‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 27 sur 407 · LES CANONS DU DI.UXIKMi: CONCII.l- (KCL'MENigUH · texte numérisé non relu

LES CANONS DU DI.UXIKMi: CONCII.l- (KCL'MENigUH

pijavTa T:Jr y.xvivar. y.a'. tï;v £y.y.AY;7iar:ty.r,v /.•j;rr;vii;Aîv;v îJTarîav ^.

1. Ce camtii lémoigne du pidluinl iiialaisi- dmil ol.iil alloiiil la société ecclésiastique après plus d'un deuii-sièclc di- poléiuiiiuf et d'Iioslililé ouverte entre .irieus et calliolicjucs. Ce Icu croisé dacciisaliuns, de (iéïKHicialiniis, ics dépositions, les violences qui en élaienl le résult.it avaient transformé le clergé en une société dans laquelle régnaient la déliance et les procédés les plus regreltables. S. Jean Clirysosloine, l>e sacerdotiu. 1. 111, c. \iv. I' . ^'., t. xi.viii, cul. G'i'J, dit qu'alors « un évèqne doit se teiiii- de tmites pails sur ses gardes, c'est à qui suspectera sa conduite. On l'épie et cli.iciin est prêt à lui causer préjudice. S il s'appréle à faire quoi que ce soil, lout le bien qu'il a accompli ne le gardera pas contre les langues venimeuses et ^on entourage immédiat est encore celui dont il a le plus à se délier, u Personne, dira-t-il plus lard et expérience faite, ne craint d'accuser ou de calomnier un évèque. Iloinil. in Ad. AposL, m, 2. C'est bien la même situation que décrit le canon ()■=. Le verbe rj\v.vi'j\s.v.i que nous reucontioiis ici comme au canon 2*, ainsi que dans lilnsébe, Ilist. ceci., 1. IV, c. IV, P. G., t. XX, col. oOS, a le sens d'adminislrali(jn spirituelle dérivé de l.uc, xii, i2 et 1 Cor. iv, 1. Employé comme ici d'une manière absolue, ce ternie peut indiquer une distribution des aumônes de l'Eglise (Edw. Hatcli, Bampton Lectures, p. 41). Un autre mol est employé avec un sens spécial, c'est iîpiJ; désignant un évèque, sans doute pour marquer que dans ce tilre le christianisme concentrait la puissance sacerdotale. Saint Jean Cluysostome fait également usage du mot iepwaJvr,; pour désigner l'épiscop.il et chez les latins on trouve Tertullien, De haptismo, c. xvii, P. /,., t. i, col. 123G, écrivant : suiiimus sacerdos qui est episcopus ; saint Cyprien emploie également sflcc/cios pour episcopus. On remarquera dans ce canon la garantie donnée à ceux qui portent une accusation; il ne sera fail aucune enquête sur sa i-eligion. l.e terme employé ici Opr.'TXitav, se trou\c, dans les édits impériaux transcrits par Eusèbc, Jlist. écoles., I. IX, c. i ; I. X, c. v, P. G., t. xx, col. 1^7 sq. 880 sq., avec le sens très net de « culte t. Il va sans dire que c'est la religion du plaignant qui ne doit en aucune façon lui être imputée, il ne s'agit pas ici de la mf)ralité générale. Le concile d'Hippone, tenu en li'.U, règle (jue persr)iiue ne pDUiia p<irler mu- accusation contre un évèque s'il n'est parfaitement honorable, nisi pionrias causas, non tanieit occlesiasticas, dicere volueni (Mansi, Concil. ampliss. coll., t. m, col. 'J20l. Cette distinction n'est pas admise parle 75' canon apostolique, qui dénie à un hérétique le droit c!e porter témoignage contre un évèque. On peut en rapprocher le canon ^t6'' du recueil ai-lésien connu sous le nom de IV»-- concile de Carthagc. Le Gc canon de C^)nslantinople h.ioutit bien vite aux mêmes dispositions restrictives à l'égard des hérétiques, terme un peu vague et facilement extensible dans lequel on lait entier: 1" ceux >[ui sont excommuniés formellement; 2' ceux (jui sont anatliéinalisés par le 1" canon précédemment porté ; I!" ceux qui proiéssant garder l.i loi n'en sont pas moins alhliés au schisme et font opposition aux évèques légitimes ; 4" les rlercs excommuniés pour une faute déterminée on bien accusés «l'une faute dont ils n'ont pu se l.iver. C'est ce ([ue dit le canr)n 6e du IK' concile de Carthage : Si crintinosns est, non (idniiltiitur ut nccusct (.Maiisi, op. cit., t. m, col. G'J'i). Mentionnons encore quelques particularités de ce canon. — à^roxr.pu-

