‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 313 sur 407 · G7. LES CONCILES ESPAGNOLS AL' SUJET DES PIIISCILLIAMSTES · texte numérisé non relu

G7. LES CONCILES ESPAGNOLS AL' SUJET DES PIIISCILLIAMSTES

Léon souhaitait la rriiiiion (luii concile généial {IFsnafne ; mais la situation pol!ti(|iic du pays ne le permit pas; les (lillerents souverains (|ui se partageaient lEspafjjne préférèrcril diMix conciles particuliers à concile national.

Au concile tle Tolède assistèrent- les évcques de la Tarraconnaise, [307] cle l;i (".aithaoinoise. de la Lusitanie, de la Béti(pie ; ils pronuilouèrent un svmholc cl dix-huit anatlièïnes ^. Il est dahord (uiestion dans ce symbole de la doctrine orthodoxe sur la i'rinilé, et on dit du Saint-Esprit : (i Paire Filiof/iœ procedcns "-'. Vient ensuite la doctrine des deux natures dans la personne du Christ : elle est hien mise en n liei, sans atteindre cependant à la précision du concile

dit d Exiipi-rauco de GaUiciit Lucensis coiivcnlus, inunicipii Celenis, il n'y a dans cette indicalion lieii qui conliz'iiiL- ni qui eclaiicisse le concile tenu à Lugo ni à Celint's. Il esl fort probable, eL 'l'illcinont l'.iVMil vu, (ju'ou a pris ici conventtis pour « concile », tandis que ce mot «ignilio une subdivision territoriale, un ressort de justice. En Espagne, les cinq grandes provinces étaient divisées in plures coriventus ; la Galice à elle seule en renfermait quatre. « Je croy, dit ïillemont, qu'on les pourroit comparer à nos présidiaux ou à nos generalitez. Je les appelle audiences croyant avoir vu qn'(jn se sert aujourd'hui de ce terme dans l'Espagne. » (H. L.)

1. Cacciari, De /n'iscillianis/arum hxresi et historin, c. xv, P. L., t. i.iv, col. I04'i-1049. La profession de toi a été souvent attribuée à saint Au'j;ustin, notamment par Pierre Lombard, Magisier sententiar, III, distinct. XXI). Cette attribution n'est fondée sur aucun manuscrit et la (jiècen'a |)U s'introduire dans aucune édition des œuvres de ce Père, malgré la tendance marquée de la part des éditeurs de grossir le plus possible l'œuvre de leur docteur. Au reste, on rencontre dans cette Ibrmule diveises expressions dont les écrits de saint Augustin n'offrent pas d'exemples. Telle est celle de Parciclet, pour marquer le Saiut-l-lsprit, expression qui a suffi à faire rejeter parmi les pièces supposées celles où elle a été rencontrée et qui étaient reçues auparavant pour authentiques. (H. L.)

2. Celte phrase trahirait peut-être une rédaction plus récente. [Cette remarque de Hefele avait déjà été faite par P. Quesnel elJ. Hardouin, d'après qui ces mots « ex Pâtre Filioque » manum prodere (recentiorein) non est qui duhitare possit. D. Ceillicr, Hist. génér. aiit. ecclés., t. x, p. 66'J, dit que, a dans le code ancien de l'I-lglise romaine où elle (cette profession de loi) est riipjjortée, on dit seulement qu'il procède du Père.» Cacciari est d'un sentiment nettement opposé et il cite le début de la lettre de saint Léon à Turibius, Jïpist., xv, 1, P. /.. , t. Liv, col. 680 : Primo itcif/iie capilulo dentonstratur quain impie sentiant de Trinitate dii'ina, qtti et Patris^ et Filii, et Spirilus Saiicti unam atque eamdem asserunt esse peraunani, ianqunm idem Deus nunc Patcr^ nuiic Filius, nunc Spirilus sanctus nominetur, nec alius sit qui gênait, aliiis qui genitus est, aliiis qui de utroque processit, cf. P. /.., t. lv, col. 10'i9. .Merkle, Dus Filioque ans dem Toletanum, hTi . dans Tkeolog. Quartals., 1893, p. 'i08 sq . (II. L.)j

