‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 161 sur 407 · DOCTUINE SUR I.'uNlON DES DEUX NATURES, ETC · texte numérisé non relu

DOCTUINE SUR I.'uNlON DES DEUX NATURES, ETC

cie ''. Ce dernier est, à nos yeux, le représentant proprement dit et

proviennent d un Iraitô Tipôç to-j; ffovojdiaffTi;, dirigé contre l'upollinarisme. Cf. Batidol. la littérature grecque, 1896, p. 293-295. (H. L.)

1. Tliéodore, né à Antioche vers H50, élève de Libanius, de Diodore, condisciple et confrère dans le sacerdoce de saint Jean Clirysostonie, vers 383, se retire à Tarse, vers 380 et nionlc, en 392, sur le siè^e épiscopal de Mopsuesle, en (^ilicie ; il l'occupera trenle-lruis ans. Sa répulation est grande, son caractère respecté de tous, s;i doclriiie à l'abri du soupi^on jusqu'en 428, date de sa mort. Cependant le concile d'Éphèse, qui l'épargne et évite de le noniinor, marque le ternie de celte répulaliou doul la célébrité sera postluime grâce aux débals qui se livreront au v^ siècle et au Vi^ concile œcuménicjue qui le condamnera. L'œuvre de Tlièodoi-o ne nous est par\ enuc que p:ir Iragmenls, cf. Hardouin, Coll. coucil., t. m, c<d. 72 sq. ; .Mansi, Concil. ampliss. coll., t. IX, col. 1^31 sq. ; Calbnid, llihliutli. putruin, l. xii, col. ()90 ; Miiiiter, Fragmenta patr. grxcor., llalnia', 1788; P. G., t. lxvi, édition complète pour l'époque des ouvrages de Théodore, m;iis à laquelle il faut ajouter aujourd'Jiui : pour le conim. des ps;ninies, Zeitschrift fur d. alttestameutl. IVissenschaft, 1885, t. Y ; 188(), t. vi ; 1887, t. vu, série de dissertations par Fr. Baetligen, et la publication de Mcrcali : jiour le comni. sur saint Jean, Actes du VIU" congrès interri. des orientalistes, Stockholm, 1893, p.ii, p. 107, par Fr. Baethgen ; Compte rendu du lll^ congrès scient, internat, des catholirjues, Bruxelles, 1895, p. ii, p. 213 par J.-I>. Chabot; pour le comm. sur saint Paul, H. B. Swele, Theodori episc. Mopsuesteni in epist. beati Pauli comm., the latin s'crsion and greek fragments, Cambridge, 1880-1882 ; E. Sachau, Theodori Mopsucsti fragmenta syriaca, in-8, Lipsiac, 1869. Cf. Fritzsche, De Tlieodori Mopsuesteni situ et scriptis, in-8, Hahe, 1837 ; II. Kiher, Tkeodor von Mopsnest und Junilius Africanus als Exegeten, Frciburg, 1886 ; Swete, Tlieodorus. dans Dict. of christ. Oiogr.,i. iv ; Batiffol, op. cit., p. 296-301. La chrislologie particulière de Théodore se trouve bien condensée dans un Symbolum Theodori Mopsuesteni dont les actes du concile d'Ephèse (Mansi, op. cit., t. iv, col. 13'i8) donnent le texte grec sans nom d'auteur et dont Marius Mercator a donné une édition latine, traduction abrégée et réfutation. Le texte grec correct dans A. Hahn, liibliothel; der Symbole und Glaubensregcln der alten Kirche, in-8, Breslau, 1897, p. 302, n. 205, et la traduction de Mercator, p. 30i, n. 216. Il existe quatre versions du texte grec, dans INIansi, Conc. ampliss. coll.., t. iv, col. 13i7 ; t. VI, col, 889 sq. ; t. ix, col. 227 sq. Walch, Bibl. symb., donne les versions l''» et 3", p. 203 sq.

