CHAPITRE I
à aucun autre évêque, au sujet de ce c[ui s'est passé à Gonstantinople, parce que, clans les affaires de ce genre, la précipitation est une faute ; mais maintenant que le mal a atteint son apogée, je crois
catholique, par laquelle j'ai affermi les chancelants dans la foi. Et cette lettre ayant été portée et lue à Gonstantinople. elle y a fait tout le bien imaginable ; plusieurs magistrats m'ont écrit pour m'en remercier. C'est ce qui a le plus irrité Neslorius contre moi. Il me poursuit comme son ennemi juré. Il n a pourtant rien à me reprocher, sinon que je ne partage pas son sentiment et que je ramène à la foi que nous tenons de nos ancêtres et que nous avons apprise des divines Ecritures, plusieurs de ceux qu'il avait séduits. Mais, méprisant toutes les embûches qu'il me dresse et mettant ma confiance en Dieu, qui peut tout et qui voit tout, je lui ai écrit une deuxième lettre, dans laquelle j'expose brièvement la doctrine de l'Eglise, et le conjure de s'y rattacher. Il s'en est moqué et ne discontinue pas d'enseigner les impiétés qu'il avait d'abord débitées.
« Je dois encore avertir Votre Sainteté que les évêques d Orient, surtout ceux de Macédoine, n';ipprouvent pas ses rêveries : ils en sont même choqués et elles leur font beaucoup de peine. Nestorius le sait, mais il ne s'en embarrasse point, parce qu'il se croit le plus habile, le seul qui pénètre dans le vrai sens de l'Ecriture et qui connaisse le mystère du Christ. Il devrait plutôt rentrer en lui-même et convenir qu il se trompe, puisqu'il est seul de son sentiment pendant que tout ce qu'il y a de fidèles au monde, évêques et laïques, reconnaissent Jésus-Christ pour Dieu, et la Vierge qui l'a engendré, pour Mère de Dieu. Mais il est si enflé d'orgueil qu'il s'imagine pouvoir, par ses artifices et par la puissance de son siège, obliger tous les évêques à souscrire à ses sentiments. Que faire, puisque nous ne pouvons le changer ni le faire taire ? La contagion se répand de plus en plus parmi le peuple, qui attend avec impatience que les docteurs catholiques y apportent du remède. Il ne s'agit pas de choses de petite conséquence et touchant lesquelles il soit sûr de se taire plus longtemps. Puisque c'est à Jésus-Christ qu'on en veut, le moyen de ne rien dire, surtout après ces paroles de saint Paul : Si je fais ceci de bon cœur, j'en aurai la récompense ; mais si je ne le fais que par contrainte, je m'acquitte précisément de l'emploi qui m'a été imposé. Le ministère de la parole et le dépôt de la foi nous est confié. Que dirons-nous au jour du jugement si nous gardons maintenant le silence ?
« Quoique les choses soient dans cet état, nous n'avons cependant osé renoncer à sa communion avant d'en avoir référé à Votre Sainteté. Ayez doncla bonté de nous faire connaître ce que vous en pensez, afin que nous sachions au juste s'il faut que nous communiquions encore avec lui, ou si nous devons lai faire dire nettement que personne ne peut communiquer avec un homme qui soutient et qui prêche une doctrine si erronée. Le sentiment que vous en avez et le jugement que vous en porterez doit être publié par lettres et signifié non seulement aux évêques de la Macédoine, mais encore à ceux de tout l'Orient qui souhaitent et auxquels nous donnerons l'occasion de demeurer tous unis dans les mêmes seiitiracnts pour la défense de la vraie foi qui est attaquée.
c A l'égard de Nestorius, il se trouve qu'il a frappé d'anathème et nous et