‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 133 sur 407 · CONCILES AU SUJET DU PHLAGIAMSMK · texte numérisé non relu

CONCILES AU SUJET DU PHLAGIAMSMK

que, dans une lettre à saint Augustin, saint Jérôme ait donné à ce [113] concile l'épithéte de /7ii6tva/»//e '. Le Père Daniel, S. J.,a écrit sur ce concile, une dissertation particulière : Hisloiic du concile de D Los polis ; elle se trouve au t. i, de ses œuvres, p. CŒ). Les historiens du pélagianisiue, \oris, Vossius, Carnier, etc., ont aussi parlé de ce concile.

Héros et Lazare firent connaître, pai' Tinterniédiaire de Paul Orose, le résultat de ce malheureux concile de Diospolis aux évéques de l'Alrique proconsulaire ', tandis que ces évèques étaient réunis en concile à Carthage, en 41G ^, sous la présidence d'Aurèle. Ils confirmèrent les décisions portées contre Célestius cinq ans auparavant, dans le concile de l'année 411, et envoyèrent au pape Innocent l*'' une lettre synodale très détaillée, pour lui faire connaître ce qui s'était passé. C'est le seul document ({ue nous ayons de ce concile ; il a été imprimé dans les lettres de saint Augustin [Epist., CLXxx), de même que dans les collections des conciles '*. Nous

1. S.Jérôme, Epist. cxi.ii, P. L., t. xxii, col. 1180. Saint Jérôme ne voyait dans cette assemblée que le scandale donné à plusieui-s de ceux qui, incapables de pénétrer au fond des choses, s'arrêteraient à celte seule considération que Pelage, accusé d'hérésie, avait été reçu à la communion des évoques d'Orient. Pelage ne manqua pas d'exploiter en faveur de sa doctrine un tel avantage, il se vantait d avoir entraîné l'adhésion de quatorze évèques tandis qu'il couvrait de confusion ses contradicteurs. Saint Augustin, moins rigoureux, ([ualilie les Pères de Diospolis de «juges pieux et catholiques qui n'auraient jamais déclaré l'innocence de Pelage si celui-ci n'eût lui-même condamné ses erreurs. » Aussi il affirme que si, en apparence, l'hérésiarque est absous, cependant tous les dogmes que propageait l'hérésie sont condamnés. Dans son li\re contre Julien d'Eclane, il cite ces quatorze évèques comme des témoins de la doctrine catholique. Le pélagianisme. dit-il, fut dans celte circonstance blessé par la propre langue de Pelage, il tomba absolument lorsque cet hérésiarque craignant d'être condamné, anathématisa lui-même ses errevirs. Ce fut en trompant, dit-il, que Pelage vola son absolution, ou plulôtil ne lut point absous, mais hii ii hi doctrine qu'il professait de bouche. Le pape Innocent déclara qu'il ne pouvait ni accuser ni approuvei' le jugement du concile. Saint Prosper eu parle comme saint Augustin ; il reconnaît cependant que l'indulgence témoignée à Pelage paraît avoir quelque peu dépassé les justes limites. (H. L.)

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