‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 190 sur 407 · Mansi, op. cit., t. iv, col. 1011 sq · texte numérisé non relu

Mansi, op. cit., t. iv, col. 1011 sq

2. Ilardouin, op. cit., t. i, col. 1319 ; Mansi, op. cit., t. iv, col. 547. Le pape Célestin fut grandement ému par la lettre de Cyrille et le dossier envoyé par lui, dossier qu'il fit traduire en latin en attendant la réunion des évêques convoqués en concile. Cyrille d'Alexandrie ne pouvait que s'applaudir de la marche de cette affaire qui dressait un adversaire redoutable, l'orthodoxie romaine, en face de Nostorius. Sans doute l'affaire ainsi évoquée à Rome échappait à Alexandrie, sinon pour la controverse du moins pour la décision, mais cet inconvénient était en grande partie compoisé par le retour de faveur qu'une démarche aussi déférante de la part de Cyrille allait lui valoir auprès de l'Eglise romaine, au moment oit il voulait à tout prix rétablir entre Rome et Alexandrie l'ancienne alliance rompue par Théophile depuis un quart de siècle. Sur cet appel do saint Cyrille au siège de Rome, cf. P. Bernardakis, /.es appels au pape dans l /ic;lisc ^rcctjuc jusqu'à Pholius, dans les Echos d'Orient, 1903, t. VI, p. 37 s(j. A. Tiiierry a jugé sainement tout cet épisode: « Cyrille dit-il, ne doutait point de son succès dans l'alfaire de Nestorius ; il savait

260 LIVRE IX, CHAPITUE I

130. Concile à Rome en 430 et négociations qui s'y rattachent.

A la suite de ces divers incidents, le pape Célestin tint à Rome, [164] en 430, un concile dans lequel Nestorius fut déclaré hérétique et menacé de déposition, si, dans les dix jours qui suivraient la notification de ce jugement, il ne rétractait pas ses erreurs. Nous avons encore un fragment du discours prononcé par le pape dans ce concile, il y approuve l'expression (hozbv.oq ^ ; en outre, nous avons conservé quatre lettres adressées par lui, comme conclusion du concile, à Nestorius, à son Eglise, à Cyrille et à Jean d'Antioche ; tous ces documents sont datés du 11 août 430^.

(l'avance que l'Église romaine, Eglise de tradition avant tout, se rangerait de son côté à lui qui se faisait le docteur de la tradition et avait pris l'offensive contre les nouveautés dangereuses. Il ne s'était point trompé, on l'accueillit bien, ou l'encouragea dans son entreprise, à laquelle le pape voulut prendre part, et, comme preuve de son entière confiance, celui-ci le nomma son vicaire, Cyrille pouvait mainten^int disputer d'influence avec Nestorius , si ce dernier avait pour lui l'empereur d'Orient, Cyrille avait le jjape et, au besoin, l'empereur d'Occident qui soutiendrait l'Eglise romaine dans une question où la foi catholique était engagée. Le combat n'était plus, comme au début, entre un ihaulogien et un autre, entre un patriarche d'Alexandrie et un patriarche de Constantinople ; le cliamp de la lutte s'était élargi avec le nombre et la qualité des lutteurs. Cyrille, vicaire du pape, et parlant à ce titre, avait doublé sa force ». A. Thierry, Aestorius et Eutjchès, p. 49. (H. L.)

1, Mansi, op. cit.^ t. iv, coi. 550.

2. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1017, 1025, 1035, 1047 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1299, 1311, 1321. 1323. D. Garnier, éditeur des ouvrages de Marius Mercator, P. L., t. xlviii, col. 1167-1218, a écrit une dissertation intitulée De synodis habitis in causa nestoriana tempore quo turbas Nestorius excitavit, ad id usque quo in Oasim deportatus periit. Dans les chapitres i et iv, Garnier dédouble le concile romain de 430 dont il fait deux conciles tenus l'un en 429, l'autre en 430. D'après cela on ne s'étonne plus qu'il débute ainsi dans le soidisant concile de 429 : Obscura est ista synodus. Dans le c. iv [P. L., t. XLVIII, col. 1174) Garnier a rassemblé les témoignages du concile de 430 à l'aide desquels on peut reconstituer en partie les opérations de l'assemblée. Les évéques italiens et les cvèques de passage à Rome pour une raison quelconque prirent part au concile, c'est ce qui a permis de lui donner le titre de concile occidental qui se lit dans les actes du concile d'Ephèse. On ne peut dire avec certitude si Possidonius, diacre d'Alexandrie et apocrisiaire de Cyrille, siégea au concile. On lut les écrits de ?\estorius, en outre deux lettres en faveur des pélagiens, envoyées pai- le même personnage au Saint-Siège ; enfin

130- CONCILE A nOME I:T négociations QVl s'y nATTACIII-NT 2GI

Dans la lettre à Nestorius, le pape parle criiiic manière très sévère et lui déclare (jue sa Ixmiie répiilatioii d»' jadis a ((uii plètenient dispaiii. Si le pape n'avait pas encore répondu aux lettres de Nestorius, c'est qu'il les avait fallu traduire en ialiii. Dans linteivallc étaient survenues de mauvaises nouvelles à son sujet. Nestcuius n'avait lait aucune attention à d('ii\ avertissenienis de (^vi'ille : si ce nouvel avertissement demeurait sans la'-sidtal, on le sc'parerail de

