L'EMPEiiian décide en kavelh des outhodoxes
brolse de Milan, et ils en communiquaient à Rufus une partie. (Ils ne donnaient cependant pas de passa<i;es tirés des Pères prouvant que Cyrille t'-fait aiiiMi et ounomcen). Un très grand nombre d'évêques de l'Orient, et même dèvèques latins, étaient d'accord avec [-ooj eux. Ainsi Martin de Milan leur avait écrit et envoyé le livre de saint Ambroise, De doniinica incarmilione, qui enseignait le contraire de ces anathématismes hérétiques *. Au reste, Cyrille et Memnon ne s'étaient pas contentés d'altérer la loi; ils avaient aussi, au mépris des canons, rec'u dans leur communion des excommuniés, des hérétiques, des pélagiens et des euchites, pour grossir les rangs de leur parti. Rulus devait joindre ses elTorts aux leurs pour rendre ces tentatives impuissantes ; il devait se garder de communiquer avec eux et leur déclarer en toutes circonstances, que leurs anathématismes étaient entachés d'apollinarisme. Enfin, ils lui envoyaient un exemplaire du mémoire qu'ils avaient fait remettre à lempcreur, et dans lequel ils exposaient la foi de Nicée et réfutaient les formules de Cyrille, etc. 2.
[239] 148. L'empereur décide en faveur des orthodoxes et mande
leurs députés à Constantinople.
L'avenir réservait au parti d'Antioche les plus amères déceptions ^. Désespérant de rétablir l'union entre les deux partis l'em-
1. Voyez sur ce point la note de Baluze, dans Mansi, op. cit , t. v, col. 807, note a. Il suppose que Martin de Milan ne pouvait encore rien savoir des divi- .^ions qui agitaient le synode d'Ephèse ; qu'il avait simplement écrit au synode mais que sa lettre était tomljée aux mains de ceux d'Antioche, pendant la persécution exercée contre les orthodoxes. Sans cela, 1 héodoret et les autres auraient certainement dit que les Latins étaient dans le parti opposé à Nestorius.
2. Mansi. op. cit., t. iv, col. 1411-1418 ; Hardouin, op. cit., t. i, col. 1571.
3. Les deux députatious se trouvaient réunies à Chalcédoine dans cette villa RuGniana qui avait déjà re^-u le conciliabule du Chêne assemblé pour déposer saint JeHU Chrysostome. L'évêque de Clialcédoine était cyrillieu convaincu ; en conséquence il interdit à Jean d'Antioche et à ceux de son parti l'accès des éo-lises et la célébration du culte. Jean et ses collègues louèrent un local pour V faire leurs prières, y délib('rer et y prêcher au besoin. Cette chapelle improvisée consistait en un gi-aud pi-éau sans toit, entouré de pni-tiques que surmontait une galerie. La présence des évèques orientaux attira en ce lieu la
pereur revint subitement de Chalcédoine à Constantinople, sans permettre aux députés du parti d'Antioche de le suivre. Ceux du
foule désœuvrée. Chaque matin le préau était rempli d'auditeurs venus de Chalcédoine ou même de Constantinople. Théodoret prit plusieurs fois la parole, Jean d Antioche aussi. Théodoret disait dans un de ses sermons aux fidèles venus de Constantinople : « Nestorius est toujours votre évèque ; frappé par une assemblée illégale et hérétique mais non jugé, il doit être réputé innocent, et n'a pas cessé d'être votre pasteur. On parle déjà de le remplacer; mais je déclare ici au nom de l'Eglise que son successeur, quoi qu'on fasse, ne sera jamais qu'un usurpateur et un intrus ; s'il est ordonné par les hérétiques avant le règlement de la doctrine, il sera un schismatique et un hérétique. » On s'explique assez que cq genre de prédication, qui rappelle un peu le genre des prédicateurs de la Ligue, ait peu contribué à la pacification des esprits. A la sortie du sermon c'était une mêlée générale entre laïques et moines ; on se poursuivait à coups de pierre et s'abordait à coups de bâton. Chaque jour, les Orientaux envoyaient à leurs confrères demeurés à Ephèse, uu compte exact des incidents de leur vie à Chalcédoine. Le premier jour ils se montraient pleins d'espérance. « Tout le peuple de Constantinople, disait-on, accourt à nous à travers le Bosphore, nous encourageant à défendre la foi, et nous avons bien de la peine à le retenir pour ne pas donner prise à nos ennemis. » Peu de jours après le tableau avait changé, et Théodoret adressait à son métropolitain d'Hiérapolis une curieuse lettre dans laquelle il peint son découragement, le mauvais vouloir et la faiblesse de l'empereur à l'égard des Orientaux dans les rangs desquels on commence à voir se glisser la désunion. (( Ps'ous n'avons omis, écrivait-il, ni supplications, ni fermeté pour exciter le prince et le pousser à sauver la foi qu'on veut corrompre ; mais jusqu'ici nous n'avons rien gagné. Nous avons protesté à l'empereur