CHAPITRE II
Le métropolitain qui abandonne ce saint et œcuménique concile, poui' entrer clans celte assemblée d'apostats (c est-à-dire dans le conciliabule), ou qui y entrera à l'avenir ; et, celui qui a partagé les opinions de Gélestius ou qui les partagera à l'avenir (c'est-à-dire les opinions des pélagiens), ceux-là ont perdu toute juridiction sur les évêques de la province, et sont déjà exclus de toute communion et suspendus par le concile (en vertu de la sentence portée contre Jean et ses partisans). Les évêques de leur province et les métropolitains voisins qui sont orthodoxes doivent veiller à ce qu'ils soient complètement déposés de l'épiscopat ^.
Can. 2.
El oi Tivsç è7capy io)-at eTCiay.oxct à7î£Asi96Y)o-av z-qq «Ytaç cuvôSou xat tyj
àîcoa-acria TrpoasTcÔYjaav, fj zp2crT30-/)vai •rrîipaôsfcv, "i^ "/.aï 6'irOYpa(];avT£ç iri NsaTOpicu xaGaipsasi £-aAivop6[j.r^a-av 'izpoq to -ï-qq à7iOO"caataç auveopiov, toutouç Travî-/;, -/.a-ca. -b Sc^av t'^ àyiif auvôoo). àXAoTpiouç eîvai xyJç fspwaùvY]ç, •/.ai ToD ijaO[xcj sxTïtTUTSiv "".
Si certains évêques de la province (è7r«/j;^twT«£, c'est-à-dire les évê-
1. Ce canon concerne les ovêques que le soin des affaires de leur Église ou de leur propre santé a tenu éloignés du concile. Quant aux métropolitains en révolte contre le concile ou attachés aux doctrines de Gélestius, ils sont privés de toute juridiction sur leuis suffragants et placés dans l'état d'incapacité au point de vue ecclésiastique (àvevépyriToç •Juàpj^wv), A tel point que loin de commander désormais à leurs comprovinciaux ils leur sont soumis, de même qu'aux métropolitains voisins. Il est bon de remarquer la place que tient Gélestius dans les préoccupations du concile d'Ephèse. Get obstiné disciple de Pelage était venu à Conslantinople avec quatre évoques occidentaux déposés dans leurs pays et chassés pour crime d'hérésie, Nestorius leur avait fait le meilleur accueil, mais l'arrivée à Goiislantiuople de Marins Mercalor (429) leur avait valu une nouvelle expulsion et Gélestius n'emporta qu'une lettre sympathique do Nebtorius. Gyrille d'Alexandrie et Memnon ont rapproché Gélestius et Nestorius ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. iv, col. 1324 ; de même le concile dans sa lettre à l'empereur et dans sa lettre au pape, Id., t. iv, col. 1333, met au nombre des partisans de Jean d'Autioche, les adhérents de l'hétérodoxie de Gélestius. Les deux hérésies n'avaient cependant que des rapports assez éloignés. Une conception inexacte de la personne du Ghrist pouvait entraîner à une conception inexacte de son œuvre rédemptrice ou vice versa. Les deux théories avaient été soutenues par Théodore de Mopsuesle ; attaquées toutes deux par Marins Mercator elles furent associées par le ti'oisième concile œcuménique dans une même condamnation. (H. L.)
2. Ba6(ji6;. Voir canons 1, 2, 3, 5, 6 ; concile de Chalcédoine, canons 2, 10, 12, 18, 22, 27, 29. Comparer cette phrase du canon 2e avec la sentence contre Nestorius qui « sera àXXÔTptov de la dignité épiscopale. » Mansi, op. cit., t. iv, col. 1212. (H. L.)
lU. SEPTiÈMi: SESSION 339
ques siifTragants d'une province) ont abandonne le saint concile, et ont passé à Tapostasie (c'est-à-dire du côté de ceux d'Antioche), ou bien [-1UJ ont cherché à y passer, ou enfin, après avoir signé la déposition de Nestorius, sont ensuite revenus dans l'assemblée des apostats, ceux-là, suivant la sentence du saint concile, doivent être déposés du sacerdoce et déchus de leur grade (c'est-à-dire de leurs fonctions).
Gan. 3.
El ci Tiv£ç y.a'. TÔiv iv :/.27T7; riÀsi -i; y/'ipa xX-rjpi/.oiv Jxb NsaTOptou xal twv ajv aJTto ovTtov TYj'; '.ipto-J-vr,^ èy.MAÔOïjjav cù Tb ôpOoi; ^pov£îv, £Siy.aiu)ffa[j.îv xai tcjts'j; tov Ici:v à-oXaczîv .jaO;;.:v. Koivwç se t3'j; ty;; :pO:oi;w y.al s'.y.oujjisviy.^ -uvioci) 7'j;jL9p;vcivTac y.X-/;piy.;jç y.îXîjC[Jiîv tc^ç àzcTTaTriTastv r^ iç;ir:a;j.£v:t; èzi-xirrciç [;.y;c:/,wç Jzcy.sCjOxi y.a-rà ;rr;Si/a tpizvv.
