Conciles espagnols au sujet des priscillianistes
en 446 et 447.
L ejivoi des actes du concile romain dont nous avons parlé plus haut amena les Espagnols à s'occuper des priscillianistes. Ils tinrent
1. Walch, Historié clcr Kiichenvevsammlungen^Y'- 2^6, préleiid à lorl que ce concile se liut à Hiérapolis de Phrygie. (tl. L.)
2. Hardouiii, Coll. coiicil.. t. 11, col. 573 ; Mansi, Concil. awpliss. coll , t. vm, col. 317.
167. LES CONCILES ESPAGNOLS AL SUJET DLS PIllSCILHANIS TES 481
a ce sujet île nouveaux coneiles, un eu puilieullcr à Aslorga (-liVci/v'ca) dans le nord-ouest de IRspagne '. ('e concile, dont Idace est seul à parler dans sou Clirunicon-, se liul eu 'i'5(>. Tout ce que nous savons à sou sujet ne repose que sur des suppositions plus ttu moins fondées. La lellie di' Turibius, évèque d'Astorga, au pape Léon
1. Ilaidoiiiu, op. cit., t. i, iiulix ; ('<>!tli, Concilia, l. iv, i(jI. Tifl ; Maiisi, op. cit., t. VI. col. 490. (11. L.)
2. Mansi, op. cit.. t. vi, col. 489 st]. : Flunr/., lispaila sa>;radii, I. vi. p. 121 ; P. Qucsnel. tiissiilat. 1, De \ita et rehus gesiis, P. /,., t. liv, col. 213. Turibius d'Astorga profila il(! liiiaclion que lui créait l;i maladie pour récapituler ce qu'il savait de la doctrine et de la propagamle des priscilliens ; il coinniuniqua ses idées au.v évêques voisins, rédigea un écrit conleiiaut les erreurs de la secte cl 1 adressa au pape l.éon par un diacre d'Astorga. L'envoi se C(jinposait de lettres, d'un « libelle n et d'un « coninioniloire ». Du « libelle » il ne subsiste qu'une epistoln nuncupatoria ad Idaiium et Ceponiuni . Tillemont, Mém. hist. ecclés., t. xv, p. 893: Qu'Idace et Ccpone n'estoient point evcsques de Lugo et de Brague. Le pape Léon I''' écrivit (juatrc lettres au sujet de l'hérésie priscillienne. Celle adressée à Turibius nous acte conservée. On y presse la réunion d'un concile général des évêques de la Tairaconiiaise, la Carthaginoise, la Lusitanie et la Bétique. Si un obstacle venait s'opposer à cette assemblée, les évêques de la Galice, dont le pays était plus particulièrement miné par l'hérésie, devaient se réunir et aviser aux mesures à prendre. La deuxième lettre portait indiction du concile, elle était adressée à tous les évêques des provinces que nous venons de citer. La troisième lettre était destinée aux évêques de Galice, elle leur pi-escrivail d'envoyer à Balconius de Braga, métropolitain de Galice, le décret touchant la foi cju'ils allaient rendre ou qu'ils venaient de promulguer. La quatrième lettre était destinée à Balconius et au concile provincial de Galice ainsi qu au métropolitain Balconius. Turibius élait persuadé que la persistance de la secte priscillienne en l'Espagne provenait notamment de ce que « il n'y avait pas de synodes dans ce pays et que les saints canons n'y étaient pas exécutés. » Epist. ad Idatiuin et Ceponiuni, P. L , t. liv, col. 693. La réponse du pape, en date du 21 juillet 447, montrait que saint Léon avait tenu compte des réclamations de Turibius, puisqu'il ordonnait un concile général ou, à son délaut, en cas d'impossibilité, un concile provincial. Or, apiès ces ordres, rien ou presque rien ne lut fait. Il se peut que Turibius soit mort sur ces entrefaites ou bien que les évêques espagnols aient vu d'un mauvais œil la réunion d'un concile. Gams, Kircheni^escliichte von Spaiiicn, t. Il, p. 478. P. Cacciari a écrit une histoire de l'hérésie priscillienne, histoire aujourd'hui insuffisante depuis la découverte des ouvrages de Priscillien par Scheps et les travaux que cette trouvaille a provoqués : néanmoins, ce qui a trait à la survivance du priscilliauisme, c'est-à-dire à l'histoire du parti après la mort de l'hérésiarque, notamment pour la lettre de Turibius, l'exposition de Cacciari garde sou mérite. P. Cacciari, De priscillianislarum hxresi et liistoria liber unus. parmi ses E.vercitationes in universa sancti Leonis Maj^ni opéra, pertinentes ad liistorias h.rresum nianichicoruin., prisciUianista-
GONCILES - II - l! 1
le Grand, laisse présumer que son zèle à découvrir les priscillianistes provoqua ce concile. Dans sa réponse à Turibius, le pape Léon l'engagea k persévérer dans son zèle, et ses exhortations amenèrent la réunion des deux autres grands conciles espagnols, dont le premier se tint probablement à Tolède en 447 ^, le second un peu plus tard dans la province de Galice, i/i miuiicipo Celenensi -. Le pape
mm pelagianoruin atque cutycliianorinn, in-fol., Romiie, 1751, réimprimé dans P. L., t. Lv, col. 991-1066. Le chapitre xiii (col. 1032 sq.) est consacré à l'évèque Turibius ; le cli. xiv concerne la lellre de saint Léon à Turibius (col. 1036). Epist., XV, édit. Bnllerini, t. i, p. 711 sq. ; Mansi, op. cit., t. v, col. 1302 sq. ; /'. L., t. Liv, col. 677. (H. L.)