avec serment qu'il nous est impossible de rétablir Cyrille et Memnon et de communiquer avec les autres s'ils ne rejettent pas leurs anathématismes hérétiques ; nuùs ceux qui cherchent leurs intérêts plutôt que ceux de Jésus-Christ veulent se réconcilier malgré tout... Pour notre ami (c'est-à-dire IN'estorius), chaque fois que nous en avons fait mention, soit devant le prince, soit devant le conseil, on l'a pris à injure et le pis est que l'empereur a pour lui plus d'aversion que tout le monde ; il nous a dit : « Que personne ne m'en parle, son affaire est réglée. î Maintenant nous travaillons à nous tirer d'ici et à vous sauver du chaos, si nous pouvons, car nous n'avons rien de bon à attendre. Tous sont achetés et soutiennent qu'il n'y a qu'une nature de la divinité et de l'humanité. Le peuple vaut mieux, grâce à Dieu, et vient à nous incessamment. Nous avons commencé à tenir de grandes assemblées où les fidèles accourent en foule, et ils nous écoutent avec tant de plaisir qu'ils resteraient jusqu'à une heure après-midi, si quelque chose les garantissait de l'ardeur du soleil. Ils sont réunis dans une grande cour enfermée de quatre galeries, tandis que nous parlons de l'étage supérieur de la maison ; mais le clergé et les moines nous persécutent ardemment. 11 y a eu un combat comuie nous revenions du palais rufinien ; plusieurs furent blessés, tant des laïques nos défenseurs que de ces faux moines. L'empereur a su que le peuple s'assemblait avec nous, et m'ayant rencontré seul, il m'a dit : c: J'ai
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pai'ti orthodoxe raccompagnaient l't devaient choisir à hi phico de Nestoriiis un autre évêcpie de Constantinoph'. Les partisans d'Antîoche (pil escomptaient phisieurs séances, Inirni trouhlés de ce brusque dénouement, mais ni' perdirent pas loiil espoir. Ils envoyèrent aussitôt à l'empereur ' nn un moire dont le texte grec original est perdu, mais dont nous possédions i\i'u\ anciennes traductions latines très dillV-renles lune de l'aulie et évidemment altérées [2401 t-'ii plusieurs endroits. Le texte ilouné par le Si/noilicon Ircnœl'^ est moins alli-rt' ([ue l'autre-'. Nous nous en tiendrons à ce premier texte. Le document débute par une vive attaque contre Cyrille et ses partisans. Cyrille est accusé d'hér«''sie, et on suppose (comme Nestorius l'avait déjà l'ait) que t.inl de désordres et de trompei'ies n'avaient pour but cpie de lui procurei' I inipuniU'. Les j)artisans d'Antiochc assurent ([uils ne demandeul (pià se laire ; mais il s'agit de la loi, comme leur conscience les oblige de s'adresser à l'empereur, qui est, après Dieu, le défenseur du monde. Ils l'adjurent par le Seigneur (pii voit tout, au nom du Christ
appiis (juo vous leuez des assemblées irrégulières. » Je lui al rcpoudu : « Puisque vous me donnez la liberté de parler, écoutez-moi avec indulgence. Est-il juste que ces hérétiques excommuniés remplissent les fonctions sacerdolale?, et que nous, qui combattons pour la foi, soyons exclus des églises ? — Que voulez-vous que j'y fasse ? me répondit-il. — Ce que fil 1»! comle Jean qu;nid il débaïqna à Éphèse, ai-je répliqué; voyant que nos ennemis tenaient des assemblées et célébraient des collectes et non pas nous, il les empêcha en disant : « Je n'y autoriserai ni les uns ni les autres, jusqu'à ce que vous ayez «fait la paix. » Vous devriez ordonner de même à l'évêque de cette ville de ne laisser tenir d'assemblées ni à nous ni à eux jusqu'à ce que nous nous soyons mis d'accord, wl^'empercur m'a répondu : « J(' ne puis commanderauxévèques. » — c Alors, lui dis-je, ne nous commandez rien non plus. Nous prendrons une église, nous l'ouvrirons au peuple et vous verrez qu'il viendra beaucoup plus de monde avec nous qu'avec eux. » J'ai ajouté : « Dans les assemblées que nous tenons, il n y a ni lecture des saintes Ecritures, ni oblation, mais seule- \ ment des prières pour la foi et pour vous, très religieux prince, ainsi que des
discours de piété. » L'empereur l'a trouvé bon et n'a rien fait jus({u'ici pour nous l'interdire. Nos assemblées grossissent sans cesse, toutefois nous sommes clia<iue jour en péril et en crainte, voyant lu violence des moines et la lâche connivence des grands. » Mansi, Co/icil. aiiipliss. coll., 1. iv, coi. l'iÛ; ; t. V, col. 799; Hardouiu, Coll. cuiicil., I. i, col. 15G8. (H. L.)
1. La suscriplion de la lettre, dans Hardouiu, o/). cit., t. i, col. 1563, et dans Mansi, op. cit., t. v, col. 802, dit qu'elle fut envoyée à Constantinople après qiu' l'empereur eut quitté Chalcédoine. Cf. ibid., t. iv, col. liOl, note 1.