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L^-^j| mois de 418, les Africains avaient jugé indispensable, à cause des canons cités par le pape, de faire des recherches exactes sni- les actes du concile de Nicée ; ol le concile actuel était chargé des démarches nécessaires. Sur la proposition de l'archevêque Aurèle, on lésohit de lire rexemphiirc des actes de Nicée conservé ;i Carthage, ou il avait été apporté par Cécilien de (^arthage, un des Pères de ÏN'icéc. On apporta aussi les documents par lesquels les anciens évèques dWlriquc avaient confu-mé ce (|ui s'était fait :i Xicée, et donné ;i leur clergé des ordonnances en harmonie avec les actes de ce concile. C'est ce que fit le notaire Daniel ; mais le légat Faustin interrompit la lecture de ces pièces, en disant qu'il fallait commencer par lire les instructions (le commonitorium) données parle pape Zosime à ses légats; on s'occuperait ensuite des documents de Nicée et autres. L'archevêque Aurèle approuva cette proposition et le notaire Daniel lut les instructions suivantes : « Zosime évêque, <à son frère Faustin et h ses fils, les prêtres Philippe et Aselle. Vous savez ce qui vous est confié. Réglez tout pour le mieux et comme si nous étions nous-mêmes présent. Pour plus de sûreté, nous ajoutons ici le texte même des canons dont il s'agit. Au concile de Nicée, il a été, en effet, conclu ce qui suit au sujet de l'appellation des évèques : Lorsqu'un évoque déposé par les évêques co-provinciaux en appelle à. Rome, etc. »
On ne lut du commonitorium que ce seul canon, quoicjuc, ainsi que nous l'avons vu plus haut, il en contint plusieurs ; c'est ce qu'indique encore le pluriel : vcrha cnnonum.
Alype, évêque de Thagaste, interrompit la lecture du commonitorium par cette proposition : « Puisque le canon en (juestion ne se trouve pas dans l'exemplaire des actes de Nicée conservé par l'Eglise de Cartilage, et comme, d'un autre côté, les actes originaux de ce même concile de Nicée se trouvent à Constantinople, l'archevêque Aurèle pourrait envoyer des députés aux évêcpies de Constantinople, d'Alexandrie et d'Antioche, pour leur demander des copies fidèles [124] des actes de Nicée. » On écrirait en même temps à Boniface, évêque de Rome, pour {|u'il envoyât, de son côté, des députés à ces trois J'^glises (!t qu'il en tirât, lui aussi, des copies fidèles et méritant toute créance. .lusqu'ii l'arrivée de ces documents, on observerait le canon citi' par les légats du pape, mais on joindrait aux délibérations présentes l'exemplaire des actes de Nicée conservé à Carlhage.
Le légat romain Faustin répondit que le concile ne devait pas porter uu jugement défavorable îi l'Eglise de Rome, parce qu'Alype
regardait ces canons comme douteux ; mieux valait écrire au pape, afin qu'il fit lui-même une enquête sur les véritables canons deNicée et qu'il renouât ensuite les négociations avec les Africains. Si le pape et les Africains conduisaient, chacun de leur côté, leur enquête, les recherches faites dans des villes étrangères feraient croire que les Eglises de l'Occident étaient en désunion. Après la réponse du pape et le résultat de son enquête, le concile jugerait dans un esprit d'amour fraternel, le meilleur parti à prendre ^. »
Sans répondre directement aux paroles du légat, rarchevêque Aurèle répondit que l'on communiquerait au pape ce qui se serait fait au concile, et que, par conséquent, la délibération pouvait continuer. Le concile approuva et l'évêque Novatus, de la Maurétanie Sitifienne, dit se souvenir que le commonitorium contenait aussi, relativement à l'appel des prêtres aux évêques voisins, un canon qui ne se trouvait pas dans les actes de Nicée. Il fallait le lire. Sur l'ordre d'Aurèle, le notaire Daniel lut dans le commonitorium le 14^ ou^ d'après l'énumération latine, le 17® canon de Sardique *.
Après cette lecture, Augustin fit en sa qualité de député de la Numidie la déclaration suivante : « Nous promettons d'observer ce canon, jusqu'à ce que l'enquête sur les actes de Nicée ait donné un résultat. » Tout le concile approuva cette manière de voir et ajouta : « Tout ce que le concile de Nicée a décidé a notre approbation. »
1. Telle esl la traduction qui me parait la plus plausible du discours, assez peu intelligible, de Faustin.
2. Dans le texte de Mansi, op. cit., t. iv, col. 405, on a inséré à la marge : ex sardicensi concilio ; ce qui a certainement été fait à dessein. Le texte le plus correct est cjicore celui des Ballerini, dans Mansi, op. cit., t. iv, col. 422. iLes actes du concile de 419 nous ont conservéla version des canons de Nicée que Cécilien avait fait entrer dans les archives de l'Église de Carlhage. Maassen, Geschichte der Quellen und der Literatur des canonischen Rechis, iji-8, Graz, 1870, p. 9, donne les manuscrits qui ont conservé ces canons. C'est grâce au vote des Pères louchant l'insertion des canons de Nicée au procès verbal de 419 que nous devons de les posséder aujourd'hui. Ce texte latin correspond exactement aux meilleurs textes grecs. Le contenu en est le même : ea tête du document, mention du lieu et de la date, symbole de Nicée, les vingt canons [coiistituLa). Une édition critique en avait été donné par Maassen, op. cit., p. 903 sq. ; elle a été reprise et revue sur de nouveaux mss. par H. C. Turner, Moniunenta juris L'cclesise occidc/italis, iu-4, Oxonii, 1809, t. i, fasc. 1. Cette traduction est presque partout d'une exactitude et d'une précision remarquables. D'après le procès verbal de 419, ou voit qu'elle n'avait pas été élaborée mais « rapportée » en Afrique. Mansi, Concil. ampliss. coll., t. m, col. 707, 710. Elle avait une valeur quasi officielle. En 419, on la lit publiquement devant le concile avec autant de respect qu'un original. (H. L.)]