Septième session. Lettre circulaire et canons
On ne peut déterminer d'une manière précise la date de
définir et de limiter les termes dont on se servait. La langue théologique était dans un état de fermentation indescriptible. Chaque écrivain et presque chaque traité donne à un mot employé couramment et nécessairement une nuance différente de celle qu'on trouve dans un autre traité ou chez un autre écrivain. Deux vocables d'une importance capitale, o-jata et ÛTrôo-Tairi;, <?<re et hypostase, naLV&ient pu être fixés. On cherchait un mot qui servît à désigner l'unité dans le Christ ; les uns préféraient cpûat;, les autres TrpddWTiov, signifiant nature et personne. On peut se demander si on serait jamais sorti de ce gâchis sans saint Cyrille ? Très érudit, il sait prévoir le parti qu'on peut tirer d'un mot en se fondant sur le sens qu'on lui a donné auparavant dans tel ou (el écrit. C'est ainsi qu'il repousse obstinément le terme S-jo ç-jcreiç, deux natures, parce que Nestorius entendait par là deux natures ou deux personnes existant séparément et en soi. Chez lui, les mots cpûcrt; et oùc-i'a sont employés parfois l'un pour l'autre quoique avec une tendance à moins employer çûo-tç pour une seule entité divine que pour les deux natures dans le Christ. Une fois l'élaboration terminée, les polémiques assoupies, on pourra constater que o-jcrtç ainsi que ouata désignent l'essence ou le caractère commun à tous les êtres de même espèce, avec cette seule différence que ç-jcrt; est employé de préférence pour les choses finies, formées ou engendrées (cpûw), pour la désignation de l'essence dans les êtres concrets. — Dans la controverse trinitaire, les Cappadociens avaient attribué imôaza.'jiz à l'individu par opposition à l'espèce. L 'hypostase comprend quelque chose de triple eu soi: l'essence de l'être, ses qualités particulières et l'existence ou la participation de l'être. Dans la terminologie cyrillienne, le mot Tïpôo-MTiov a exactement le même sens que hypostase. Tandis que Nestorius admet l'exislence dans le Christ de deux hypostases et de deux TcpôawTra, Cyrille se tient à une hypostase et un TcpoCTWTiov. Et en effet, si toute nature individuelle et réelle est une hypostase, on se demande comment on pourrait admettre deux hypostases dans le Christ. — C'est à saint Cyrille que nous devons le terme consacré depuis à caractériser l'union de la nature humaine et de la nature divine par l'expression « union hypostatique », xaÔ'-JTiôcrTaaiv. C'est le terme même dont se serviront les Pères du IVe concile œcuménique et il fera bon usage aussi bien contre le nestorianisme que contre le monophysisme. Cependant, si le mot est trouvé il ne reçoit pas de Cyrille sa valeur et sa portée définitives. Dans l'Apologie des anathématismes, le mot xaô'-JTrooraatv ne sert qu'à désigner l'union du divin et de l'humain comme une union essentielle par opposition à une union simplement morale. Apolog. contr. TheocL, P. G., t. lxxvi, col. 401. — Saint Cyrille parle parfois d'une seule nature de l'Homme-Dieu et de deux hypostases. Il y aurait là de quoi dérouter, et en effet, sa façon de s'exprimer n'a pas échappé aux monophysites qui s'en sont réclamés de même que les cyrilliens se trouvaient embarrassés par quelques expressions de leur maître et chef. Tandis que Cy-