Iansi, op. cit., l. v, col. 8'j'i, c. lxvii
Le troisième partisan décidé de l'arianisme était Hellade de Tarse. Dans sa lettre à Alexandre d'Hiérapolis, il accuse de trahison ceux du parti d'Antioche qui penchent vers un rapprochement '', Alexandre lui adressa des louanges à ce sujet et se réjouit de voir les Eglises des deux Cilicies prendre si ouvertement la cause du prédicateur de la vérité : Nestorius ^.
Théodoret tenta par un autre moyen d'amener Hellade vers la conciliation. Il écrivit qu'on pouvait admettre les dernières explications de Cyrille, tout en rejetant sa demande d'anathématiser Nestorius. Tous les évèques déposés du parti d'Antioche devaient être réintégrés dans leurs charges avant l'admission de Cyrille à la communion. Théodoret priait Hellade de lui communiquer au plus tôt son opinion et de gagner à ces idées Himère de Nicomédie, tout en restant lui-même convaincu que lui, Théodoret, ne trahirait pas la cause de la religion ^. Il écrivait en même temps à Himère pour lui exprimer sa manière de voir sur les dernières déclarations de Cyrille et sur la possibilité de son admission ; ajoutant que ce n'était pas lii simplement son opinion, mais encore celle de Jean d'Antioche et de tous les évêques du concile '^ Dans une lettre adressée au chefduparli extrême, Alexandre d'Hiérapolis, Théodoret se défend du reproche de trahison et proteste contre le soupçon d'avoir cédé pour obtenir une meilleure place ou pour éviter la persécution ^.
Eutherius, archevêque de Tyane, en Cappadoce, se prononça [259] très énergiquement contre le parti de la paix dans deux lettres adressées à Jean d'Antioche et à Hellade de Tarse. Il ne voulait pas entendre parler d'une réconciliation avec Cyrille ''.
Ainsi, sur la question de la paix de l'Église, les Orientaux se divisaient en deux grands partis. La majorité, disposée a. faire la paix et ayant à sa tête Jean d'Antioche et Acace de Bérée, se trouvait en présence dune minorité opposée à toute idée de conciliation ; mais la majorité elle-même se divisait en deux camps, car Théodoret et André de Samosate formaient une sorte de tiers parti et prétendaient présenter de nouvelles propositions.