DOCTRINE SUR l'uNION DES DEUX NATURES, ETC
appli([ua il la christologie des principes de (ric/iolomie (partage en trois), extraits de la psijcJioloi^^ie de Platon, et il soutint que si trois
doclriue dualislc des anliochieus, il tomba dans l'excès opposé, il ouseigna le monopliysismc, c'est-à-dire ruiiion du Veibo à un corps Iminaiu sans ànie et sans intelligence. G. Voisin, l.'apolUnarisme, in-4, Louvain, 1901, p. 15, 56, 57. Apollinaire procédail d Origène quand il enseignait que l'àme Iinniaine est ilouée d lui don particulier île inulabililé qui lui [>ernict de se délourucr de Dieu et «lu bien. D'antre part il réclamait une intime participation du Logos divin dans les œuvres de la création. 11 se séparait en cela de Paul do Saraosate et de l'iiolin ; il y était amené par sa conception du prix infini de la Passion rédemj)trice. Apollinaire prétendait démontrer cotte intînité pu l'allribuant à uu Logos di\ in cpii, levétu d'un corps Iinuiain, avait souffert dans sa nature divine la souH'rance cl la mort. Cette explication ne pouvait se soutenir qu'à la condition de refuser à Jésus une âme pour en faire remplir le rôle par le Logos. Entraîné par la logique de son système, Apollinaire soutint que le Logos s'était li-anslbrraé en une nature passible afin de pouvoir souffrir et mourir. Saint lîasile a reproché, à tori, à Apollinaire, de négliger l'Ecriture pour fonder sa doctrine sur le raisonnement humain. S. Basile, Epist., cclxiii, i, P. G., t. xxxii, col. 980 : ïa-'. [lv* ojv a-JTOÙ xal ta. ir\i OeoÀoyi'a; où/, èx ypotçif/.wv iTTo&îiçEwv, à>,).' èÇ KvOpw-'.vwv àsxopswv TY-;V xaTao-y.îyriv k'yovTa. Apollinaire citait fréquemmcnl le texte : « Le Verbe s'est fait chair» et il en déduisait que le Christ Si; composait du Logos revètii d'une chair sans ùme raisonnable. Grégoire de Xàzian/.e, Epist., ci, P. G., t. xxxvii, col. 176 sq. Un texte, l'épitre aux Philippiens, ii, 7 : « semblable à un homme quant à l'extérieur, » fournissait un autre argument d'après lequel le Sauveur avait l'apparence d'un homme sans en avoir la réalité. S. Ambi-oise, Epist., xlyi, H, P. L., t. xvi, col. 1048; Grégoire de Nysse, Antinhelicus, xxi, xxiii, P. G., t. xi.v, col. 11G4, 1170. Le parli faisait grand cas de saint Jean clipz qui il prétendait trouver la doctrine de la transformation nettement formulée. A vrai dire, les textes cités étaient à peu près les seuls dont la doctrine nouvelle pût se réchimer. Les apoljinaristes invoquaient en oulre le principe philosophique que deux êtres complets et séparés ne pouvaient s'assembler jusqu'à former un être unique, ce (jui visait le Logos et l'àme humaine. Enfin, d'a|>rès saint Grégoire de Nazianze, ils soutenaient qu'un seul et même corps ne pouvait contenir deux principes spirituels comme supports de la personnalité. A côté de ces erreurs relatives à l'àme de Jésus, — erreurs prestement réfutées par les Pères cappadociens — il s'en produisait d'autres relatives au corps du Sauveur. L'àme humaine du Christ une fois congédiée, les apoUiuaristes s'apercevaient qu'ils n'avaient plus rien qui formât trait d'union entre le Logos et le corps ; il se produisait un vide qui ne pouvait être comblé qu'en rapprochant d'une autre fat^-on les deux termes extrêmes. On faisait, en conséquence, du corps du Seigneur un corps céleste et éternel, ou bien on soutenait sans preuves qu'il avait été consubst^utlel au Logos. Toutes ces opinion'' aboutissaient à la négation de la maternité divine puis([ue, suivant la théorie renouvelée de Valentiu, le Christ n'avait fait que passer dans le sein de Marie comme on traverse uu canal. Saint Epiphane ajoute ([ue les apoUiuaristes étaient infectés d'opinions millénaristes ; saint Grégoire de Nazianze leur reprochait d'onsei-
facteurs, corps, Ame, et esprit, constituent l'homme ordinaire, de même l'Homme-Dien comprend aussi trois facteurs : le corps, l'âme et le Lo^os, ce dernier tenant la place de l'esprit humain ('ï:v£!j[ji,a), et ne faisant qu'un avec les deux facteurs inférieurs. Apollinaire en arrivait ainsi à formuler l'union de l'humanité et de la divinité dans le Christ de sorte qu'elles ne se trouvaient plus simplement face à face ou côte à côte, et il tenait son explication pour obligatoire. Si l'on attribue au Christ un t.^vj^ol humain, disait-il, il faudra lui attribuer la liberté^ par conséquent la mutabilité [-zb TpsTzvbv), ce qui compromet la sûreté de notre rédemption. On ne sauvegarde cette rédemption et on n'arrive à une conception intelligible de l'union des deux natures que par la négation du r.vtX)]i.a humain dans le P'^J Christ 1. Apollinaire n'apercevaitpasque son raisonnementdétruisait l'Homme-Dieu, et sapait par 1« base l'humanité réelle du Sauveur. L'apollinarisme fut démasqué et combattu par plusieurs docteurs de l'Église, en particulier par saint Athanase, saint Grégoire de Nazianze, saint Grégoire de Nysse et saint Épiphnne qui affirmèrent tous la réelle humanité de ce Christ, dont ils avaient proclamé la divinité. Ils montrèrent la nécessité pour le Christ de posséder une âme humaine semblable à celle des autres hommes. Lorsqu'ils parlèrent du mode d'union des deux natures, leurs expressions demeurèrent vagues, peu intelligibles, parfois mêmes inexactes. Ainsi, saint Épiphane qui condamne l'expression de mélange des natures (c-jy^uo-iç), et la doctrine du changement d'une nature en l'autre (oj -rpaTiciç tyjv oJatv) ^, se sert d'une expression aussi inexacte que celle qu'il rejette. Ta oùo y^epaaaq sic sv c'est-à-dire : « le Christ a fait s'écouler en un (et non pas en une)\es deux natures. » Même contradiction chez saint Athanase. Il désignel'union desdeux naturespar cette phrase devenue célèbre : àGÛyyyTOç ouuvAri ivcoaiç louXb^oo r.pbq TY)v lûiava'j'ou ^z^o\}.éwrty crapxa ^. Saint Athanase nie certainement le régner sur la Trinité une doctrine malséante ; ils auraient comparé le Père, le Fils et le Saint-Esprit au soleil, au rayon et à l'éclat lumineux, et enseigné une subordination du Fils et du Saint-Esprit. Cependant il faut dire à la décharge d'Apollinaire qu'il s'attachait fermement à foi de Nicée. (H. L.)
1. Cf. Dorner, Die Lehre von der Person Christi, 2^ édit., t. ii, p. 40 ; Môh- 1er, Athanasius, t. ii, p. 266 sq.
2. S. Épiphane, Ancovat., § 44 et 81, P. G., t. xliii, col. 96, 169.
3. Les Pères ne laissèrent pas à l'apollinarisme le temps de s'étendre. Dès 371, saint Athanase montra que saint Jean parlait du Verbe « fait chair » comme saint Paul parlait du Christ « fait » malédiclion ; ces expressions n'avaient d'autre portée que de désigner l'action du Fils de Dieu se revêtant