‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 315 sur 407 · Salulari, plusieurs mss · texte numérisé non relu

Salulari, plusieurs mss

4. Coiilraiteuienl à la pratique de l'Église universelle ; les priscillianistes omettaient dans leur loriunle de haplème les conjoiictiuns et, et, de telle sorte que Père, Fils el Saint-Esprit paraissaieut identiques. Cl. Mandcrnach, o^. cit., p. 17.

Peu avant la conquête de la Grande-Bretagne par les Anglo-Saxons, les évêques de ce pays, effrayés des grands progrès du pélagianisme en Angleterre, appelèrent les évêques des Gaules à leur secours. Ces derniers tinrent, mais on ne sait où, un concile et députèrent en Angleterre deux de leurs membres, saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Troyes. Ces deux évêques assemblèrent un concile probablement à Saint-Alban (Verulam) ^. Pelage et son disciple Agricola y furent anathématisés, et les pélagiens s'avouèrent vaincus. Tel est le récit du biographe du saint prêtre Germain, de Constance -, de Prosper 3, et de Bède le

1. Spelman, Concilia, décréta, leges.consliiutiones, in-4, Londini, 1639, t. i, p. 47 ; Conc. regia, t. vu, col. 295 ; Labbe, Concilia, l. m, col. 146i-1465 ; Pagi, Critica ad Annal. Baronii, ad ann. 429, n. 4; llardouin, Coll. concil., t. I, ind. : Coleti, Concilia, t. iv, col. 729; Wilkins. Concilia Brilannise, t. i» p. 1-2; Mansi, Conc. awpliss. coll., t. vi, col. 489; Mahias, Sur la mission de saint Germain en Bretagne, dans le Congrès scientif.de Fiance, Auxerre, 1858- 1859, t. Il, p. 42. ïillemont, Mém. liisi. ecclés., t, xv, p. 16, dit en propres termes à propos de ce concile, qu'il place d'ailleurs en 429 : « Constance rapporte amplement ce qui se passa dans le combat que les deux saints eurent avec les hérétiques et comment ils rappelèrent à la confession de la vérilé, tant par l'éclat de leurs miiacles que par la force des paroles de l'Ecriture tous ceux qui avoicnt esté engagez dans l'erreur. Quelques-uns tasclient par de foibles conjectures de trouver le lieu où se fit la conférence entre les saints et les pélagiens. Nous aurions plus de lumière sur toute cette histoire si importante, si nous en avions les actes, qu'on dit estre entre les mains d'une personne célèbre, avec les actes du concile des Gaules qui avoit député les deux saints cvesques. » (H. L.)

2. Vita S. Germani Autissiodorensis per Constantium preshjterum Lugdunensem eiits discipulum, P. L., t. cxxiv, col. 1207-1270. Sur cette vie et la critique des événements qui s'y trouvent rapportés, cf. Potthast, Bihliotheca medii xvi, in-4, Berlin, 1896, t. ii, p. 1337 ; U. Chevalier, Répertoire des sources historiques. (H. L.)

3. La date 429 g^nde nos préférences pour la mission de saint Germain d'Auxerre et saint Loup de Ti-oyes. Prosper d'Aquitaine, Chronicon, ad ann. 429, P. L.,\. Li, col. 594 ; Liber contra Cotlatorem, xxi, -, P. L., t. li, col. 271. On a fait généralement de Pelage un moine de Bangor, opinion inadmissible puisque ce monastère ne fut fondé que vers le milieu du vo siècle, j)ar Iltad, disciple de saint Germain d'Auxerre. Pelage encore orthodoxe quitta son pays vers l'an 400 pour se rendre à Rome uù il enseigna ses erreurs sur la grâce. Quoi qu'il en soit, l'erreur se répandit en Bretagne où elle fut introduite, vers l'an 420, par un certain Agricola, celte d'origine, et y prit un tel accroissement que les orthodoxes de l'île, alarmés, demandèrent du secours à Rome. Ce fut alors que le pape Célestin chargea Germain et Loup de passer en Angleterre, d'y extirper l'erreur pélagienne et de rétablir la foi dans sa pureté originelle. Cette première mission eut d'importants résultats (429-431). L^auteur de

1(J8. CONCILF.S DANS LKS (iAlM.I-S 489

^ éiuiable '. Mais Paj^i a soulcvt- l'oiilif ce récit des objections chroiioloj^iqucs, cl il a placé ces tlcux conciles en l'année 429 "-.

