DOCTRlNi: suit LIMON DICS DKLX NAIL'UES, ETC
Contrairement aux idées clApollinaire, Théodore partit de ce principe qu'il soutint opiniàtremeiil , (jiie l'on devait attribuer au Sauveur la liberté morale, puis([u'on devait lui altiibuer aussi une humanité complète ; mais, pour éloigner, autant que possible, du (Christ cette mutabilité <]ui est comprise dans l'idée de liberté et qui pouvait scandaliser, Théodore ne fit pas consister la liberté dans la faculté de choisir ; il (b'velojipa la conception d'une liberté morale plus haute, consistant dans 1 immuable barmoiiie de la volonté humaine avec la volonté divine, et il attribua à la uattiit- humaine du Christ une liberté ainsi entendue el (jui, de lait, était 1 exclusion de tout péché ; jusque-là il avait raison. Mais il considéra la réunion du divin et de riuimain dans le Christ, dans le sens de èvo(y,Y;7i;, c'est-à-dire dhabitation, parce que l'idée du Christ l'ait homme identifiée avec la transformation du Lo<ros en un homme, était pour lui un non-sens ; or, pensait-il, lorsque Dieu habite dans quelqu'un, il n'y habite pas selon sa substance, pas plus que selon ses forces, mais simplement par son bon plaisir (sjcoxia). Dieu n'habite
même à l'adoration. Le progrès de celte union toujours accrue de l'homme Jésus et du Logos dépend des mériles du Seigneur ; le point d'attaclie de celle union dépend même au moment de la conception de Jésus de la prévision des mérites humains. /-•. G., f. lxvi, col. 980. C'est pour avoir pré\u la \c'rtii du Seigneur que le Logos a voulu dès le premier instant habiter en lui et s'unir à lui par affection de la volonté. Dès le commencement de cette habitation, lequel se confond avec le commencement du Christ, une volonté droite lui fut assurée par la grâce divine parce que Dieu prévoyait ce qu'il serait, et Dieu par le fait de son habitation, coopérait avec l'homme Jésus à notre saint à tous. Aussi personne ne peut dire qu'il est injuste qu'à cet homme qui a été pris par le Seigneur, il ait été fait des dons particuliers. Mansi, Conc. nmpliss. coll., t. IX, col. 221. Hefele montre bien ce qu'une telle conceplion de l'union du Logos divin avec 1 homme Jésus offrait d'inconciliable avec la t commmunication des idiomes », puisque Théodoret se C(jiiteiitail dune simple union morale. Cette négation de la communication des idiomes permet d'apercevoir très clairement comment les piincipes de Théodore étaient en contradiction avec ceux des Pères de l'Eglise, car il en arrivait sur ce point à la négation formelle du dogme de l'Incarnation. Voici un passage caractéristique sur la maternité divine de Marie : « Qu'on nous demande si Marie est mère de l'homme ou mère de Dieu et nous répondons qu'elle est l'une et l'autre. L'une, en effet, par la nature des choses, l'autre par suite d'un rapport ; elle est mère d'un homme par nature, parce qu'un homme a été foi-mé dans son sein et est né d'elle ; et mère de Dieu, parce (jue Dieu se trouvait dans 1 homme qu'elle a engendré, non pas dans ce sens que Dieu y fût enfermé dans sa nature, mais il était en lui par l'inclination tie son intention. » /'. C, t. i.xvi, c(d. 092. (H. L.)
pas de la même manière dans tous les justes, il y habite d'une manière conforme au degré de l'ejooy.îa divine. Dans le Christ, ce degré d's'jooxia est plus élevé que dans tout autre juste. Pour montrer à l'humanité l'état futur et parfait qui lui est destiné, Dieu créa miraculeusement par le Saint-Esprit, dans le corps d'une Vierge, un homme, et au moment où cet homme fut formé, le Logos s'unit à lui. Quelque temps après le Logos conduisit cet homme au baptême, ensuite à la mort ; puis il le ressuscita, le conduisit au ciel et le fit asseoir (à cause de son union avec lui) à la droite du Père; c'est là que tous le prient (lui homme), et c'est de là qu'il [j-'*6| viendra juger les hommes.
Celui qui s'efforce de pratiquer la justice s'unit de plus en plus avec Dieu ; c'est aussi ce qu'a fait le Christ. Son union avec le Logos a commencé dès sa conception et sa naissance, elle s'est faite de plus en plus intime, et son humanité, devenue la demeure constante du Logos, s'en est trouvée élevée, fortifiée et préservée de toute erreur. Cette union a été confirmée et affermie dans les tentations et les souffrances du Christ, et elle a été achevée, lorsque, après sa mort, le Christ a changé son état de bassesse contre les splendeurs de la gloire.
Si l'union du divin et de l'humain dans le Christ est comparée à l'union de la divine eùooxia avec chaque juste, ces deux unions sont cependant très diverses pour le fond, et le Christ ne peut en aucune manière être comparé aux hommes. En effet, il les surpasse tous, «) par sa naissance surnaturelle, h) par son impeccabilité, c) par l'habitation en lui, non seulement de l'sjooyia de Dieu, mais du Logos, c'est-à-dire Dieu lui-même, seconde personne de la Trinité, et ^) le Logos s'est uni d'une façon si étroite à cet homme, qu'il l'a mis en part de tous les honneurs auxquels le Logos seul avait droit.
De cette manière, Théodore conservait les deux natures dans leur intégrité et établissait entre elles une division fondamentale ; c'était bien son dessein ainsi qu'il l'avoue: « Le mélange ne convient pas pour les deux natures, il existe une différence entre une forme d
divine et une forme d'esclave, entre le temple et celui qui l'habite, entre celui qui est vaincu par la mort et celui qui ressuscite ce vaincu, entre celui qui a été achevé par les souffrances et celui qui la achevé, etc. Il faut tenir compte de cette différence ; chaque nature demeure indissoluble en elle-même et dans son être ^. » Mais