‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 135 sur 407 · CONCILliS AV SLJCT 1)1 l'KI.Ac; 1 AXIS.M IC · texte numérisé non relu

CONCILliS AV SLJCT 1)1 l'KI.Ac; 1 AXIS.M IC

ils clenuiiHlaioiil au pape : « puisque Dieu l'avait houort' d'une si haute dionité et l'avait lait asseoir sur le Siège apostolique, de niontrei- sa fidélité daus le nraud danger ([ue courait TKglise, et de 1114] s'opposer à lexpausion des t>rreuis des pélagiens. » Ils prouvaient (|ue la duclnne pélagienue était en coiil l'adielioii avec plusieurs textes lie la sainte Ecriture el en particulier avec in Pater, puiscpie cette prière conti*nait ces mots : l'urilonnc-nnus nos offenses et ne nous induis pas en tentation '.

Quelque temps après, cinci evèques africains, parmi lesquels saint Augustin, s'adressèrent encoi-e au pape Innocent au sujet du pélagianisme -. Le pape répondit, au commencement de l'année 417,

la. Possidiiis de Calain.i. liaroalus aLlribue au cuncile de Milùve, luiil un ntiuf canons contie les pélagiens. Mais ces canons ne furent arrêtés qu'en 418, dans un conciK' de Cartilage. Baronius a oté induit en erreur pour n'avoir pas démêlé la confusion qui existe dans les actes du concile de Milève d'après y Hispana. Le début de ces actes se rapporte au preuiier concile de Milève, en 402, c'est-à-dire longtemps avant l'apparition du pélagianisme en Afrique. Ce qui suit provient de diverses autres assemblées, dans la collection des conciles d'Afrique à l'exception cejieiulunl du canon 2:>° qui ne se rencontre nulle part ailleurs. — 27 août 416, Baronius, Annales, ad ann. 416, n. l-o, lO-Ti ;Pagi, Critica, n. 3-9, 13 ; Conc. rc^ia, t. iv, col. 362;Labbe, Concilia,{. II, col. 1537-156'i ; 1287-1289; Coleti, Concilia, t. m, col. 381. (H. L.)]

1. Cette lettre a été imprimée dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 334 sq. ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1221 sq. ; Ballerini, dans S. Lconis, Opéra, t. m, p. 141 sq. ; en allemand, dans Fnchs, op. cit.. 346 sq.

2. Leurs lettres se trouvent dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 337 sq. ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1203 ; Ballerini, op. cit., p. 149 ; Fuchs, op. cit., p. 351 sq. [Ces cinq évèques étaient Aurèle, Alype, Augustin, Evode et Possidiiis. Ils s'adressaient au pape comme à un ami particulier et lui exposaient comment Pelage avait pu être absous par les Orientaux, ce dont ils doutaient encore, faute d'avoir eu jusque là sous les yeux les actes du concile de Diospolis. Ils conjuraient le pape de porter un remède aussi grand que le mal parce qu'il y avait, même à Rome, des partisans de Pelage, c Lorsque ces derniers, disent les cinq évèques, sauront que ce livre qu'ils croient ou ([u'ils savent être de lui a été anatliomatisé et condamné non seulement par lui-même, mais encore par r.'tutoritc des évèques catholiques et surtout par celle de Votre Sainteté qui est sans doute pour lui d'un grand poids, ils n'oseront plus troubler les cœurs simples et fidèles en parlant contre la grâce de Dieu révélée au monde par la passion et la résurrection de Xotre-Seigneur Jésus-Clirisl. ï IKs ajoutaient qu'il fallait mander à Borne Pelage, s'informer avec un soin cxlrème s'il reconnaissait la grâce du Christ, ou du moins traiter par lettre cette affaire avec lui, aOn ([ue désormais, absous sans aucun scandale de l'Eglise et sans aucune de ces subtilités ambiguës, il pût devenir par sa conversion un sujet de joie pour les fidèles. Ils envoyaient également à liiuoccutle livre que Timase

au concile de Carthage, au concile de Milève et aux cinq évèques, et ses trois lettres sont arrivées jusqu'à nous ^, Le pape approuvait complètement le jugement porté par les évoques de Carthage touchant Célestius et Pelage, il louait les Africains de leur perspicacité, confirmait rexcommunication portée contre Pelage et Célestius, menaçait de la même peine leurs partisans, et relevait dans le livre