Issus tous deux d'une conception unicjue du christianisme, la conception lucianibte de l'école d'Antioche, l'arianisme et J^le neslorianisme olfi-enl cette particularité notable que le second représente la lut le contre l'exégèse du premier. Le ncstorianisme marque un progrès sur l'arianisme au moins en ce sens qu'il envisage le problème de l'iiumanité et de la divinité du Christ d'une manière tout ensemble plus étendue et |)lus approfondie. Les iicstoriens faisaient grand cas de l'Anliocliicu Uiodore chez qui ils retrouvaient leurs idées principales. iJiodore admettait un parfait Fils de Dieu et un parfait Fils de David (tîXsio; T:yj a!(i>v(ov ô Vio;, riXsiov tov dx AaS'io àvsiXri^îv l'tb; (r)îo-j -jiov Ay.otS, Ads'crsus .Syiiousiastas, 1. i, J'. (,'., t. r.xxxvi. col 1385), de sorte que le Fils de Difti n'était

l'interprète le plus autorisé de cette école, qui, occupée à rectifier les idées de Diodore, se trouva amenée à construire un nouveau système christologique.

pas devenu homme, mais avait simplement habité dans la descendance de David (xaTwxTjxévat). Le Fils de Dieu ne doit pas prendre le titre de Fils de David et l'homme né de Marie n'a pas droit, il n'a reçu que par faveur gratuite le nom de Fils de Dieu. Xapirt YVoç à s-/, ilapi'a? avOpwTro;, ç'jo-st Sa à 0eoç Aoyoç, Id., col. 1388. Le Fils de Dieu n'a pas eu deux naissances, mais celui qui dans son être est engendré par le Père s'est préparé dans le sein de Marie un temple où il est né d'elle. On voit ce que, d'après ce système, il peut rester du titre de « Mère de Dieu ». Cette doctrine semble toutefois n'avoir pas attiré bien vivement l'attention. C'est Théodore de Mopsueste qui est le véritable inspirateur de Neslorius. Dans sa réfutation de l'apollinarisme il ne se contenta pas de soutenir l'intégrité de la nature humaine, il Ht de celle-ci, pour lui donner plus de consistance, une personne particulière, à côté de celle du Logos. « Si, dit-il en propres termes, nous suivons vos règles et mêlons toutes choses, il n'y a plus de différence entre la forme d'esclave, entre le temple habité et celui qui l'habite, entre celui qui est éteint dans la mort et celui qui le ressuscite, entre celui qui est achevé par la souffrance et celui qui l'achève, entre celui qui est abaissé en face des anges et celui qui l'abaisse, entre celui qui est couronné d'honneur et de gloire et celui qui le couronne. Cette différence doit être sauvegardée, chaque nature doit rester insoluble en soi et dans son être. » Mansi, op. cit., t. ix, col. 203 sq. Les deux natures deviennent bientôt deux personnes achevées car, selon Théodore, on ne peut concevoir la nature humaine complète que comme une personne : Quando etenini naturas discernimus, perfectam naluram Dei Verhi diciinus et perfectam personam : nec enim sine persona est, suhsistentiani dicere perfectam : perfectam autem et hominis naturam, et personam similitcr. Quando autem ad conjunctionem respicimus, unam personam tune dicimus. Mansi, op. cit., col. 215. L'explication que donne Théodore de l'incarnation comme d'une habitation du Logos dans l'homme Jésus est peu claire : « Nous souteuons, dit-il, de la façon la plus déterminée que le Logos s'est incorporé un homme ; mais nous tenons à folie de dire qu'il est devenu homme. Si saint Jean (i, 14) dit que le Logos est devenu chair, il ne faut pas l'entendre à la rigueur des termes, parce qu'autrement le Logos aurait dû se transformer en chair et c'est ce que l'Évangile ne veut pas. L'expression est empruntée à l'apparence des choses ; que le Logos ait pris la chair, ce n'était pas l'apparence. Ce qui l'était, c'est qu'il le fut devenu. » Cette habitation n'est pas une habitation quant à l'être ni même quant à la toute-puissance, mais une habitation par la grâce et le bon plaisir. P. G., t. Lxvi, col. 972, 973. L'habitation du Logos dans le Christ est très différente de celle de Dieu dans les âmes des justes, mais ce n'est pas une différence de nature ou de qualité, mais seulement de degré. Dieu habite plus ou moins dans chaque juste selon son bon plaisir et les mérites personnels de ce juste ; le Logos habitait d'une f.içon plus parfaite dans le Christ et à chaque instant progressive. Après la résurrection cette union a été portée à un point tel que la nature humaine participa désormais à to;is les honneurs de la nature divine,

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