CONÇU. r gkxkral d'afrique
mai 418 et le l*-'"" mai s'om i il ilans le Secr-etariam basilica; Fausli à Caithanre. un concile général ordinairement désigné sous le nom de XVI" concile de Carthage, sous Aurèle (c'est ci' (juc lait le concile célébré à Carthage en r)25), quoiqu il (allùl, d"a])rés ce qiuî nous avons démontré plus haut, lui donner un chiflre plus élevé. Toutes les provinces de l'Afrique et de llispagne y envoyèrent des députés ; et on n'y compta pas moins de Ai^ux cenls évè([ues ^.
1. C'est ce que dit un ancien Codex du proœmium de ce synode, dans Mansi, l. IV, p. 377 et dans Balleriui, S, Leonis Magni, Opéra, t. ni, p. 165. [Le concile dn le mai ilS, outre Aurèle de Carlliagc et Donatien de Tlielepte, primat de By/acènc, comptait deux cent trois évoques. Plioliiis en compte deux cent \ ini,'l-quati'c, outri- Aurèle et Donatien. Dans ce concile furentrédigés les huit canons (juc les auteurs et Baronius attribuaient au concile de Milève de 416. Un manuscril de Gand consulté par les bénédictins et Photius les lui attribuent également. Le oc, le 4' et le 5« canon sont cités par le pape Célestin comme canons du concile de Carthage ; de plus, la lettre du concile de Milève au pape Innocent ne dit rien de ces canons bien qu'ils eussent dû lui être envoyés pour être conlirmés par lui. Il y a plus, ce concile de Milève ne demandaitau pape que de condamner deux erreurs des pélagiens, l'une sur le péché originel, l'autre sur la nécessité de la grâce, et cependant les trois derniers de ces canons frappent d'analiième ceux cjui détournent de leur sens légitime les paroles de saint Jean, de saint Jacques et du Pater nosterj pour n'être pas obliges d'avouer que les justes en celte vie ne sont pas exempts de péché. De même, les cinq évèques qui, après le concile de Milève, écrivent au pape Innocent, ne défendent pas absolument de dire qu'un homme peut, avec le secours de la grâce, être sans péché dans celte vie, pourvu qu'il n'attribue pas i lui-môme une si grande perfection de sainteté. Ils pensent que ce point demande un nouvel examen. Enfin saint Augustin dans son traité De gestis Pclagii^ publié peu après le concile do Milèvo, met celte question au nombre de celles qu'on ne dispute pas avec les hérétiques, mais qu'on doit paisiblement examiner entre catholiques.
Dans la collection africaine on ne lisait que huit canons de ce concile, savoir : les deux premiers sur le péciié originel, les trois suivants sur le secours de la grâce et les trois derniers sur l'exemption du péché. De très anciens manuscrits en contiennent un neuvième qu'ils placent le troisième et par lequel sont condamnés ceux (jui assignaient aux enfants morts sans baptême, un certain séjour de félicité hors du royaume de Dieu et en dehors aussi de la société des démons ; Photius reconnaît ce canon et lui assigne la même place. On trouve aussi un passage de saint Augustin [De anima el cjtis origine, c. XII, II. 17) affirmant que les nouveaux hérétiques pélagiens ont été avec raison condamnés par les conciles catholiques, el par l'aulorité du Siège apostolique, pour avoir eu la témérité d'accorder aux enfants morts sans baptême un lieu de salut et de repos, même en dehors du royaume des cieux. C'était vers la fin de l'année 41'.( que sainl Auguslin parlait ainsi. Il est donc probable que le concile d'Afrique de l'année précédente, avait informé Zosime do ce faux-fuyant des
Ils rédigèrent huit (ou neuf) canons contre le pélagianisme, et onze autres contre les donatistes, ou bien d'un intérêt général ; ils ont été insérés dans le Codex canonum Ecclesiœ africanœ depuis le n. 108 jusqu'au n. 127^.
Can. 1*"" (109'' dans le Codex canonum Ecclesix africanœ). Quiconque dit qu'Adam a été créé mortel , en sorte que, pécheur ou non il serait mort ; ainsi que sa mort n'a pas été le salaire du péché, mais une nécessité de la nature ; qu'il soit anathème.
Can. 2* (110"). Quiconque dit qu'il n'est pas nécessaire de baptiser les nouveau-nés, ou que, si on doit les baptiser, ce n'est que pour la rémission des péchés, car ils n'ont pas en eux le péché originel transmis d'Adam (à ses descendants), lequel péché originel serait lavé par le bain de la renaissance, si bien que, pour les enfants, la formule du baptême « pour la rémission des péchés » n'aurait pas de sens proprement dit, ou aurait un sens impropre, que celui-là soit anathème : car, d'après l'épître aux Romains (v, 12), la faute d'Adam est imputable à tous ses descendants (m quo omnes peccaveruni) .
Après le 2" canon, on lit dans plusieurs manuscrits et dans quelques éditions, en particulier dans le très ancien Codex des Ballerini le 3" canon suivant : « Quiconque dit que, dans le royaume des [117] cieux, ou ailleurs, il existe un lieu intermédiaire où les enfants morts sans baptême vivent heureux [béate çivant)^ tandis que sans le baptême ils ne peuvent pas entrer dans le royaume des cieux, c^està-dire dans la vie éternelle, qu'il soit anathème. » Comme ce canon n'a été connu ni d'Isidore ni de Denys (dans la Collectio canonum Ecclesiœ africanœ), son authenticité a été mise en question ; les Balleriiii l'ont défendue avec beaucoup de bonheur en se servant de Photius et de Ferrand ^. D'après cela ce n'est pas huit mais neuf canons que le concile aurait portés contre les pélagiens. Nous conservons cependant dans les canons qui suivent l'ordre accoutumé.
Can. 3" (111"), Quiconque dit que la grâce de Dieu, qui justifie
pélagiens et que cette doctrine avait été condamnée, et par les évèques d'Afrique dans le concile de 418, et par le pape dans son épître comminatoire {iractoria). (H. L.)
1. Mansi, op. cit., t. m, col. 810-823, et t. iv, p. 377 ; Hardouin, op. cit., t. I, col. 926 sq. Dans Ballerini, dans S. Leonis Magni, Opéra t. m, p. 165 sq. ; en allemand, dans Fuchs, p. 373 Van Espen a donné un commentaire de ces canons, Commentai-, in canones^ Coloniœ, 1755, p. 373 sq.