LES CANONS l)L UKUXII-ME CONCILE ŒCLMKNIQL'E
A) Il est vrai (juo lt>s iVagmciits (jue nous possédons dv ce loinus de 30'.', ne ilisiMil lifii du srliisiiu' irAiitioche ; mais ce silence n'a rien d'inexplicable, puistjiu- nous ne possédons que très peu de chose de l'ancien document, et il est d autant plus probable qu'il s'a<fissait de ce schisme, dans la partie de l'ouvrapro maintenant perdue, ([ue le concile d'Antiochc (jui a accepte le tunitis a également travaillé il mettre fin au schisme méléticn. Ce qui corrobore notre thèse, c'est ipie dans leur lettre a<li'essée aux Occidentaux, en 381, les évoques italiens disaient explicitement avoir écrit aux Orientaux longtemps aupai-avant [diidian) pour faire disparaître la division née il Antit)che au sein des oithodoxcs ^. Ce ditibiin me paraît être une allusion au tonius romain de 309. Si dans leurs lettres de 381, adressées aux Orientaux, les Occidentaux rappellent ce premier ménioire. il est naturel que le concile de Constantinople tenu en 382 s'en soit occupé également, puisque ce (ut précisément cette dernière lettre des Latins qui donna lieu à sa réunion.
Pour bien comprendre le canon que nous commentons, il faut enfin remarquer que la lettre de 381 disait, que «dans leur envoi antérieur (c'est-à-dire, d'après nous, dans le tonius de 309), [les Latins] avaient déclaré que les deux partis d'Antioche étaient également orthodoxes ^. » C'est en manière de réponse que les Orientaux disent de ce r)" canon : « Nous aussi, nous reconnaissons comme orthodoxes tous les fidèles d'Antioche, qui professent l'égale divinité du Père, du Fils et de l'Esprit. »
Une autre explication de ce canon a été proposée par Beveridge ^ et Van Espen *. Daprèseux, il faudrait ainsi traduire le canon : « Au sujet du loiniis des Occidentaux, nous partageons le sentiment de ceux d'Antioche (c'est-à-dire du concile tenu à Antioche, en 378), f 2 j] qui font accepté ce tomtis etj ont professé l'égale divinité du Père, du Fils et de l'Esprit. » Nous remar([uerons, que contrairement à cette explication, le mot izicr/âcOzi signifie ordinairement, dans la langue de l'Eglise, la reconnaissance et la réception de quehjii'un comme membre de l Ei(lise. et non pas l'acceptation des idées d'un autre.
1. Hardouiii, Coll, cuiicil.. t. i, »'<j1. 84o ; M:iiisi, Coitc. ampliss. coll., t. m, col. 031.
2. Hiirdijuiii, op. cil., t. i, col. S'i.'i ; .Mansi, o/j. cit., l m, col. (ISl. :;. Hevcridge, Paiidcclx, l. ii. Annotât., \k 'J7.