S. Augustin, op. cit., c. xni, P. L., t. xi.iv, col
serions coupables, mais ce serait la grâce de Dieu qui serait vaincue lorsque nous tomberions dans le péché ; la culpabilité de nos fautes retomberait donc sur Dieu, qui n'a pas pu, ou qui n'apas voulu nous préserver du péché. » Pelage ne convint pas que ces phrases fussent de Célestius, il se contenta de les condamner pour son propre compte. Sur cette autre proposition de Célestius : « Chacun peut posséder toutes les vertus et toutes les grâces, » Pelage donna l'explication suivante : « Dieu donne à celui qui en est digne toutes les grâces, ainsi qu'il l'a fait pour l'apôtre saint Paul. » Et le concile dit encore : « Cela aussi est conforme à l'en- f^^^] seignement de l'Église ^. »
Jean de Jérusalem, raconte que^ plusieurs évêques blâmant l'assertion de Pelage, d'après laquelle le secours divin n'était pas nécessaire, lui, Jean, déclara que cela lui paraissait en contradiction avec la doctrine de Paul, disant : « J'ai travaillé plus que les autres ; cependant, non pas moi, mais la grâce de Dieu avec moi. » (/ Cor., XV, 10). Pelage aurait répondu : « Telle est ma foi ; et anathème à celui qui dit, que l'on peut, sans le secours divin, progresser dans toutes les vertus. » Augustin, à qui nous devons ce détail -, ajoute que Jean n'a pas été nn fidèle rapporteur, car Pelage n'avait pas dit : « Telle est ma foi. »
Les propositions suivantes furent encore extraites du livre de Célestius : « Nul ne peut être appelé enfant de Dieu, s'il n'est sans péché ; par conséquent Paul ne peut être appelé enfant de Dieu, car c'est ce qui résulte de ses propres paroles [Philem., m, 12) ; — l'Ignorance et l'oubli ne sont pas des fautes ; l'homme est libre de faire ou de ne pas faire certaines choses ; — si l'assistance de Dieu est nécessaires, il n'y a plus de volonté ; — si l'homme parvient à vaincre le mal, le mérite n'en est qu'à lui ; — nous sommes participants de la nature divine, si donc l'âme ne pouvait être sans péché. Dieu ne pourrait pas non plus être sans péché, car l'âme est une portion de Dieu(/?a/'s ejus); — ceux qui font pénitence reçoivent leur pardon, non par grâce, mais d'après leurs mérites. » Pelage condamna ces principes, comme n'étant pas siens, et anathématisa tous ceux qui s'opposaient à la doctrine de l'Église catholique. Là dessus le concile le déclara digne de la communion ecclésistique '^. Rien d'étonnant
1. S. Augustin, Be gestis Pelagii, c. xiv, P. Z., t. xliv, col. 337.
2. De gestis Pelagii, c. xiv, n. 37, et c. xv, n. 38, P. L., t. xliv, col. 342,
3. S. Augustin, De gestis Pelagii, c. xviii-xx, Mansi, op. cit., t. iv, col. 320; Hardouin, op. cit., col. 1212.