Si dans uneville ou une campagne quelconque, des clercs ont été déposés par Nestorius ou ses partisans, à cause de leurs sentiments oithodoxes, nous avons jugé qu'ils doivent être réintégrés dans leurs fonctions. En principe, nous ordonnons que les clercs restés fidèles au concile général ne doivent être subordonnés en aucune manière aux évêques qui ont apostasie ou qui le feront.
Cax. 4.
El c£ Tivîç àzo7TaTr,3'ai£v tûv y./.r,pixà)v, v.y.'. T:"A;j.-r^!jaiîv r, y.x- '.otav -i^ STjfxsijîa ~x NîTTopbu •?( Ta KsXïTTbi» spsv^Jja'., x-ai -o jtouç s'.va'. xa6-f;pY;;j.svcuç
ÛTTÔ TfîÇ àvîxç C'JVÔCO'J C£StXai6)Tai.
Si certains clercs apostasient et osent prendre parti, secrètemenl ou publiquement, pour Nestorius ou Célestius, le saint concile a jugé aussi qu'ils doivent être déposés.
Cax. 5.
"Ot;'. ce Ït.I y-ZT.z'.z "pâHîs-i y.a":îy.pîOr,7av û'irb --r,: ày^^^ ffuviocu i^ ùzb tûv clxîuov £7:i-/.:z(ov, /.at', tojTSiç àxavovta-(oç xaTX ty;v àv aTrasiv âciasopiav ajTij ô Nîrripioç xa', ;•. tx ajTOj spsvojvTcç à-s;ojvai è-eipxO-fyjav -i^ r.tipy.- OsCîv x:tv6)v(av 7^ fi^^r'-^'''' àvcosîÀ-i^TCu; jj-ivEiv xai tojtou;, xai sivat oJS'sv ^TTCv xa6r;pY;;j.î'vs'Jç àitxa'.o'iaaf/îv.
Quanta ceux qui ont été condamnés pour des actions coupables (qu ils l'aient été par le saint concile, ou par leurs propres évêques), et auxquels Nestorius et ses partisans, agissant en opposition avec les canons, et sans faire de distinction (entre ce qui est pernjis et ce qui ne l'est pas) ^,
1. C'est ainsi que eu passage csl Lomincnté par ! ancien s;coliaste Zonaras dans Beveridge, Synodicon, t. i, p. 102.
ont cherché ou chercheront à rendre la communion, ou leurs fonctions,
nous avons jugé qu'ils ne doivent en retirer aucun profit et n'en demeure- [211]
ronl pas moins déposés.
(Tuvôow ifi £V 'Eçecra) olo)o-(^n;OTS Tpo-o) Tcapao-aXsJîiv* '(] àyia aùvoooq wpiijsv,
ei 0£ Xoi.iY.ol, ày.oivwvrjTOuç ÙTuap^jsiv.
De même, au sujet de tous ceux qui ont agi d'une manière quelconque contre un ordre du saint concile d'Ephèse, le concile décide que, s'ils sont évêques ou clercs, ils perdront leurs charges, et, s'ils sont laïques, qu'ils seront excommuniés.
Les actes ajoutent que ces canons furent signés par tous les évêques^. Si dans quelque manuscrit on compte huit canons, cela vient de ce que l'on regarde comme 7® canon la résolution prise par le concile à l'occasion de la molion de Charisius ; enfin on donne comme 8® canon le décret sur les évêques de Chypre -.
Nous remarquerons que Denys le Petit n'a pas inséré, dans sa collection, un seul des canons d'Ephèse ; cela peut venir de ce que ces canons n'avaient pas un intérêt général, mais n'étaient que des ordonnances particulières concernant le nestorianisme ou le pélagianisme ^.
142. Affaire de Pamphylie, des Messaliens, de Thrace et de ïévêché de Jérusalem.
Plusieurs documents nous apprennent que le concile d'Ephèse s'occupa de quelques affaires particulières, mais nous ne savons dans quelle session. En tète de ces documents se trouve une lettre adressée, au sujet de l'évêque Eustathe, au synode provincial de Pamphylie ; on ignore si cet Eustathe était métropolitain de Pam-
1. Mansi, op. cit.., t. iv, col. 1171 sq. ; Hardouin, op. cit.., t. i, col. 1622 sq. Beveridge, Synodicorij t. ii, appendix, p. 103 sq., a commenté quelques-uns des canons d'Ephèse.