1. Baronius, Annales, ad ann. 405, ii. ''i3-59 ; ad ann, 447, n. 16 ; Pagi, Criiica, ad ann. 405, n. 16-17 ; Labbe, Concilia, \.ii, co\. 1333, cf. col. 1277-1281, 1813-1814; llardouin, Coll. concil, t. i, col. 993 sq., 1019; Coleti, Concilia, t. III, col. 99 ; Ai^uirre, Concilia, t. m, col. 152-156 ; Mansi, Supplem., t. i, col. 275 ; Conc. ainpUss. coll., t. m, col. 1002 sq., 1161 ; Mandernach, Geschichte des Priscillianismus, in-8, Trier, 1851, p. 64 sq. ; D. Ceillier, Hist. génér. aiit. ecclés., 2° édil., t. x, p. 668. Le concile de Tolède en 447 examina ce qui avait été fait dans le concile tenu en l'an 400 dans la même ville contre les priscilliens. Ou (it même un extrait des actes de ce concile, ce point ne peut faire de doute puisque Syniposius et Dictinus, qui survécurent au concile de l'an 400, y sont appelés de « sainte mémoire » ; pvofessiones sanctae mémorise episcoporum domini Symphosii et domini Dictinii. La confession de foi qui se trouve parmi les pièces du concile de 400 appartient au concile de 447, puisque son titre porte expressément qu'elle fut faite par les évêques de la Tarraconnaise, de la Carthaginoise, de la Lusitanie et de la Bétique et envoyée par ordre du pape saint Léon à Balconius de Braga. Ce dernier point est confirmé par le témoignage de Lucrèce de Braga, lors du concile tenu dans cette ville en 563 : Incipit régula fidci catholicie contra omnes hœreses, et quant maxime contra priscillianos, quant episcopi Tarraconnenses, Carthaginenses et Bsetici fecerunt, et, cunt prsecepto papse urbis Rontx Leonis, ad Balconium episcopum Gallicise transmiserunt, ipsi etiant et suprascripta viginti canonum capitula statuerunt in concilio Toletano. (H. L.)
2. Lucrèce de Braga, dans le Concil. Bracarense, 563, parle d'un concile des évêques de Galice auquel saint Léon envoya ses écrits, c'est-à-dire apparemment sa lettre à Turibius. D'après Idace, Chronicon, ad ann. 446, elle ne fut pas bien accueillie, et le priscillianisme subsista encore quelque temps dans la province. Tilleraont, Mém. hist. ecclés., t. xv, p. 893, a consacré une note a Sur le concile de la Galice sous saint Léon », tenu in municipio Selenensi apud Lucensem urbem. « J avoue, dit Tillemont, que je n'entends point ce que cela signifie. Pour le fond, je ne trouve aucun ancien monument, ni dans Baronius, ni autre part, qui marque le lieu de ce concile : et à peine trouve-t-on des preuves obscures et éloignées qu'il se soit tenu. » Depuis lors on n a rien découvert, à notre connaissance, qui témoigne de ce concile plus qu'hypothétique. Malgré le P. Quesnel, qui rapproche la mention du concile de ce qui est