‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 180 sur 407 · Commencement de la lutte entre Cyrille et Nestorius · texte numérisé non relu

Commencement de la lutte entre Cyrille et Nestorius

Les opinions de Nestorius s'étaient vite répandues de Constanti- [157] nople dans les provinces, et, dans la lettre pascale de l'année 429, Cyrille d'Alexandrie crut nécessaire d'exposer, avec clarté et précision, la doctrine orthodoxe '^. Il ne nomma pas Nestorius et ne

1. Le personnage de saint Cyrille d'Alexandrie esttrès discuté. Avant et pendant son épiscopat il prit parti dans des affaires importantes où il eut à déployer toute la vigueur de ses facultés et de son caractère, ce qui exalta chez lui la tendance au commandement et une certaine dureté naturelle qu'il semble d'ailleurs ne s'être guère préoccupé de modérer. Quelques actes de son épiscopat lui ont attiré de sévères jugements : la répression sanglante des émeutes d'Alexandrie, l'opposition à outrance à la réhabilitation de saint Jean Chrysostome dans les diptyques. Cyrille, chargé en 430 d'exécuter la sentence du pape Célestin contre Nestorius, l'aggrave par ses procédés, taudis que par ses formules (les douze anathématismes) il jette l'épouvante parmi les orientaux et provoque la résistance ouverte de Jean d'Antiochc et de Théodoret qui ne s'attendaient pas à une telle dureté de langage. Au concile d'Ephèse, Cyrille fait brusquer la décision avant que tous les évoques soient réunis. Mais de ce coup d'État résulte un schisme. Cyrille s'efforce de l'enrayer. Grâce à sa science théologique consommée, il explique l'équivoque de ses premières formules et rassure ceux qu'il a alarmés. D'une main, Cyrille contient, aux dépens de sa popularité, l'immense armée monophysite qui se flattait de l'avoir pour chef; il tend l'autre à l'Orient syrien, rival traditionnel de l'Egypte. Dans cette attitude, écrit MgrDuchesne, Cyrille est au sommet de sa carrière et de sa gloire: le pharaon est devenu un saint, a Retenons le mot de pharaon, dit Mgr Batiffol, il exprime bien et la puissance de l'évèque d'Alexandrie et le caractère impérieux et véhément propre à Cyrille, toute cette énergie tempérée, il est vrai, par une grandeur clirétienne d'âme et dirigée par un regard d'aigle. Dans l'histoire des dogmes, le rôle de Cyrille n'a de comparable que celui d'Athanase : dans l'histoire de la théologie, saint Augustin est le seul qui l'égale pour l'autorité reconnue de la doctrine. Adversaire de l'origénisme, adversaire des Antiocliiens, il représente bien mieux que les Cappadociens la théologie définitive. » BatifTol, La littérature grecque, in-12, Paris, 1897, p. 309-310. Acta sanct., janv. t. II, 843-85 'i ; 3e édit., t. m, col 459-470 ; Baronius, Annales, 1593, ad ann. 412, n. 45-64 ; ad ann. 415. u. 40-47 ; ad ann. 429. n. 27 ; 433, n. 16 ; ad ann. 439, n. 11-12; ad ann. 444, n. 9-17. Cf. Pagl. Critica, 1689, ad ann. 419, n. 26- 28; ad ann. 429, n. 1 ; aciann. 435, n. 32 ; ad ann. 439, n.3 ; H.Benzelius, Vindicise Cyrille Alexandrini, dans Syntngma dissertationuni, in-4, Londini Gofhorum, 1740; Ceillier, Ilis/.génér. ant. ecclés., 1747, t. xiii, p. 241-407; 2e édit., l. viji, p. 2,':6-366 ; A. Ehrluudt, Die Cyrill von Alexandrien zugeschribene Schrift TzzoX TT,; to-j K-jpjo-j évxvOpwTiri'jcw; cia Werk Theodoret's c. Cyrus ; dans Tub. Theulog. Qnarlals., 1888, t. lxx, p. 179-243, 406-450, 623-653 ; Eine

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