LUTTi: i;ntiik cviim.lk et m-stoiuus
fit aucune allusion à ce qui s'ctait passé à Constantinople ; il montra (juc le Logos s'étant uni à la nature humaine, était né de Marie, mais que la divinité (envisagée en elle-même) ne saurait être née d'elle ^
On avait cherché à répandre le ncstorianisme dans les monastères d Egypte, et des émissaires particuliers s'y étaient employés. Cyrille se préoccupa de les prémunir contre l'erreur; beaucoup d'entre eux étaient de pitovables théologiens, et loi'squ'on leur avait insinué qucKjue erreur, leur multitude et leur grande influence sur le peuple les rendaient très dangereux -. Dans une lettre adressée à ces
uneclile Marienhomilic der lieil. Cyril von Alexandrien, dans liô/n. Quartals., 1881), t. m, p. 117-113; J. Kopallik, Cyrillus von Alexandrie/i, eliie liiogiaphie iiach den Quellen hcarbeitct, in-8. Main/., 1881 ; A. Largent, Saint Cyrille d'Alexandrie et le concile dEphèse, dans h» Revue des quest. hist., 1872, t. xit, p. 5-70 ; Etudes d histoire ecclésiastique, Saint Cyrille d'Alexandrie et le concile dEphèse, in-8, l'aiis, 1892; Die Christologie des heil. Cyrillus von Alexandrien in der rôniischen Kirche, i32-53i, dans Theolog. Quartnls., 1895, t. Lxxvii, p. 421-'i47 ; Aui. Thierry, Nestorius et Eutychès, in-8, Paris, 1878, Tillemont, Méni, hist. ecclés., in-4, Venise, 1732, t. xiv, p. 267-676, 747-795 ; J. A. Dorner, Entwicklungsgeschichte der Lehre von der Person Christi^ in-8, Stuttgart, 1853, p. 64 sq. ; H. Scliultz, Die Lehre von der Gottheil Christi, in-8. Gotha, 1881, p. 109-114 ; F. Loofs, Leontius von Byzanz, in-8, Leipzig, 1887, p. iO-^9 \J. Schwane, Die Geschichte der patristische Zeil, ia-S, Freiburg, 1895, p. 334-351 ; O. Bardenhewer, Palrologie, in-8, Freiburg, 1894, p. 335-343 ; J. Fessier. — B. Jungmann, Inslitutiones palrologix, Œniponle, 1896, t. ii, p. 13-87 ; J. Kohlhofer, S. Cyrilli Atexandrini de sanctificatione, iii-8, Wirceburgi, 1866 ; G. Krùger, Cyrillus von Alexandrien, dans Realencyklopadie fiir protest. Theol. und Kirche, 3» édit. (. iv, 1898, p. 377-381. (H. L.)
1. Le rôle de champion de l'orthodoxie qu'assumait Cyrille s'accordait bien avec son caractère entreprenant et combatif, mais en outre l'occasion était propice pour l'Eglise d Alexandrie d entamer une phase nouvelle de sa rivalité séculaire avec les Eglises syriennes d'où sortait Nestorius. Le conflit aigu à l'occasion de salut Jean Chrysostome avait montré l'ardeur des passions vindicatives du patriarche d'Alexaudiic. Les deux sièges de Constantinople et d'Antioclie faisaient sur plusieuis points cause commune contre le siège d'Alexandrie. Depuis 381, Alexandrie avait été dépouillée du premier rang, conquis sur Anlioclie en 325, au profit de Conslaniinople, et cola pour des raisons exclusivement politiques. On avait cédé, mais la rancœur restait profondément entn'e et toutes les fois que l'occasion se |)résentail d'allaquc-r sur un point délicat l'evèque de Convlantinopio, son collègue d'Alexandrie, l'Egyptien, ainsi qu'on io n'inimait, était le premier prêt. La plainte adressée à Cyril Ir par les ai chimandrites lui fournil l'occasion guettée attentivement depuis que couraient des bruits ficheux sur l'orthodoxie de Nestorius. (IL L.)
2. A mesure que Nestorius prononçait ses discours, il les publiait cl les envoyait partout. Les monastères égyptiens ne furent pas oubliés, « mais là
moines, Cyrille leur fait voir ^ que le grand Athanase s'est servi de l'expression « Mère de Dieu », et que la sainte Ecriture ainsi que le concile de Nicée ont enseigné l'étroite union existant entre les deux natures dans le Christ. Le mystère du Dieu fait homme a quelque analogie avec la naissance de chaque homme. De même que le corps et l'âme d'un enfant naissent en même temps de la femme, quoique, à vrai dire, l'âme considérée en elle-même ne puisse être enfantée, de même le Logos est né en même temps que la nature humaine -. Le Logos envisagé en lui-môme ne devrait pas être nommé le Christ (can. 18), mais on ne devrait pas non plus nommer le Christ ZTo/tzo Deîfer [(izoobpcç), qui aurait pris l'humanité comme un instrument ; on doit l'appeler Dieu devenu véritablement [158] homme (can. 19). — Le corps du Christ n'est pas le corps d'un autre, c'est le corps du Logos (can. 20), c'est à-dire la nature humaine du Christ n'appartient pas à une autre personne humaine, mais la personnalité à laquelle elle appartient, est le Logos. C'était frap-
se produisit uu phénomène étrange parmi les moines. Ces solitaires, séquestrés du monde et habitués à se régler en tout sur la parole de leurs supérieurs ecclésiastiques, apprenasit un beau jour qu'un archevêque de Coustantinople refusait à la Vierge Marie le titre de Mère de Dieu, furent frappés d une épouvante superstitieuse. 11 leur sembla que le ciel se détraquait, qu'il n'y avait plus de rédemption, plus de Christ, plus de salut ; plusieurs allèrent jusqu'à nier Dieu, d'autres devinrent fous. Les abbés de quelques couvents de la Haute-Egypte, effrayés d'un tel état de choses, se rendirent dans Alexandrie pour supplier leur patriarche de leur venir en aide et de redresser par l'autorité de ses instructions l'intelligence des cénobites dévoyés de la droite raison. » Am. Thierry, Nestorius et Eutyckès, in-8, Paris, 1878, p. 32- (H. L.)
1. Epist., II, P. G., t. Lxxvii, col. 41. Répandue à profusion en Orient, cette Lettre aux solitaires débutait par un regret d'avoir à prendre part à la contro" verse. Cyrille s'attachait surtout à mettre en lumière lindivisible unité de la personne du Verbe fait chair : « Celui qui ne voit dans le Christ qu'un pur instrument de Dieu, celui-là, malgré qu'il en ait, lui enlève la réalité de sa filiation divine. Donnez-moi quelqu'un dont le fils excelle à toucher la lyre; mettra-t-il sur le même rang la lyre et son fils ?... Si celui qui est né d'une femme n'a été choisi de Dieu que comme un organe à l'aide duquel devaient s'accomplir des miracles et retentir la prédication évangélique, nommons aussi, il le faut, chacun des anciens prophètes l'instrument de la diviDilé ; donnons surtout ce titre à Moïse... Le Christ ne l'eût emporté en rien sur ceux qui l'avaient précédé, s'il n'avait été comme eux qu'un instrument de la divinité... Et cependant Paul nomme Moïse parmi les serviteurs et il proclame Dieu et Seigneur celui qui, par une économie divine, en vue de notre salut est né d'une femme, c'est-à-dire le Christ... » (H. L.)