et Jacques avaient remis à saint Augustin ainsi que la réfutation qu'en avait faite ce dernier, afin que le pape pût mieux les examiner. Ils lui adressaient en outre une lettre de saint Augustin à Pelage, dans laquelle le docteur répondait à l'apologie que l'hérésiarque lui avait envoyée après le concile de Diospolis. Ils priaient Innocent de faire remettre cette lettre à Pelage, persuadés que le respect dû à la dignité pontificale engagerait ce dernier à la lire. Ils disent cependant qu'ils n'ont pas voulu se prononcer sur le point de savoir si la perfection consommée peut avoir lieu dans la vie présente ou seulement dans l'autre, bien que toutefois il soit absolument certain que, n'importe où qu'on atteigne cette perfection, on ne peut l'acquérir sans un bienfait de la grâce de Dieu. Au même temps doit se rapporter la lettre de saint Augustin à Jean de Jérusalem, Epist. clxxix, P. Z., t. xxxiii, col. 774. A cette date, Augustin n'avait pas encore lu les actes du concile de Diospolis et il prie Jean de les lui envoyer, lui disant que par cet envoi il fera plaisir non seulement à lui Augustin, mais à plusieurs évêques qui désireraient en prendre connaissance. Ces actes lui furent enfin remis, par qui, on l'ignore. Quoiqu'il en soit, vers la fin de l'année 416 ou au commencement de 417, ils étaient entre ses mains. Nous avons dit par quel biais il les envisagea afin de les faire concourir à sa stratégie contre le pélagianisme. Il écrivit en forme de commentaire des « Actes de Palestine » un livre auquel il donna pour titre : De gestis Pelagii. L'ouvrage était dédié à Aurèle de Carthage. On y discute point par point les erreurs de Pelage et ses réponses devant le concile de Diospolis, ensuite on examine la sincérité de sa conversion et le degré de créance qu'on peut lui accorder. Enfin, ou prouve que si Pelage fut absous par le concile, la doctrine hérétique qui avait provoqué sa comparution fut indubitablement condamnée (H. L.)]

1. Dans Mansi, op. ci7. t. m, col. 1071 sq., 1075 sq., 1078 ; Hardouin, 0/7. ci'f., t. i, col. 1025^ 1028 et 1030 ; Ballerini, op. cit., p. 134, 144 et 149. [Ces trois lettres sont datées du 27 janvier 417, Un certain évêque Jules, qui avait porté à Rome les pièces synodales des conciles de Carthage et de Milève, en 416, rapporta ces lettres. On pense qu'innocent ne les écrivit qu'après avoir assemblé un synode, car c'était alors l'usage à Rome de n'écrire sur des matières de cette importance qu'après avoir assemblé le clergé de la ville, les évêques du voisinage et les évêques de passage dans la cité. Dans ces lettres, Innocent fait l'éloge de la science, du zèle et de la vigilance des évèques d'Afrique dont la sollicitude ne s'arrêtait pas à leurs seules Eglises. 11 parle des deux récents conciles, de la Proconsulaire et de la Numidie, en termes très honorables surtout parce qu'ils avaient consulté le Siège apostolique dont il relève la dignité et l'autorité. (H. L.)].

11 H. CONCILES AU Sl'JET Di: PEI.AGIANISMI

de IV'lii^c (jiiiiiililc de. blasphùnu-s cl de pi'opusitiuiis i-ondainnables ^

Le successeur d'Iiinoceiil, le pape Zosimo, tinl un autre langage. Dès son élévation au pontificat, en 'il7, il avait été induit en erreur pai- la profession de loi équivoque de Pelage cl de Célestius. Il venait d'être élu, quand Célestius (|uitlant Ephèse pour Conslantinople, d\)ii il lui expulse, vinl à lionic ef renill au i>ape une profession de loi (Idiil nt)us possédons des iVagmenIs -. Zosinie réunit aussitôt un concile romain ^, dans lequel Célestius condamna, dune

1. Lorsqu'il écrivit cps réponses, Innocent avait reçu les actes du concile de Diospolis, mais d'une niiinière non or/îciclle ; aussi en tenait-il peu de compte et leur authcnlii'ité lui paraissait-elle douteuse, parce que ces Actes lui avaient été remis sans lettre ni de l'élai^'C ni des évèques qui avaient siégé au concile et parce iju'il juL^eait (|ue Pelage avait |)eu do conliance dans cette absolution dont il se vantait. Dans sa réponse aux cinq évèques, Innocent exprime l'espoir que cette condamnation de Pelage ramènera à la saine doctrine ceux qui, soit à Rome, soit à Jérusalem, soit ailleurs, auraient embrassé ces erreurs, En parlant de Rome, il ajoute celte restriction : s'il s'en rencontre, car personne n'y professant ouvertement celte erreur, il n'ose pas dire 'qu'il y ait de ces liérétiques ; il n ose pas le nier cependant, vu le grand nombre d'habitants que reuléruie cette ville. Saint Augustin rappelle souvent à Julien d'Eclane ce jugement du pape Innocent: « Que put répondre ce saint homme aux conciles d'Afrique, dit-il. sinon ce que le Siège apostolique et romain croit constamment avec les autres Eglises ? Et comme il l'observe, il ne pense sur ce point pas autrement que n'ont pensé Cyprien, Hilaire, Ambroise et d'autres illustres évèques auxquels s il est inférieur par l'ancienneté, il est supérieur dans le rang. » C'est à l'occasion de ces conciles que fut prononcé un mot célèbre. Le 9 des calendes d'octobre, saint Augustin prêchait à Carlhage : « Déjà, ditil, deux conciles ont envoyé leurs décisions à ce sujet, au Siège apostolique, de là sont venus des rescrits favorables, la cause est finie, plaise à Dieu que l'erreur lini.sse de même, m Inde (sciUcet liunia) ctiani resciipla i'eneiuiit: causa finita est. S. Augustin, Servi, cxxxi, n. 10, P. L., t. xxxviii, col. 729, Gennade rapporte qu'Innocent avait envoyé le décret contre Pelage aux Églises d'Occident et d Uiient, que, dans la suite, son successeur Zosime le promulgua plus largement. Qu'est-ce à dire ? Peut-être tout simplement que Zosime, quand il fut éclairé sur le pélagianisme, donna aux trois lettres d'Innocent la lornie d'un décret et le publia dans l'Eglise entière. Il semble bien que Possidius de Calama réunisse ensemble les ordonnances des deux papes lorsqu'il dit que l'un et l'autre, dans des lettres écrites aux Eglises d'Afrique et à celles d'Orient, ont jugé que les pélagiens devaient être anatliématisés et évités par tous les catholiques. (II. L.)

