‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 211 sur 407 · OPl'OSniOX. CONÇU. lAIilLE DE CHLX d'aNTIOCHE · texte numérisé non relu

OPl'OSniOX. CONÇU. lAIilLE DE CHLX d'aNTIOCHE

Dalinatius annonce également ([ue tout le peuple avait approuvé la déposition de Nestorius, et que lempereur s'était exprimé d'une manière très l'avorable au concile. On voit par là (juil n'avait pas encore reçu le rapport de (^andidien, dont l'arrivée détermina une volte-face complète. L'empereur Théodose envoya le magistrat Pallade porter à Kplièse la lettre suivante ^ : « Il avait appris par ('andidien ([u'une partie seulement de l'épiscopat avait tenu une session sans attendre Jean d'Antioche. Tous les évèques présents à Éphèse n'avaient même pas pris part à cette session et ceux qui s"v trouvaient n'avaient pas discuté le dogme delà manière convenue, mais d'une laeon très partiale. En conséquence il déclarait nul tout ce qui s'était fait jusqu'alors, et annonçait l'envoi d'un commissaire ou employé du palais qui, conjointement avec Candidien, ferait une enquête sur tout ce qui s'était passé, et empêcherait le retour de paieils désordres. En attendant, et jusqu'à ce (jue le concile tout entier eût éclairci le dogme, aucun évèque ne devait quitter la ville d'Ephèse, soit pour se rendre à la cour, soit pour rentrer chez lui. Les gouverneurs des provinces avaient reçu ordre de ne pas souffrir dans leur domicile les évêques qui revenaient d"E})hèse. L'empereur, ne prenait parti pour personne pas plus que pour Nestorius ; il n'était que du parti de la vérité et du dogme. » Cette lettre est datée du 3 .kalendas /(ilii, c'est-à-dire du 29 juin. La réponse de Cyrille à cette lettre, réponse confiée à [197] Pallade et datée du 1" juillet -, prouve que Palladc se trouvait à Éphèse dès la fin de juin, d'où il faudrait conclure que la date de la lettre impériale a été altérée par une faute de copiste. A la marge du texte, au lieu de rpiàiv y.aAavBwv, il y aurait eu csy.aTS'.ôv, c'est-à-dire le 19 juin, et beaucoup de savants ont adopté cette donnée ; mais Tillemont a remarqué avec beaucoup de raison que la première session du concile et la déposition de Nestorius dont parle l'empereur dans cette lettre sont du 22 juin-^ .

Jean et les siens furent, comme on le pense, très satisfaits de cette lettre impériale, et ne manquèrent pas dans leur réponse de dire qu'ilsestimaientl'univers hcureuxde vivre sous de pareils empereurs. Ils exposèrent ensuite leurs motifs de déposer Cyrille, et ne rougirent pas de dire qu'ils l'avaient fait parce qu'on avait osé attaquer

1. Mansi, op. cit., l. iv. col. lo"8 S(j. ; Hardouiu, op. cit.. t. i. col 1538 sq.

2. Mausi, op. cit., t. iv, col. 1422 ; Hardouiu. op. cit , l. i, col. 1582

3. Tillemoot, Méin. hist. ecclés., t. xiv, note 57 sur saiul Cyrille.

l'évêque de la ville impériale et qu'on n'avait pas obéi aux ordres de l'empereur. Ils qualifiaient leur conciliabule de saint concile, et demandaient à l'empereur d'ordonn^^r que, dans l'enquête qu'il allait prescrire sur le dogme, chaque métropolitain n'amenât avec lui que deux évêques pour contre-balancer la majorité des évêques de l'Egypte et de l'Asie-Mineure, dont ils ne pouvaient parler avec assez de mépris. Après avoir lu la lettre impériale, ils avaient voulu célébrer un service d'action de grâces dans l'église de Saint-Jean ; mais le peuple leur en avait fermé les portes et les avait de force renvoyés chez eux. L'auteur de tout le mal était Memnon ; aussi l'empereur devait-il le chasser de la ville ^.

C'était ici probablement une allusion à ce qui se passa lorsqu'ils avaient essayé d'établir un autre évêque à Ephèse ; car Memnon parle aussi d'une émeute qui eut lieu à cette occasion -.

Dans une seconde lettre ils demandèrent à l'empereur de transférer le concile dans une autre ville plus voisine de la cour, et où l'on pourrait convaincre Cyrille et ses partisans en ne se servant que des écrits qu'il avait composés ^.

136. Lettre des orthodoxes, leur seconde session le 10 juillet. [198J

Le 1^'" juillet 431, Cyrille et son concile adressèrent aux empereurs, par l'intermédiaire de Pallade, une lettre ainsi conçue : « Dans les nouvelles qui avaient déjà été envoyées par eux et dans les actes sur la première session, on avait dit ce qui était nécessaire au sujet de Nestorius et de ses erreurs. Le comte Candidien avait cependant mis l'amitié de Nestorius au-dessus de la piété ; aussi avait-il déjà capté l'attention de l'empereur et fourni des rapports remplis de partialité. Mais les empereurs pouvaient voir, par les actes du concile, que l'on avait agi équitablement avec Nestorius, et que l'on avait examiné toutes choses avec maturité. Ils ne devaient pas écouter Jean d'Antioche, plus préoccupé de ses amis que de la foi et qui avait fait retarder le concile de vingt-et-un jours. Dès son arrivée, il s'était immédiatement prononcé pour Nestorius

1. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1379 sq. ; Hardouin, op. cit., i. i, col. 1539 sq.

2. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1439 ; Hardouin, op. cit., i. i, col. 1595.

3. Mansi, op. cit., t. iv, col. 1386 sq. ; Hardouin, op. cit., l. i, col. 1456 sq.

Page 1