‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 187 sur 407 · LLTÏK KMlli: CYlilLLK ET XliSTORIUS · texte numérisé non relu

LLTÏK KMlli: CYlilLLK ET XliSTORIUS

mais Dieu demande de nous la vigilance, et la tradition ecclésiastique me fait un devoir de faire connaître l'état deschoses à Votre Sainteté.J'ai gardé jusqu ici un proloiid silence. Je n'ai écrit ni à Elle ni

Iroublei* uos Eglises et pervcrlir nos peu|)les. Il est vrai que je lue suis lu jusqu'à présent et que je n'ai rien écrit à Noire Sainteté ni à aucun autre de nos confrères touchant révècjue .ulucl de Clonstanlinople, parce que je sais qu'on niaiu|ue ù'ordinaire à quelque chose cjuand on se hâte trop eu ces l'cncontres. .Mais comme je vois cpie les choses sont presque au plus mauvais état où elles puissent être, j'ai cru nécessaire de ronipi-e le silence...

« Dès (jue celui dont je viens de parlci- à Votre Sainteté fut (ait évêquc, au lieu d'adresser de pieuses exhortations au peuple de Constantinople, ses diocésains, et aux étrangers qui abondiul toujours en grande quantité dans cette ville, il ne s'appliqua qu'à prêcher des absurdités, des choses déraisonnables et très didéreulcs de la foi apostolique et cvangélique, que nos ancêtres cnit toujours conservée avec une grande constance et qu'ils nous ont transmise comme iin joyau très précieux. J'ai envoyé à Notre Siiinlelé les homélies cju'il a souvent prèchées et (ju il prêche encore tous les jours ; elle y jugera de la qualité de la doctrine. J avoue avoir en dessein de l'avertir, par des lelties synodales, que je ne pouvais plus être en communion avec une jjersonne qui avait et qui enseignait de pareils sentiments. Croyant néanmoins préférable de lui tendre la main dans sa chute et tic tenter de le relever, puisqu'il était mon frère, je ne l'ai pas admonesté jusqu'à présent ; je l'ai cependant exhorté par lettres de venir à résipiscence et de quitter sa mauvaise doctrine, mais jo n'ai pu rien gagner. Tout au contraire, à peine s'est-il aperçu que, loin d'entrer dans ses sentiments, je l'eu reprenais et je l'exhortais à quitter ce cju'on doit qualifier rêveries plus que dogmes, il a cherché et cherche encore chaque jour à me tendre toutes sortes de pièges. J'ai même perdu l'espoir que j'avais con^'u qu'on pourrait le guéiir et le porter à s'abstenir de ce qu'il a enseigné contre le Sauveur, cjuand j'ai su ce qui était arrivé. N'oici le fait :

« Il s'est trouvé à Constantinople un évêque nommé Dorothée, qui professe les mêmes sentiments que Nestorius et qui est si adonné à la flatterie qu'il est prêt à dire témérairement tout ce que l'on veut pour faire plaisir à ceux dont il attend quelque chose. Un jour que Nestorius célébrait la messe solennelle dans sa cathédrale, Dorothée se leva et eut l'insolence de dire à haute voix : Si quelqu'un appelle Marie, Mère de Dieu, qu'il soit analhème. Aussitôt le peuple jeta un grand cri et se précipita hors de l'église, ne voulant plus demeurer dans la communion d'un homme qui tenait une semblable doctrine. Depuis ce temps, personne à Constantinople, ni peuple, ni religieux ni magistrats, à la réserve de cjuelques malheureux flagorneurs qui lui sont dévoués, ne participe plus avec lui à la sainte table, ni ceux cju'il a amenés d'Antiociie, (jui sont corrompus comme lui, tout le monde craignant que la loi ne soit en danger.

« Pour moi, averti que ses homélies avaient été introduites en Egypte, et (jue certains hommes volages s'échauffaient à en disputer et commençaient à suivre ses erreurs, de peur que le mul, gagnant peu à peu l'i. spril des simples, ne prit racine eu ces contrées, j'ai adressé aux monastères d'Egypte une lettre

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