Anathèmes de Cyrille et contre-anathèmes de Nestorius
A la fin de sa lettre, le concile condensa tout ce qu'il avait dit dans les douze célèbres anathèmes de Cyrille auxquels Nestorius aurait à se soumettre ^ ; ils sont ainsi conçus :
1. Le samedi, 6 décembre 430, quatre mandataires du patriarche d'Alexandrie, Théopempte, Daniel, Potamon et Comare, abordaient à Constantinople ; le lendemain ils se rendirent à Sainte-Sophie, où Nestorius assistait au sacrifice avec son clergé, la plupart des grands de l'empire et un peuple nombreux- Les quatre évêques entrèrent et pénétrant jusqu'à l'abside où siégeait Nestorius, ils lui présentèrent la double sommation et les autres pièces qu'ils étaient chargés de lui remettre. Nestorius reçut le rouleau contenant la sommation et donna rendez-vous aux évêques pour le lendemain dans la maison épiscopale. Le lundi, quand les députés arrivèrent à l'évêché, le patriarche refusa de les recevoir et leur fit fermer les portes sans leur donner de réponse. La lettre synodale dont ils étaient porteurs [Epist.. xvii, P. G., t. lxxvii, col. 105-121) contenait la profession de foi et les anatliéinatismes que Nestorius devait souscrire. Les anathématismes ont tenu une place considérable dans toute l'histoire du nestorianisme et du monophysisme, depuis le ve jusqu'au viii" siècle et au delà. Cette pièce fut assez mal accueillie dès son apparition, ainsi qu'on le verra plus loin. Toute cette période, depuis décembre 430 jusqu'à l'ouverture du concile d'Éphèse, fut un temps de grande activité controversiste. Les anathématismes avaient été remis à Nestorius le 7 décembre et saint Cyrille se trouvait à Éphèse, dans la première semaine de juin 431. Pendant cet intervalle de sept mois, observe J. Mahé {Les anathématismes de saint Cyrille d'Alexandrie et les évêques orientaux du patriarcat d'Antioche, dans la Revue d'histoire ecclés., 1906, t. VII, p. 506, note 4), il faut que Nestorius les ait fait parvenir à Antioche, qu'André de Samosate et Théodoret de Cyr les aient réfutés, que ces réfutations soient arrivées à Alexandrie et que Cyrille y ait répondu. Y a-t-il le temps matériellement suffisant ? A en juger par l'activité littéraire de saint Cyrille et la rapidité de ses correspondances avec Constantinople, j'en suis fer-