2. Mansi, op. cit., t. iv, col. 350 ; Baronius, ad anniim il7, n. 19 sq.

3. Zosime réunit ce concile dans la basilique de Saint-Clément ; on y trcuivait, outre les clercs de Rome, des prêtres et des évèques de différentes régions. |H. L.)

188 LIVRE Vin

manière générale, tout ce que le pape Innocent avait déjà condamné et tout ce que le Siège apostolique pourrait condamner par la suite, mais il dit que les propositions à lui attribuées par le concile de Carthage n'étaient pas de lui, et il mit le pape de son côté ''. Dans une lettre adressée aux évoques africains, Zosime proclama l'ortho- fll5] doxie de Célestius, blâma la conduite des cvêques et représenta comme deux sujets fort peu recommandables les principaux adversaires de Célestius, Héros et Lazare, qu'il menaça d'excommunication et de déposition.

Peu de temps après, Zosime reçut la profession de foi de Pelage, que celui-ci avait déjà envoyée au pape Innocent, avec une lettre

1. Dans son apologie présentée au pape Zosime, Célestius parcouraitl'un après l'autre les articles du Symbole ; il commençait par la Trinité et l'unité de Dieu, et poursuivant jusqu'à la résurrection des morts, il exposait longuement sa foi sur les articles au sujet desquels personne ne l'attaquait. Dès qu'il arrivait au point controversé il disait : « Si en dehors de la foi il s'est élevé quelques questions, au sujet desquelles la controverse est permise, je n'ai point prétendu les définir de mon autorité, comme si j'étais l'auteur de quelque dogme nouveau , mais ce que j'ai puisé dans les Prophètes et dans les Apôtres, je le présente pour être approuvé au jugement de votre apostolat ; afin que, si par hasard il s'y est glissé quelque erreur par l'effet de l'ignorance ordinaire aux hommes, votre sentence la réfoime. » Relativement au péché originel, il disait : « Nous avouons que les enfants doivent être baptisés pour la rémission des péchés, selon la règle de l'Eglise universelle, et selon l'enseignement de l'Evangile, parce que le Seigneur a établi que le royaume des cicux ne pouvait être donné qu'aux baptisés ; ce qu'ils no peuvent obtenir par les forces de la nature, il est nécessaire de le leur donner par la liberté de la grâce. Si nous disons que les enfants doivent être baptisés pour la rémission des péchés, ce n'est pas dans ce sens que nous voulions affirmer que ce péché soit transmis, ce qui serait bien éloigné du sentiment catholique. Le péché ne naît point avec l'homme, mais il est ensuite commis par l'homme, car il est prouvé que ce n'est pas un défaut de la nature, mais un défaut de la volonté. Il est convenable d'exposer ceci pour ne pas paraître établir diverses sortes de baptêmes ; et il est nécessaire d'établir ce point, de peur qu'à l'occasion de ce mystère, on ne dise, ce qui serait une injure au Créateur, que le mal, avant d'être commis par l'homme» lui est transmis par la nature. » Célestius fut introduit devant le concile romain, on y lut son livre. Zosime se montrait particulièrement touché par l'affirmation de Célestius du très vif désir de recevoir le jugement du Siège apostolique. Le pape ne se contenta pas de la profession de foi de Célestius, il questionna ce dernier dont les paroles et déclarations confirmèrent ce qu'il avait écrit, Zosime lui demanda s'il condamnait toutes les erreurs que l'opinion commune lui attribuait : d Je les condamne, dit Célestius, selon le jugement de votre prédécesseur de bienheureuse mémoire, le pape Innocent. » Cependant Zosime, l'ayant pressé de condamner ce qui lui était imputé par Paulin, Célestius

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