‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 128 sur 407 · CONCILES AC SLJliT DC l'KLA(;i AMS.MK · texte numérisé non relu

CONCILES AC SLJliT DC l'KLA(;i AMS.MK

[108] nicnts tle.l^ieu. » Pc-hij^»' en convint cl Oioso roprit : « Cetlc Jocirino a éti' condamnée pai- le concile df (".afthaj^e, j)ar Aiij^iistin cl par Jérôme. » L'évèquc Jean int('ironi[)il la iliscussion en tlcinandant que l^aul Orose et ses tenants se déclarassent formellenienl accusateurs de Pelade et évoquassent la cause devant sa juridiction ; ce lut en vain ^. L'évi^que Jean ne put [)as non plus amener Orose à accepter (pie Dieu avait fait mauvaise la iialure de riiomme. A de nouvelles questions laites par Jean, Pelage déclara cpi i\ ne cioyait pas l'homme capable, par sa propre nature, d'échapper à toute laule, mais que celui qui y pouvait parvenir avait la force (Vôtre complètement impeccable. Sans le secouis divin, il elail impossible d'être sans péché. Paul Orose le crovait aussi ; mais comme il ne parlait que latin, et comme Jean ne parlait que grec, ils ne pouvaient s'entendre qu'au moyen d'un interprète, ce ([ui donna lieu à beaucoup

1. Tous les ctforls de Jean afin d'amener ses prèlres à iatenler une accusation devant sa juridiction (5cli()uèrcnt. Il all(3gua diverses raisons oii se rcconnaissaieut les emprunts faits à OriLjène. Ces tentatives se pri'lon^èrent assez longtemps. Jean essaya ensuite d allircr Orose. Ce uiriue évèque siégea au concile de Diospolis et fut prié de dire ce qui s'était pas.'ic devant lui dans l'assemblée de Jérusalem. Il rapporta entre autres choses que Pélagi* avait été vivement accusé d'hérésie pour avoir prétendu que l'iiomme peut, s'il le veut, être sans péché. Mais, ajouta-t-il, l'ayant interrogé à ce sujet, il nous répondit : « Je n'ai pas prétendu que la nature de l'homme a reçu l'impeccabilité, j'ai dit seulement que celui qui voudrait travailler à son salut, s'efforcer avec soin de ne pas pécher et de suivre les commandements de Dieu, avait reçu ce pouvoir du Créateur. » Alors, continua Jean, ([uelques-uns murmurèrent et dirent que Pelage prétendait (juc, sans la grâce de Dieu, l'homme pouvait devenir parfait, c'est-à-dire être sans péché. Blâmant moi-même, poursuit-il, ce qu'avait avancé Pelage, j'ai cité lapôtre saint Paul qui, travaillant beaucoup, non selon sa |)uissance, mais selon la grâce de Dieu, écrit : « J'ai travaillé plus qu'eux tous, non pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi, » et le reste. J'ai cité plusieurs passages semblables tirés des Ecritures. Comme les assistants montraient par leurs murmures que le discours de Jean leur avait déplu, Pelage prit la parole : « Je le crois ainsi, dit-il: Que celui-là soit anathème qui prétend que l'homme peut atteindre la perfection de toutes les vertus, sans le secours de Dieu, xi Paul Orose lui-même reconnaît que Pelage avait dit c que l'homme pouvait être sans péché, mais non sans le secours do Dieu. > L'évêque aurait ajouté : « S'il avait dit que l'homme peut être tel sans le secours de Dieu, la doctrine serait perverse et condamnable. » Jean ayant ensuite demandé si l'on reprochait autre chose à Pélnge, ou si on niait la nécessité du secours de Dieu, Orose répondit sur le champ : « Anathème à (lui nie le besoin de l'aide de Dieu. Certes, je suis h. in de le nier, moi qui ccimbats l'erreur contraire des hérétiques. » (II. L.)

de malentendus ^. Orose ayant remarqué la mauvaise volonté de Jean, demanda que, puisque Pelage était latin ainsi que ses adversaires, on laissât aux Latins le soin de décider sur cette hérésie. Quelques membres du concile appuyèrent cette proposition, et Jean conclut que l'on enverrait au pape Innocent des lettres et des députés, avec l'assurance que sa décision serait reçue partout. Tous en tombèrent d'accord et l'assemblée se sépara en paix.

Quelques mois plus tard, en décembre 415, le pélagianisme amena la réunion d'un second concile de quatorze évoques à Diospolis ou Lydda, en Palestine ^ ; parmi ces évêques on nomme Euloge de Césarée, que l'on appelait un second Jean de Jérusalem '^.

Jean présidait le concile en sa qualité de métropolitain. On distinguait encore Ammonien, Porphyre, Eutone, un second Porphyre, Fidus, Zozime, Zoboëd, Nymphide, Chromace, Jovin, Eleuthère et Clément. Le principal défenseur de Pelage Tut le diacre Anianus.

La dénonciation de deux évêques privés de leurs sièges, Héros d'Arles et Lazare d'Aix, amena la réunion de ce concile '^. Les deux évê- [109] ques arrivèrent en Palestine, et, de concert avec Jérôme, envoyèrent à Euloge, évéque de Césarée ^, un mémoire dans lequel étaient exposées toute une série d'erreurs, entre autres des écrits de Pelage

1. L'interprète changeait le sens des paroles d'Orose, tronquait ses réponses, les dénaturait ou les supprimait à peu près complètement. Orose se plaint encore plus de son ignorance que de sa mauvaise foi. (H. L.)

2. Baronius, Annales, ad ann. 415, n. 19-24 ; Pagi, Critica, n. 7-15 ; Conc. regia, t. iv, col. 352 ; Labbe, Concilia, t. ii, col. 1529-1533 ; Hardouin, Coll. concil., t. I, col. 1209 ; Coleti, Concilia, t. m, col. 367 ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. IV, col. 311. (H. L.)

3. S. Augustin, Contra Jalianum, 1, I, c. v, n. 19, P. L., t. xliv, col. 652.

4. Le pape Zozime les dépeint d'une manière défavorable, dans Baronius, ad annum 417, n. 25 sq. ; mais comme ce pape paraît s'être, au commencement, laissé induire en erreur par les pélagiens, Tillemont a entrepris la dé- '| fense de ces deux évoques. Tillemonl, Mém. hist. ecclés., t. xiii, p. 677, éd. Venise. [Le motif de la présence de Héros et Lazare en Palestine, vers l'automne de 415, n'est pas connu. Saint Augustin nous dit qu'ils avaient été scandalisés par la doctrine de Pelage. Ils composèrent un abrégé des erreurs de Pelage, n'ayant pas eu le temps, disaient-ils, de transcrire en entier les citations, ils y ajoutèrent les erreurs de Célestius et celles qu'Hilaire avait envoyées de Sicile à saint Augustin. (H. L.)]

5. Cet Euloge est toujours nommé par saint Augustin le premier des treize évêques présents au concile de Diospolis, sans en excepter Jean de Jérusalem ; ce qui donne lieu de supposer qu'il était évêque de Césarée et métropolitain de la province.

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