‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 173 sur 407 · S. XESTOIUUS · texte numérisé non relu

S. XESTOIUUS

Christ est double par rapport aux naliires, mais il ne saurait être double (luand il s ajj;it de 1 iiouiifur cpii lui est dû. « Lorsque la

Dieu dcmeuraiil Dieu ne poiivitii moiirir. Il fallait que Dieu se fit hoaiine pour sauver les hommes, et qu'il devînt lout ensemble et notre victime en donnant son s.nng et son corps à la inoit cl nuire pontife, afin de pouvoir s'offrir au Père en nulie faveur cl lui t)(i'fir une victime aussi grande que lui-même, le l'iis de Marie nu été ni seulenienl Dieu, ni seulcmenl homme, il a été Emmanuel, Dieu et homme, sans aucune conlusion, Dieu fait liomme sans changement et sans aîtéralion de la nalure humaine. Soumettre Jésus-Ciirist au péciic' en disant qu'il est un pur liouime, c'est être juif; afiirmer que le Christ elle Verbe divin sont deux, c'est mériter d'èlre divisé et séparé de Dieu même, car on établit par là une quaternité au lieu de la Trinité que nous adorons. > Ce discours provoqua un immense enthousiasme. Quand l'roclus eut lîni, Nestorius se leva pour lui répondre et son discours ne faisait que redire une fois de plus tout ce qu'on a lu dans les notes j)récédeulcs. l.e clergé métropolitain ne lui pas seul .1 afiirmer son dissentiment avec le patriarche. Un joui-, tandis que Xeslorius jiarlait aux fidèles sur ces questions controversées, un assistant se leva dans l'assemblée et dit à haute voix : o Ce i]ue nous entendons là est mensonge et blasphème ; la vérité est que le même Vei"be de Dieu engendré par le Père, de toute éternité, a pris une seconde naissance selon la chair au sein d'une femme pour opérer noire rédemption. J Ayant ainsi jiarlé, rinterru|.teur sortit. L'évêque le poursui>it d injures pendant qu'il se dirigeait vers la sortie, le traita de brouillon, d'ignorant, de misérable. C'était un avocat de Constantinople sur quisa prouesseallira l'attention, lui donnant une auréole de vaillance et d'ortliodoxie, ce qui lui valut, peu de temps après, de devenir évèquc de Dorylée, en Phrygie. A quelques jours de là, un placard fut affiché sur les murs de Constantinople : on y lisait ceci : « Au nom de la Tiès Sainte Irinité, nous conjurons ceux qui liront cet écrit de le porter à la connaissance des évèques, prêtres, diacres et laïques qui se trouvent dans cette ville et de leur en donner copie pour la confusion de l'hérétique Nestorius, lequel est dans les sentiments d'un autre hérétique, Paul de Samosale, anathéraalisé il y a cent soixante ans. 3) Cet avertissement était suivi d'un parallèle des deux doctrines se composant d'extraits des discours du premier et des livres du second. Le placard se terminait ainsi : « Analhcme à qui sépare le Fils de Dieu du Fils de Marie. î Ce placard causa dans la ville une émotion, il fut lu et commenté et un apprit qu'il a\ait pour auteur l'avocat Fusèbe, rintennplcur de Sainle- Sophie. L'assimilation à Paul de Samosale manqua le bul auprès des esprlls rassis, mais l'idée de metlre en accusation Nestorius faisait son cliemin, avec d'autant plus de rapidité que le patriarche recourait à la \ioleiHe contre ses contradicteurs. Ayant réuni quelques évèques autoir de lui, il en composa un conciliabule à l'aide duquel il put porter les décisions les plus arbiliaires sans rencontrer de résistance ouverte. Il suspendit les prêtres de son clergé qui repoussaient sa doctrine, en chassant plusieurs, sans oser toutefois frapper Proclus qu'entourait la vénération publique. Il fit même bàlonuer et chasser par les soldats une assemblée chrétienne. Cette opposition pojiulaire inquiétait peu rs'estorius qui était soutenu par Théodose II et un nombre respectable de courtisans soucieux d'entrer en faveui- et (jui se montraient ardents ncstoriens.

saillie Ecriture parle de la naissance du Christ ou de sa mort, elle ne l'appelle pas Dieu, mais Christ ou Jésus ou Seigneur, dénominations qui conviennent aux deux natures... Marie doit être appelée y^piaxo-^bv-oq, car en enfantant le Fils de Dieu elle a enfanté un homme qui, à cause de son union avec le Fils de Dieu peut être appelé Fils de Dieu. C'est ainsi que l'on pourrait dire : le Fils de Dieu est mort, tandis que l'on ne pourrait pas dire: Dieu est mort... Nous voulons donc maintenir intacte, mais sans confusion, l'union des deux natures ; nous voulons, dans l'homme, reconnaître Dieu et vénérer cet homme uni à Dieu d'une manière divine, ce qui lui donne droit à nos prières ^. »

Dans son troisième discours Nestorius dit: « Les ariens placent le Logos au-dessous du Père ; or ceux qui enseignent le Gso-ixoç et parlent d'une naissance de Dieu vont plus loin et le placent au-des- [153] sous de Marie, à qui il se trouve être postérieur, et donnent une mère mortelle pour auteur à la divinité qui a tout créé. Si son fruit n'était pas un homme, mais le Logos divin, elle n'a pas été la mère de celui qui est né. Comment pourrait-elle être la mère de celui qui est d'une nature différente de la sienne ? Si elle est sa mère, son enfant n'est pas d'une nature divine, mais humaine, car une mère ne peut enfanter qu'un être de même substance que la sienne. Le Dieu Logos n'est donc pas né de Marie, mais il habitait dans celui qui est né de Marie. »

On voit sans peine que Nestorius adoptait le point de vue de son maître Théodore de Mopsueste ; il se préoccupait même moins que lui de dissimuler extérieurement le dualisme des personnes qu'il supposait exister dans le Christ. Plusieurs de ses prêtres se séparèrent de sa communion et l'attaquèrent publiquement, tandis que le peuple criait : « Nous avons un empereur, mais nous n'avons pas d'évêque ! » De simples laïques s'élevèrent contre lui en public ; en particulier un certnin Eusèbe, depuis évêque de Dorylée, qui fut un des premiers à démasquer et à attaquer les nouvelles erreurs. Nestorius les traita de « misérables » 2, requit la police, les fit fouetter et emprisonner. Tel fut, en particulier, le sort de plusieurs moines

Par contre, Pulchérie, dont le prestige et le pouvoir étaient grands, manifestait aiusi que son entourage une aversion sans bornes pour l'hérésiarque. (H. L.)

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