Mansi, op. cit., l. v, col
Cyrille ne lui déplaisaient pas : elles s'accordaient moins avec ce qu'il avait dit antérieurement et plus avec la doctrine des Pères. Ce qui lui paraissait impardonnable, c'est qu'au lieu d'accepter simplement une des six propositions si modérées qu'on lui avait présentées, Cyrille se perdait en paroles et prenait toutes sortes de détours, sans choisir le chemin le plus simple pour arriver à tout concilier. Il demandait de son côté l'acquiescement des partisans d'Antioche à la déposition de Nestorius (mais ceux-ci n'ayant pas pris part à la condamnation de Nestorius, c'était engager d'une manière bien grave leur conscience que de faire une chose regardée comme injuste). Théodoret demandait à Acace, en terminant, de conduire l'affaire de telle sorte que la paix plût à tous, mais surtout à Dieu ■^.
Théodoret s'expli(|ue avec plus de précision dans sa lettre à André de Samosate. Il se félicite de ce que Cyrille a anathématisé l'apollinarisme ; mais il déclare que les partisans d'Antioche ne peuvent anathématiser en bloc [indeter?ninaté) la doctrine de Nestorius. Ce serait différent si Cyrille avait anathématisé ceux qui enseignent que le Christ n'est qu'un homme, ou qui partagent le seul Seigneur Jésus-Christ en deux fils -. Théodoret savait ces propositions rigoureusement hérétiques ; en les citant, et particulièrement la dernière, il n'entendait pas les présenter comme une conséquence du nestorianisme, mais simplement comme une imputation calomnieuse mise au compte de cetle hérésie. Aussi, sa prétention de [257 j condamner ces propositions sans condamner Nestorius n'a pas plus de valeur et de raison d'être que la distinction janséniste entre la question de fait et la question de droit; il rejetait en droit ces propositions, mais se refusait à avouer que Nestorius les avait enseignées.
André de Samosate répondit qu'il était pleinement d'accord avec Théodoret pour exiger de Cyrille l'anathème sur ceux qui regardaient le Christ comme un simple homme ou qui partageaient le seul Seigneur en deux fils. Cyrille s'obstinerait problablement à réclamer que la déposition de Nestorius fût signée par tous ; mais on pouvait présumer qu'il se contenterait de la signature de quelques-uns, et il était probable que quelques-uns la donneraient en effet. En terminant, André de Samosate demandait à Théodoret de prier