‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 171 sur 407 · J\ /.., t. xLviii, col · texte numérisé non relu

J\ /.., t. xLviii, col

2. Hardouin, Coll. concil., t. i, col. lo31 : Mansi, Conc. ampliss. coll., t. v, col. 572.

3. Socrate, Hist. eccles., 1. VII, c. x.kxii, P. G., t. lxvii, col. 808. Cet Anastase avait été attaché par ÎS'eslorins à sa personne eu qualité de syncelle, c'està-dire de conseiller-secrétaire intime. Ce fut en présence du patriarche que le prédicateur avertit son auditoire de ne pas appeler Marie, mère de Dieu. La scène était préparée entre le syncelle et le {)atriarche, les termes étaient convenus d'avance. (H. L.)

1. D'après Cyrille d'Alexandrie, Epist., 1. VI, epist. ix, dans Mansi, op. cit.^ t. iv^ col. 101'*, Dorothée, probablement l'èvèque de Marcianopolis, tut le premier à attaquer le tliéoiocos.

5. Pendant la soirée et les jours qui suivirent le discours d'Anastase. il ne fut question dans la ville que des doctrines de l'entourage du patriarche. Les laïques et le clergé n'étaient pas moins émus que la cour impériale. Les amis de Nestorius s'inquiétèrent des conséquences possibles de l'incartade et lui firent sentii- la nécessité d'une explication prompte et catégorique donnée en public afin d'apaiser les esprits. Nestorius accueillit leurs avis et fixa son prochain discours au 25 décembre. Ce jour-là, la multitude s'était transportée à la basilique. Nestorius prêcha sur la Providence et les inénarrables desseins de Dieu touchant l'homme. Il rappela 'le premier péclic et la nécessité d'une rédemption et dit soudain : « J'ai été averti depuis peu que plusieurs d'entre vous souhaitaient apprendre de moi-même s'il faut donner à la \ierge Marie

quelques-uns même l'accusèrent, mais bien à tort, de partager les erreurs de Paul de Samosate, et de ne voir dans le Christ qu'un homme *.

D'après cela, Nestorius n'aurait pas trouvé à Constantinople la question déjà engagée ; c'est lui qui, avec Anastase, l'aurait soulevée. Les sermons qu'il prononça à cette occasion nous sont, en partie, parvenus -; ils montrent très bien l'erreur des historiens qui

le titre de Mère de Dieu, theotocos^ ou de mère de l'homme, anlhropotocos. Que ceux qui m'ont fait la demande écoutent ma réponse. Dire que le Verbe divin, seconde hypostase de la 1res sainte Trinité, a une mère, n'est-ce pas justifier la folie des païens qui donnent des mères à leurs dieux ? La chair ne peut engendrer que la chair, et Dieu, pur esprit, ne peut avoir été engendré par une femme, la créature d'ailleurs n'a pu enfanter le créateur. » A l'appui de cette assertion il cite le paL^sage de saint Paul : Par un homme la mort, et par un homme la résurrection ; et cet autre passage de l'épître aux Hébreux, VII, 3 : sans père, sans mère, sans généalogie. « Venir nous soutenir le contraire, ajoutait Nestorius, c'est soutenir que saint Paul en a menti. Non, Marie n'a point enfanté le Dieu par qui est venue la rédemption des liommes, et le Saint-Esprit n'a point créé le Verbe divin, hypostase comme lui de la Trinité, Marie a enfanté l'homme dans lequel le Verbe s'est incarné ; elle a engendré l'instrument humain de notre salut. Le Verbe a pris chair dans un homme mortel ; mais lui-même n est pas mort, et il a ressuscité celui dans lequel il s'est incarné. Jésus est cependant un Dieu pour moi, car il renferme Dieu. J'adore le vase à raison de son contenu, j'adore le vêtement à raison de ce qu'il recouvre, j'adore enfin ce qui m'apparaît extérieurement à cause du Dieu caché que je n'en sépare pas. » (H. L.)

1. Voici l'opinion de Socrate, Ilist. eccles., 1. VII, c. xxix, P. G., t. lxvii, col. 801 sq., sur les origines du nestorianisme. « Quand j'ai lu, dit-il, les écrits publiés par Nestorius, j'ai trouvé dans cet homme une profonde ignorance. Je parle avec sincérité, je n'ai pas recherché ses défauts dans une pensée de haine. Je ne tairai même pas, pour plaire à certains, ce que j'ai relevé de bon en lui. Je crois que Nestorius n'était d'accord ni avec Paul de Satnosate, ni avec Photin, ni même qu il soutienne que le Christ était simplement un homme, mais il a pris peur du mot « mère de Dieu » comme d'un épouvantail. Ce qui en lui n'a pu arriver que par défaut de science, car bien qu'à raison de son talent naturel d'élocution on le tînt pour savant, en réalité il était assez peu instruit. Il ne jugeait même pas les écrits des Pères dignes d'une étude approfondie. Fier de son éloquence il croyait dépasser tous les anciens au niveau desquels il ne pouvait atteindre. » (H. L.)

2. Les sources du nestorianisme qui se sont conservées jusqu'à nous se réduisent à : 1° treize homélies de Nestorius conservées par Marins Mercator dans une traduction latine, P. L., t. xlviii. col. G99-862. Ces homélies ont été prêchées en 429 et 430 ; 2^ deux lettres au pape Céleslin (429), trad. de Mercator ; 3° lettre à Célestius le pélagien (430) ; 4° trois homélies du carême de 429, delà troisième, Mercator en fait deux, ce qui lui permet d'en compter quatre (elle se retrouve d'ailleurs intégralement en grec dans P. G., t, lxi, col 683)*

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