de Chalcédoine ^, et le concile s'exprime ensuite de cette manière ~ : « Le corps du Christ n'est pas un corps imaginaire ; ce n'est pas un fantôme, mais un corps réel et véritable [solidam atqiie çeruni) ; il [hune, c'est-à-dire le Christ) a éprouvé la faim, la soif et la douleur, il a pleuré et a eu à supporter les infirmités du corps, a été crucifié par les Juifs, il est ressuscité le troisième jour, a parlé ensuite avec ses disciples et le quarantième jour après sa résurrection est monté aux cieux. Ce fils de l'homme est aussi appelé Fils de Dieu ; et nous appelons également fils de l'homme le Seigneur. Nous croyons qu'il y aura une résurrection de la chair et nous enseignons que l'âme humaine n'est pas une substance divine, ou bien Dieu, mais bien une créature arrivée à l'existence par la volonté divine. »

Puis viennent les dix-huit anathèmes qui condamnent les principales erreurs des priscillianistes :

1. Si qiiis ergo confessus fuerit aut crediderit ^, a Deo omnipolenti

1. Le moiiophysisme attaqué par le concile de Tolède est celui des priscillianistes.

2. Le symbole de Tolède établit clairement la réalité des deux natures et leur union en une même personne dans Jésus-Christ; on y voit que l'àme de l'homme n'est ni une substance divine, ni une substance égale à celle de Dieu, mais qu'elle est une nature créée par la volonté de Dieu. Tout le symbole est si manifestement dirigé contre les priscillianistes que c'en serait assez de cette preuve pour en refuser la composition à saint Augustin. Les priscillianistes niaient la différence entre les trois personnes de la Trinité, n'admettant qu'une différence nominale mais point personnelle. Ils enseignaient qu'il y a quelque chose qui s'élend au delà de la Trinité divine (// Conc. Tolet., anath. 14'). Les priscillianistes déclaraient que le Fils est innascibilis (^11 Conc. Tolet. , anath. ô*"), ce qui revient à dire qu'il n'avait pas existé avant Marie {Conc. Bracar., 563. can. Se) ; ils prétendaient qae le Fils de Dieu n'avait adopté que la chair et non pas une àme et qu'il n'y avait qu'une seule nature de la divinité et de l'humanité dans le Ciirist ; que le créateur était autre que Dieu. En regard de ces erreurs le symbole accentue que le Christ a réellement souffert dans sa chair, qu'il est mort effectivement et que par la reprise de son àme il est ressuscité. On trouvera le texte de ce symbole dans Mansi, op cit., t. m, col. 1003 sq. ; Régula fidci catholicx ; Aguirre, Conc. Ilispan., t. ii, p. 135 sq. ; Florez, Espana sagrada, thcatro geogr. histor. de la Iglesia de Espaila, t. vi, p. 77 sq. ; Neander,^//^e/«. Geschichte der christlichen Religion und Kivche, t. ii, 3e part., p, 1490 ; Bruns, Canones Apostolorum et conciliorum, part. I, p. 203 sq., 416 ; A. Hahn, Dihliothek der Symbole iind Glaubensregeln, in-8, Breslau, 1897, p. 209, 11. 168, donne le texte d'après iMansi et le reporte au concile de l'an 400 ; F. Kattenbusch, Das apostolische Symbol, in-8, Leipzig, 1894, t. i, p. 158. (H. L.)

3. Si quis ergo dixerit vel crediderit {Codex canonum et constitutorum Eccle-

\i]~ . i.ns CONÇU. i:s i:si'acnoi,s au sijet di:s pimscii.i.iamsti-.s 485

munduDt lui ne factiini no/i fuisse, atnue cjiis omnia instrumenta, anathema sit.

Si quelqu'un aflirnic ou ci'uil (juc ce niondi' et toute son organisation n'ont pas été créés par le Dieu loul-puissani, ([uil soii auatiième.

l?. Si (//lis ilijcrit (it(iuc crcdideril, Dcuni Putrcni cundcni esse Filium (itque Puruclcluni ^, anathema sit.

Si quelqu'un dit cl v\\\\\. que le Père est le uiruic (pie le Fils et le Paraclet, qu'il soil anatliènie.

V). Si quis di.tciit, K'el crediderit, /)ci Fi/iu/n eundcm esse Patrem vel Paracletiim ~ anatlienid sit.

Si (pielcju un dit uu cruii (juc le l'ils dt- Dieu est le même que le Père et le Paraclet, qu'il soit anatlième.

