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Lorsque le pape apprit \v im-coiitcnlcmcnt des Airitaiiis, il envoya trois légats à Carlhage, 1 évè(pie l'aiisliii, de Pulciitia, dans la niarehe d'Ancùne, et li's deux prêtres romains Philip^je et Asellus. L archevêque Aurèle réunit aussitôt avant la fin de Tannée 'ilS les évAques voisins en un petit eoneilc de\anl lc(|iicl les lc;j,;'.ls du pape (irent eonnaitre, il'ahord de vi\c voix, ee ([ii ds demandaient, et, sur les instances réitérées des A Irieains. lurent ensuite leurs insli-uetions ùcviivi!. (rom/f/oni/oriii/n), cpii leur en joip;naieut de traiter avec les Africains sur quatre points :
a) Sui' le droit dappel des évè(|iies à Uonie.
ù) Sur le nombre excessif d "évé(|ues qui se rendaient à la cour.
c) Sur ce que les aU'aiies des prêtres et des diacres, injustement excommuniés par lenis propres (■•\è(pies, devaient être jugées par des évèques voisins.
d) Les légats avertissaient Urbain, évccpie de Sicca, que s'il ne s'améliorait pas (c'est-à-dire s'il ne réformait pas son jugement au sujet d'Apiarius), il serait excommunié ou appelé à Rome ^.
Le 2" de ces quatre points ne souleva aucune difficulté ; quant au 1"" et au 3°, le pape avait voulu les motiver par de prétendus canons de Xicée, mais que, ainsi que nous l'avons vu plus haut, il citait sous ce nom des canons de Sardique 2. On s'explique dès lors que les
1. C'est ce que nous apprend la lettre écrile au pape Bonilace par le synode de Carthage de 419. Mansi, op. cit., t. m, col. 831 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 942.
2. Ils sont ainsi conçus : Can. sardic, 5 (7) : « Lorsqu'un évcque déposé par les évèques de sa province en a appelé à Rome, et que le pa[)e a jugé opportun de l'aire une nouvelle enquêlo, il doil (le pape) écrire aux évèques les plus rappi'ochés de la province en question, afin qu'ils examinent l'affaire avec soin et rendent un jugement conforme à la véi-ilé. Mais si cet évêque qui veut être entendu une fois de plus, parvient à décider l'évèque de Rome à envoyer des prêtres de son entourage, afin que ces piètres, se joignant aux évè(|ues, forment le tribunal en seconde instance, et y obtiennent 1 honneur de la présidence qui lui revient (au pape), le pape est libre d'agir ainsi ; mais s'il croit que les évèques suffisent poui- former ce tribunal et rendre celte sentence, il doit faire ce qui lui paraîtrait le meilleur, d
Can. sard., 14 (17) : « Un prêtre ou un diacre exclu par son évêque doit avoir le droit de se réfugier auprès des évèques voisins... pour que son affaire soit exauiinée, et que la décision de son pi-opre évêque soii confirmée ou infirmée, » etc. Sur la bonne loi du pape, prenant lies canons de Sardique pour des canons de IS'icce, voyez ce que nous avons dit dans le le vol., et Tidnngcr Qiiarialschrift, 1852, p. 404. Sur tous ces démêlés entre le pape et les Africains, voyez les auteurs suivants : Yan Espen, Commentnv. in ctinoiies^ Colonia,', 17Ô5, p. 292 sq ; Dupin, De anliqua Kcclesiœ discipl., dissertât. II,
évêques africains ne trouvèrent pas ces prétendus canons de Nicée [122] dans leur exemplaire des actes de ce concile ; ils ne pouvaient savoir que c'étaient là des canons de Sardique, car, particulièrement en Afrique, les actes du concile de Sardique étaient complètement inconnus, ainsi que nous l'avons dit plus haut. Par respect pour Rome, les Africains firent savoir, dans cette même année 418, au pape Zosime, que jusqu'à une plus ample connaissance des prescriptions de Nicée, ils voulaient bien observer les deux canons qui leur avaient été donnés comme étant du concile de Nicée ^.
La mort du pape Zosime, arrivée le 26 décembre 418, occasionna un temps d'arrêt dans toute l'affaire ; mais le pape Boniface, qui lui succéda, reprit de nouveau la question, les rapports entre les légats du pape demeurés tout l'hiver à Garthage et les Africains étant redevenus pleins de cordialité -.
Deux cent dix-sept évêques africains ^, ayant à leur tête Aurèle, se réunirent en concile général le 25 mai 419, dans l'église de Faustus à Cartilage ; ce concile est ordinairement regardé comme le XVPde Cartilage; mais les Ballerini lui donne le titre de XVIP concile ^. Au cours des négociations qui avaient rempli les derniers
§ 3, p. 140 sq. Moguntiœ, 1788 ; Capello, De appellation. Eccl. africanse ad rom. sedem. Romœ, 1722 ; Christ. Lupus dans son De divino ac immohili S. Pétri circa fidel. appellutiones adserlo pri^'il.^dissevt. II ;Melchior Leydecker, Ilist. Ecoles, afric, t. ii, p. 505 sq., cl les Observai, des Ballerini /n I partent dissert. V. Quesnelii dans le 3e vol. de leur édit. de S. Leonis, Opéra, p. 958 sq.
1. La lettre au pape Zozirae est perdue • nous avons cependant le résumé de ce qu'elle contenait par la lettre synodale au pape Boniface dans Mansi et Hardouin, loc. cit.
2. C'est ce que nous fait voir une petite lettre dont le texte est, il est vrai, très fautif, et qui fut adressée par le pape à ses légats. Mansi, op. cit., t. iv, col. 451. l'a extraite d'un manuscrit de Freisingen (Bavière). Cette lettre est datée du 26 avril 419. Elle est donc antérieure d'un mois au synode dont nous nous occupons.
3. Flaccius Illyricus, Historia certaminurn inter romanos episcopos et sextant carthaginensem synodunt... de priniatu seu polestate papx, in-8, Basiliae, 1554 ; Baronius, Annales, ad ann. 418, n. 1-5 ; Pagi, Crilica, a. 2, 7-26, 46-54 ; Conc. regia, t. iv, col. 443 ; Labbe, Concilia, t. ii, col. 1588-1603, 1041- 1050 ; Emm. a Schelstraate, Eccl. afric, y>- 262-269 ; Hardouin, Coll. concil., t. I, col. 1241 ; Coleli, Concilia, t. m, col. 441 ; Mansi, op. cit., t. iv, col. 401 ; Zaccaria, Thés, theolog., 1762, t. x, p. 193-203. (H. L.)]
4. Dans le o® vol. de leur éd. de S. Leonis, Opéra, p. xcviii sq., les Ballerini se sont placés les premiers au véritable point de vue pour se rendre compte de la suite des délibérations de ce synode.