CONCILES - II - :i

1,1 vu K MI

Comino, dans lo but de irouI)l(M' et de détruire l'ordre de l'I'lglise, plusieurs iriiagineut, par un (•s[)ril de haine et en véritables sycophantes, des accusations contre les évéques orthodoxes chargés du gouvernement de ri'lglise, ne se proposant, par là, que de porter atteinte à l'honneur du sacerdoce, et d agiter le peuple naturelleirieut anioureux de la paix, le saint concile des évèques réunis à Constantinople a décidé qu'à l'avenir on ne rcvùt i)as les accusateurs sans leur faire subir une enquête, et que Ton évitât, d'un côté de perniellre à tous sans distinction de se porter comme accusateurs contre ceux qui gouvernent les l'^glises, et, de 1 autre, de le défendre à tous d unr manière absolue et sans distinction. Mais lorsque quelqu'un porte une accusation personnelle contre l'évêque, soit qu'il ait «'té desservi par lui, soit <(u'il ait élé traité injustement d'une fa(;on ({uelconcjue, on ne doit pas, dans des accusations de cetlo sorte, prendre en considération la personne ou la religion du plaignant, caria conscience de l'évêque doit se conserver parfaitemcnl pure et celui ({ui croit avoir éprouvé du dommage doit obtenir justice, <juelle que soit la religion à laquelle il appartienne. Si la plainte porli'-e a irait à des choses de l'Kglise, il faut alors examiner ce que sont les accusateurs, car il faut éviter avant tout que des hérétiques ne portent, contre des évèques orthodoxes, des accusations qui concernent des choses de l'Kgiise. Nous regardons comme hérétiques ceux qui sont déjà depuis longtemps exclus et qui, en outre, ont été analhématisés par nous, et de même ceux qui professent une foi orthodoxe, mais qui, se séparant des évèques légitimes, tiennent des réunion pariiculières. En outre, des meinlires de l'Kglise, déjà condamnés ou ex( lus pour certains motifs, et (jui ne sont plus en communion, fussent-

•//JivT*; se rapporle à la grande excommunication, ainsi que nous lisons dans Socrale, Ilist. eccl., 1. I, c. vi, P. G., t. i.xvii, col. 'il sq. ; iiio-/.r,p-jyf)r,>7X'i àmo -rf,; 'Ey.y.>.r,(7ia;, et dans S, Grcgoh'c de Naziaaze, /i/^/sf., en, qui nous dit que le pape Damasc (it les apollinaristes à-o/.r,pj/.TOj;. Le sens dans lequel le canon 6o parle d héréliques est tout à lait large et renferme également les scliismatiques ; on constate la même façon de pailer dans la Conférence de Cartilage en 411 {CoUalio I, c. 126, 13*J), dans saint Athanase, saint Basile et une loi de Théodose datée de l'année 380. 'AvTtTJvdtYovTa; se comprend sans peine si on en rapprociie <TJvàv£-.v (Euscbe, Ilist. ceci., 1. Vil, c. \i ; S. Athanase, Apol. contr. ariari., c. xx), n-^/yi'; z/j'ian (Eusèbe, op. cit.. 1. VII, c. ix ; S. Athanase, Apolog. cotitr. arian., c. xii) et Tjvaît; (Cyrill. de Jorusal.. ('atcchesis, x, l'i, S. Athan. Apolog. de fuga, n. xxiv, Tomus ad Ariliock., c. ix ; Socrate, IJist. ecclcs., I. V, c. xxii), enfin saint Jean Clirysostorae parle de la <TJvà5£'; quolidicnne (Ilomil. in Act. Apost., xxix, 3). Socrate, Ilist. eccles., I. VII, c. v, emploie le terme napaTjvâvwv pour Itnii- une assemblée étrangère à révèquc. Beveridge a proposé une lecture très acccplab'.c pour y.avoviy.oï; (r.aiiiv £7ri<T-/co7io'.:j, il lit donc : y.oivcovixoi; < les évèques qui sont en communion avec nous », ce qui s'accorde très bien avec le xotvor/ixov; de In lettre synodale aux occidentaux, dans Théoporet, Ilist. eccles., 1. V. c. ix, P. G., t. lxxxii, col. 1212 eq. (H. L.)

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