la correspondance échangée entre Cyrillo et N(?sloriiis et divers oxtrails des écrits de Nestorius ainsi que des ouvrages des Pères contraires à la doctrine nouvelle. Sur la proposition de l'arcliidiacie Léon «n donna coiuinuiiicalion du traité A" Iiicariuitiunc de (^assien, contenant une réfutation en sept livres dunestorianisme. I.e concile tint plusieurs sessions. Lepapepritla parole pour montrer 1 accord existant entre la doctrine de Cyrille et celle d'Ambroise, d'IIilaire et de Daniase : il prononça l'anatlièmo contre Nestorius sous un délai de dix jours à partir de celui de la notification faite au coupable de la sentence rendue contre lui : voici celle sentence : Aperte cognosce hanc nostram esse sententiam, ut iiisi de Cliristo Deo nostio ca prœdices qiiœ et Romana et Alexandrina et oninis catholica sentit Ecclesia, sicut eliaiii Constaniinopolitana Ecclesia ad te us(jue optime tenait juxta expositam in synodo Nicsena fidem: ac nisi liane perfidam novitatem r/iia hoc qiiod venerabilis Scriptura conjungit niteris separare, intra dccimain diem, a primo innotescentis libi hujus consentionis die niimerandani, dcposiieris, atquc alerta et scripta confessione damnaveris^ novcvis te ah universalis Ecclesix catholicœ coinmunione defectum et ad omnia </iia'cui/i(jue sacerdotalis auctoritatis sunt minime idoneum. On promulgua ensuite un décret pour rétablir dans la communion de l'Eglise tous ceux que Nestorius en avait rejelés sur une question dogmatique et communication fut faite à Nestorius de l'irrilalion de ses sentences. Ne tamen ad tcmpus ejiis ndeatur valere sententia qui in se juin divi/iam sententiam proiocarat, aperte sedis nostrx sanxit auctoritas, nullum sive episcopum, sive clericum, seu professione aliqua Christianum, qui a Nestorio ceZ ejus similibus, ex quo talia prxdicare cœperu/tt, vei loco suo te/ communione dejecti sunt, i'el dejectum, vel excommunicatum videri : sed hi omnes in nostra communione et fuerunt, et hue usque perdurant, quia nemincm dejicere re/ reniovere poterat, qui prœdicans talia titulabat. CyriWa était chargé de l'exécution des décrets du concile : Quainobrem nostrx Sedis aucioritate ascita, nostraque vice et loco cum potestate usus ejusmodi non absque exquisita sei'eritate sententiam exsequeris^ nempe ut nisi decem dieruin intervallo, ali liujus nostrx admonitionis die numerandorum, nefariam doctrinam siiam conceptis verhis anathematizet, eamque de Christi Dei nostri generalione fidem in posterum confessurum se spondeat, quam et liomana et tuie sanctilatis Ecclesia et universa denique religio christiana prxdicat, illico sanctitas tua illi Ecclesix prospiciat. Is vero modis omnibus se a nostro corpove segregatuni esse intelligat : ut qui omticm medentium curam aspernalus, necnon instar pestiferi morbi per universum Ecclesix corpus insano morbo grassatus, tam seipsuin quam cxtcros onines sibi commissos, in extremum exitium prœcipiture studuerit. (U. L.)

l'Église universelle. Le pape n'était pas surpris que Nestorius protégeât les pélagiens qui valaient mieux que lui. Il l'avertissait cependant de ne pas briser l'unité ; et pour témoigner de son amendement, il rappellerait tous ceux qu'il avait chasses de l'Eglise pour cause d'orthodoxie. Si dans l'espace de dix jours, il ne condamnait pas sa propre erreur, il serait exclu de la communion de l'Eglise ; Cyrille, en sa qualité de représentant du pape, publierait cette décision ^.

La lettre du pape aux clercs et aux laïques de Constantinople [165] diffère peu de celle adressée à Nestorius ; le pape les exhorte à rester fermes et ;i persévérer dans la foi, dussent-ils être persécutés par Nestorius. Tous ceux que Nestorius a excommuniés ou qu'il excommunierait dans la suite, à cause de leur attachement à l'orthodoxie, sont et restent dans la communion du pape. Le pape annonce, en terminant, qu'il a chargé Cyrille d'exécuter la sentence portée contre Nestorius -.

Les lettres écrites par Célestin aux évoques d'Orient et de la Macédoine les plus distingués, sont, pour le fond, à peu près semblables aux lettres que nous venons d'analyser. Le pape informe ces évêques des erreurs de Nestorius et de la sentence portée contre lui. Elles sont adressées à Jean d'Antioclie, Juvénal de Jérusalem, Rufus de Thessalonique et Flavien de Philippes ^. Nous n'avons plus l'exemplaire adressé à Jean d'Antioclie. Mais toutes ces lettres paraissent avoir été identiques. Il est probable que le pape, pour plus de sûreté, envoya à Cyrille au moins les deux exemplaires destinés à l'Asie, que Cyrille aura fait suivre d'une de ses propres lettres. Nous possédons encore celle qu'il adressa, à cette occasion, à Juvénal et à Jean. Cyrille cherche à y expliquer sa conduite et engage ces deux évêques à accepter la décision portée à Rome *.

La lettre du pape Célestin à Cyrille a plus d'importance. Il le loue vivement, approuve sa doctrine et sa conduite, et lui ordonne, dans le cas où Nestorius s'obstinerait dans sa doctrine impie et ne promettait pas de conformer son enseignement à la foi de l'Eglise romaine, de l'Eglise d'Alexandrie et à celle même de toute la chré-

1. Mansi, Conc. ampliss. col., t. iv, col. 1025 ; Hardouin, Coll. concil., t. i, col. 1299.

2. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1035 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1311.

3. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1047 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1323.

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