CONCILES AU SLJET Dl PKLAGIA.MSME
explicative ^. L ne lettre de Praïle, sueeesseur tle Jean de Jérusalem, écrite en laveur de Pela|;e elait arrivée à Uonie ; /osiine fît lire ces documents devant le concile et t-nvoya aux Africains une seconde lettre disant en résumé que Pélaj^e et Céleslius s'étaient justifiés de la manière la plus complète, l'un et l'autre ayant reconnu la nécessité de la isriue. Héros et Lazare étaient au contraire de méchantes gens, et il était très regrettable que les Africains se lussent laissé induire en erreur par de si misérables délateurs ~.
A la réception de ces lettres, dont la seconde avait été écrite au mois de septembre 'il 7, les évèques africains se réunirent, en toute hâte, en concile à Cartilage, à la lin de 417 ou au commencement de 418 -^j et ils déclarèrent au pape, dans leur lettre synodale, que la
s'y refusa. Le pape ne voulut pas absoudre Célestius et remit sa décision à deux mois. 11 se montra moins palieul à l'égard de Héros et Lazare, contre lesquels il usa de la plus injuste sévérité. Quoiqu'absents il les jugea, les priva de l'épiscopat et les excommunia. La lettre de Zosime aux évèques africains fut envoyée un peu avant le 11 des calendes d'octobre. Cf. II. Leclercq, L'Afrique chrétienne, t. ii, p. 123-124. (H. L.)
1. Elle se trouve dans l'appendice du t. x de 1 édition des OEuvres de S. Augustin, par les bénédictins (ie Saint-Maur ; et dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 355 ; Baronius, ad ann. 41', n. 31 ; en allemand, dans Fuchs, p. 363 sq.
2. Mansi, op. cit., t. iv, col. 353 : Baronius, adanuum 417, n. 25 sq.
3. Les lettres écrites de Rome arrivèrent à Carthage ; quelques évèques s'y trouvaient rassembles soit fortnilemcnt, soit par suite d'un entente pour rédiger la réponse. Ces évèques éla ent en nombre pour former un concile, car Zosime répondant à leur lettre, adresse sa réponse à Aurèle et aux autres évèques présents au concile de Ciirthage. Ce qui est très vraisemblable, c'est qu'au reçu des lettres de Zosime, Aurèle convoqua les évèques des sièges les plus rapprochés. Proconsulaire, Byzacène, Nuraidie, afin de délibérer avec lui sur une alîaire de cette importance. Pour ne pas perdre de temps, dès que les plus proches furent arrivés, on aura écrit à Zosime alin que, s'il était possible, sa réponse arrivât au moment où tout le monde serait rendu à Carthage. Les évèques vinrent au nombre de deux cent quatorze. Saint Augustin qualifie à plusieurs leprises cette assemblée de « concile d'Afrique J, peut-être parce qu il réunissait les é\èques de la plupart des provinces, bien qu'elles n'y fussent pas toutes représentées. On devait être au commencement de novembre puisque le sous-diacre Marcellin, qui devait porter à Rome les décisions du concile, préparait son départie 6 des ides de ce mois. Toutefois, rien ni> prouve qu'à raison de l'importance des questions à débattre, les sessions ne se soient pas prolongées au delà de celte date. Le concile porta des décrets et des constitutions qui entrèrent depuis dans le code du droit romain. Ces décrets fournissent la matière de huit ou neuf canons africains contre l'hérésie de Pelage ; canons faussenn;nt attribués par l'IIis/jaiia au concile de Milève — nous l'avons vu — tandis qu ils furent formulés par le concile de Carthage, tenu eu
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sentence prononcée par Innocent demeurait entière jusqu'à ce que les deux hérésiarques aient reconnu explicitement leurs erreurs i. Les Africains envoyèrent cette lettre par le sous diacre Marcellin ; le pape Zosime y répondit par une lettre du 21 mars 418, dans laquelle il prétend avoir examiné à fond l'affaire des pélagiens, et annonce qu'il a envoyé aux Africains tous les documents de cette affaire, pour que tous pussent la discuter en connaissance de cause ^.
119. Concile général d'Afrique ou seizième concile de Carthage en 418.
Cette lettre fut remise aux Africains le 3 des calendes de
mai 418. La lettre jointe aux décrets était adressée à Zosime, on y lisait : (( Nous avons décidé que la sentence prononcée contre Pelage et Céleslius par le vénérable évoque Innocent demeurait entière, jusqu'à ce qu'ils aient avoué, par une confession très claire, que la grâce de Dieu, par Notre-Seigneur Jésus- Christ, est nécessaire, non seulement pour connaître, mais pour pratiquer la justice ; qu'elle nous aide dans chacun de nos actes, en sorte que, sans elle, nous ne pouvons ni avoir, ni penser, ni dire, ni faire quelque chose qui appartienne à une piété vraie et sainte. » Ils ajoutaient que la manière dont Célestius s'était expliqué touchant les lettres d'Innocent était insuffisante ; il lui fallait ouvertement jeter l'anathcme sur son propre livre. Faute de cela on s'exposait à entendre les fidèles peu instruits imputer au Saint-Siège les erreurs contenues dans ce livre. Dans ces lettres les évêques africains rappelaient le jugement du pape Innocent sur le concile de Diospolis et s'efforçaient de faire enfin comprendre au pape Zosime les finesses et les subtilités de la profession de foi de Pelage. Zosime leur avait reproché d'ajouter foi trop facilement à la parole des accusateurs de Célestius, ils lui reprochaient à leur tour d'avoir cru trop aisément l'hérétique. Enfin, ils exposaient tout ce qui avait été fait auparavant parmi eux au sujet de l'affaire de Célestius. C'est pourquoi Zosime ne leur cache pas que cette épître lui a paru une sorte de volume un peu long. On fixa à l'année suivante, peu après les fêtes de Pâques, la célébration d'un concile géné.-al de toutes les provinces d'Afrique. Il ne reste rien des écrits que les évêques d'Afrique envoyèrent à Zosime. (H. L.)
1. Ce fragment de la lettre synodale se trouve dans Prosper, Contra collatorem, c. v, P. Z., t. li, col. 225. Elle a été imprimée dans Mansi, op. cit., col. 376 et 378 dans la note a. Voyez aussi Augustin, De peccato originali, c. VII, VIII, et Ad Bonifac. lib. II, c. m. P. L., t. xliv, col. 389.
2. Voyez cette lettre dans l'appendice du 10"= vol. des OEuvres de S. Augustin, et dans Mansi, op. cit., t. ii, col. 366. [Dans cette réponse le pape exalte sa dignité en termes magnifiques : (c Notre autorité étant telle, dit-il, que personne ne peut s'éloigner de notre jugement, nous n'avons rien fait que de notre propre gré. î (H. L.)]