulement de cette assemblée, mais de l'Eglise toute entière ! » L'évêque Jean le fit cependant asseoir, quoiqu'il ne fût que laïque, et dit: « Je suis Augustin, » signifiant par là qu'il représentait la personne d'Augustin. Paul Orose remarque qu'il faisait cela afin de pouvoir pardonner à Pelage son impertinence à l'égard d'Augustin, mais l'évêque Jean dut entendre alors le trait malicieux d'Orose : « Si tu es Augustin, suis donc la doctrine d'Augustin. » Jean demanda que l'on produisît les plaintes formulées contre Pelage, et Orose dit : « Pelage m'a soutenu à moi-même que l'homme pouvait, s'il le voulait, être sans péché et garder facilement les commande-

2. Mansi, Concil. ampliss. coll , t. iv, col. 293. T^es actes du concile établissent clairement que Célestius fut entendu plusieurs fois (Siiint Augustin, Epist. CLVii, n. 22 ; Retractationes, 1. III, c, xxliii), qu'il avoua et fut convaincu et séparé de la communion à cause de son obstination. L'appel de Célestius au Siège apostolique est constaté par la parole de Zosime qui fait mention « de cet ancien appel » et par les témoignages de Paulin, de Marius Mercator et de Facundus d'Hermiaiie. Les partisans de Célestius à Cartbage furent atterrés par cette condamnation. S. Augustin, Epist., clvii, n. 22. En 416, les Pères de Cartilage afiirmeront que le jugement rendu en 412 a supprimé l'hérésie pélagienne. CejugemenL fameux, ils le disaicntrcudu « depuis moins de cinq ans» contre Célestius, par conséquent en 'il2. Saint Augustin place aussi celte affaire après la conférence avec les donalistes, ou au moins il laisse clairement entendre que la conférence était commencée avant que fut rendue la décision contre Célestius. Faustus a en entre les mains un écrit relatif à l'hérésie pélagienne et dans lequel il est dit que les pélagiens furent retranchés de l'Eglise au temps de Théopliile d'Alexandrie et d'Innocent de Home, il faut probablement lire Théodore d'Antioche à la place de Théophile d'Alexandrie qui mfiurut en 412 avant la célébration des conciles contre les pélagiens. (H. L.)

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