'i. Si (juis di.icrit vel crediderit, Paracletuni s'cl Palreni esse i^el Filium •', anathema sit.

Si quelqu'un dit ou croit que le Paraclet est le Père ou le Fils, qu'il soit anatliènie.

5. Si quis dixerit vel erediderit, carnem tanlum sine anima a Filio Dei fuisse susceptam ', anathema sit.

Si quelqu un dit ou croit que le l"'ils de Dieu n'a pris que la chair sans âme. qu'il soit anathème.

II. Si quis di.ierit vel erediderit, Christum innascibilem esse ^, anathema sit.

Si quelqu'un dit ou croit que le Christ ne saurait naître, qu il soit anathème.

[308] 7. Si quis dixerit vel erediderit, deitateni Christi convertibilem esse vel passibilem ^, anathema sit.

six Romanx) ; si quis auteni dix. aut cvcd., A. Ilalm, op. cit., 3e édit., p. 211. (H. L.)

1. Si quis cred. alq. dix. : Deuin Patrem euiidem Filium esse vel Paraclytnm. {Cod. can. et coiist. Kccl. R.) (II. L.)

2. Dominum Fil. eund. esse Patr. vel Par. {Cod. can. const. Eccl. R.) (H. L.)

3. Si quis dixerit, Paraclylum Spiritum euiidem esse vel Patr. vel Fit. (Cod. can. const. Eccl. R.) (II. I..)

4. Si quis dix. atq. cred. hominem J. Cluistum a Filio Dei aisumtum non fuisse, anath. sit. — Si quis dix. atq. cred. (ms. de Thon : Si quis non erediderit) Filium Dei Deum passum, anath. sit. {Cod. can. const. Eccl. R.) (H. L.)

5. .Si quis dix. atq. cred. hominem Jesum Christum hominem impassibilem fuisse, anath. sit. {Cod. can. const. Eccl. R.) L;i leçon impassihilem se rencontre assez fré(|uemm('nt dans Hardouiii. (H. L.)

6. Pliisieur.s mss. consultés par d'Aguirre changent cunvertibilem vel passibilem en nascibilem. (H. I..)

Si quelqu'un pense que la divinité du Christ peut changer ou souffrir, qu'il soit analhème.

8. Si quis dixerit çel crediderit, alterum Deiim esse priscse legis, alterum Evangelioriim, anathema sit.

Si quelqu'un dit ou croit que le Dieu de l'Ancien Testament est autre que le Dieu de l'Evangile, qu'il soit anathème.

9. Si qiiis dixeritçel crediderit, ah alteroDeomunduinfactum fuisse, et non ah eo, de qiio scripUun est : In principio fecit Deiis cœlum et terrant, qui soins Deus verus est^, anathema sit.

Si quelqu'un dit ou croit que le monde a été créé par un Dieu autre que celui dont il est écrit : « Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, » et qui est le seul vrai Dieu, qu'il soit anathème.

iO- Si quis di.verit vel crediderit^ corpora huniana non resurgere ^ post mortem, anathema sit.

Si quelqu'un dit ou croit que les corps humains ne ressusciteront pas après la mort, qu'il soit anathème.

11. Si quis dixerit i>el crediderit, animam humanam Dei portionem, vel Dei esse substantiam, anathema sit.

Si quelqu'un dit ou croit que l'âme humaine est une partie de Dieu ou bien la substance de Dieu, qu'il soit anathème.

12. Si quis dixerit vel crediderit, alias scripturas, prœter quas Ecclesia catholica recipit, in auctoritate hahendas, çel esse venerandas ^, anathema sit.

Si quelqu'un dit ou croit qu'en dehors des Écritures reçues par l'Eglise catholique, il en est d'autres que l'on doit regarder comme des autorités ou vénérer, qu il soit anathème.

13. Si quis dixerit i>el crediderit^ deitatis et carnis unam esse in Christo naturain, anathema sit.

Si quelqu un dit ou croit que la divinité et 1 humanité ne sont dans le Christ qu'une seule nature, qu'il soit anathème.

1. Si quis dix. vel crediderit, ab altero Deo mundum factum quam ah illo, de qno scriplum est : in principio Deus fecit cselum et terrain, qui solus Deus verus est. [Cad. can. const. Eccl. R.) (H. L.)

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