l-ES CANONS DL' DEUXIÈME CONCILE ŒCl'MÉNIQlJi
Cax. 5.
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Au sujet (lu mémoire {tointis)(ies Occidontaux, nous reronnaissons aussi ceux d'Antioclic (jiii professent l'égale <liviiiilé du l*ère, du Fils et du Saint- Ksprit.
Nous av(»iis déjà dit, (jiie ce taiKtn ne provient pas du II'' coii- -l| rile oîcuinoniquo, mais du coiuiK' tenu à (.oiislanlino[)le cii 382, auquel assistèieiit les mêmes cvèques <|ii ;i celui-ci.
Il est iuconleslable que, par ces mots : t:;j.;ç tov o j t •./.('.) v, il faut entendre un mémoire dogmati(jue composé par les évèqucs de l'Occident ; mais la question est de savoir de quel /oniiis composé par les Occidentaux il s'agit. Divers auteurs, parmi lesquels Zonaras et Balsamon, et l'orateur des Latins au concile de Florence en 1439, l'archevêque André de Rhodes, croient que ce 5'" canon a en vue les décrets du concile de Sardique '. Il me semble cependant que. d'après ce 5® canon, lo lomiis des Occidentaux devait parler de la situation de r^trlise d'Antioche et du schisme des mélétiens qui divisait les orthodoxes de cette ville. Or, comme le concile de Sardique n'en a rien dit et ne pouvait pas en parler, puisqu'il s'est tenu avant la naissance du schisme -, on peut dire qu'il s'agit ici d'un autre lomiis des Latins ^. Nous savons que le pape Damase et le concile qu'il tint en 3Gl', adressèrent aux Orientaux un loniu.s dont il suljsiste quelques fragments *, et que neuf ans après, en 378, ce tomus fut accepté et signé à Antioche, dans un grand concile présidé par Mélèce et composé de cent quarante-six évêques orientaux orthodoxes ; ce même concile essava de mettre (in au schisme d'Anti|jche. Va\ 380. le pape Damase envoya, conjointement avec le IV'' concile tenu à Rome, un nouveau mémoire concernani la foi dont nous possédons quehjues fragments et les anathèmes ; il était ailressé aux Orientaux et, en particulier, à Paulin d'Antioche, le chol îles euslathiens de cette ville.
1. Titliin^'er theulogischeri Quartalsclirifl, 1852, p. 1 1 1 .
2. Cf. Bcveridge, Pa/idect.r, t. ii, Aniiuiul., p ''7 ; Tilloniont, Mcnioires, Uruxellcs, 17.]2, t. ix, art. 77, dans la dissiMlation sur S. Giét;i)ii e de NaziaiiZL-, p. 221.
ô. Dans Mansi, op. cit., l. m, col. ij9 ; liât (Imiin, op. cit., t. i, i-..!. 772. 4. Voyez l. i, p. 985.
30 LIVRF. VII
Dans ces coiulilions, nous devons en tciulrc par les mots : -.o\j.zç-uy/ [22] 8uTt/.wv, ou bien le mémoire rédige })ar le pape Damase en 369, ou bien celui de 380, et je serais porté ii croire que c'est du premier mémoire (ju'il s'agit ici '. Voici mes raisons :
a) Ce canon appartient au coin ile Iciui à Conslantinople, en 382 ;
ù) De ce concile nous avons encore, dans Théodoret (1. V, e. ix), une lettre svnodale adressée aux Latins ;
c) Ce 5® canon, provenant de la môme source que la lettre synodale, doit avoir avec celte lettre un certain rapport ;
d) Dans cette lettre synodale, les évèqucs orientaux, pour convaincre les Latins de leur orthodoxie, font appel à deux documents : un Ti;i.o^ complété dans un synode tenu à Antioche, et un autre -z\j.z^ du concile œcuménique de .')8l -;
e) Le concile d'Antioche en question est cette grande réunion tenue en 378, et le Tiy.c- est un mémoire envoyé de Rome en 369 et accepté à Antioche en 378 ;
/") Le concile d'Antioche retourna certainement à Rome, comme supplément de sa lettre synodale, un exemplaire du toniiis augmenté de l'accusé de réception et des signatures des membres du concile ; c'est ce qui explique comment Luc Ilolsten a pu trouver, à Rome même, des fragments de ce mémoire -^ ;
g) Le concile de Constantinople, tenu en •)82, pouvait très-bien dire, en parlant de ce loiniis renvoyé à Rome avec des additions : « Le lonins terminé à Antioche, » quoique, de lait, ce (omiis ait été rédigé à Rome ;
h) Si ce même concile parle dans sa lettre synodale de ce tomits, nous sommes, jusqu à un certain point, autorisés à penser que, dans le canon qu'il a rendu, il parle du même document ; [23]
i) Ces fragments conservés de ce fon/ns de 369 roulent explicitement sur ce point que le Père, le Fils et l'Esprit sont égaux sous le rapport de la divinité '*, et de même, d'après iiolie canon, tt:l semble avoir dû être le contenu de ce to/n/is ;
1. Baronius, {Annal., nd. ann. o81,ii. '2()), de mèmeque Fuchs, BiUiothek der Kircliemers., t. ir, p. 'jIH, cnlendcnt pnv -ùiio; -mw £jti/(ûv, le n)ém<)ire adressé en 380 pnrlc pape Dam.ise à Apolliiius, Voyez poui l'opinion coiilraire, Marca, De concoidia sacerdotii et impcrii, 1. L, c. iv, n. 5.
2. Tliéodorel, Ilist. ccclcs., 1. V, c. i\, P. G., t. i.xxxii, col. 1212.
3. Note marginale dans llai-douin, Coll. concil., l. i, col. 772 ; Mansi. Concil. ampliss. coll., t. m. col. 45'.».
». Mansi, op. cit.y t. m, coi. 459, cl. 451.