In concile romain, tenu sous le pape Léon le Grand en 447, rendit, à l'occasion des plaintes des évèqucs de la Sicile, de salutaires ordonnances pour empêcher les évèques prodigues de dilapider les biens des Eglises ^.

Vllist. litt. (Ir la France, t. ii, p. 15'»-I55, cl Allioz, Ilist. de I.érins, p. 99, csliuienl (|iie ce lui le concili.- ttuii à Arles en 428 (ou 427) sous Honorai qui décida de l'envoi d'une mission anli-pélai^iennc on Bieliigne. 11 nous paraît difficile de voir dans ce concile la i-éali^alion du désii- uianifeslé par un rescrit impérial du 9 juillet 425, adressé à Amace, préfet du i)rétoire, résidant à Arles, et pzescrivant à Palroele, évèque d'Arles, de réunir un concile gaulois pour ai-réter les progrès du pélagianisnio. Baroniiis parle lui aussi d'au concile gaulois, mais le place en 429. Pour justifier la désignation de Germain el Loup par un concile d'Arles, on a imaginé d'invoquer les relations d'amitié entre saint Germain el llilaire d'Arles, entre Loup el Ililaire son maître. Quant à Simiond, c'est par suite d'une erreur manifeste qu'il place en 446 le conciliuni iiicei ti loci ex qiio S. Germaiius et S. Lupus episcopi in Britanniam ad profligandani hœresim pelagianani missi sunt. Hauck, dans Realencyhlopcidie, l. vi, p. 606, pense que le synode gaulois se tint à Troyes. Quoi qu il en soil, saint Germain à son retour de Bretagne vint à Arles trouver Auxiliaris, préfet des Gaules ; en 439, Avitus lui avait succédé et Auxiliaris s'était retiré à Rome comme préfet d'Italie. Enfin saint Germain mourut entre 445 el 450. l/ouvrage le plus récent et le plus important à consulter est W. Levison, Bischof Germanus von Auxerre unà die Quelle zu seiner Geschichte, dans Neues Arcliiv. der Gesellschaft fïir altère deutsche Geschichtskunde, 1903, t. XXIX. p. 95-175; J. B. Bury, Life ofSl. Patrick, in-8, London, 1905, p. 297; J. .M. S. Gorini, Défense de l'Église contre les erreurs historiques, in-12, Paris, 1866, l. ii, p. 201-291. (H. L.)

1. Bède, Bisl. Ang'or., 1. I, c. xvii, P. A., t. xcv, col. 45. On ne peut s'empêcher de demeurer confondu quand on constate l'incompréhonsible nullité des ouvrages liisloriques consacrés en Angleterre à la période des origines bretonnes. 11 faut revenir à Lingard, totalement insufltsaul, el à Haddan el Stubbs, Concilia, qui se contentent de quelques noies historiques et n'écrivent pas l'hisloire. C'est ainsi que ce concile semi-pélagien est mentionné en dix ou vingt lignes par Flanagan, Ferry, etc. Pour y apprécier le rôle de saint Germain, il faut encore recourir à Lebeuf, Mémoires concernant l histoire civile et ecclésiastique d Auxerre et de son ancien diocèse, continuée avec addition de nouvelles /jreuves el a-tnotatiuns, par Chable et Quentin, 4 vol. in-8 ; Auxerre, 1848-1855, t. I, Blondel, Vie des saints du diocèse de Sens et d'Auxerre, in-18, Sens-Auxerre, 1885. (H. L.)

2. Pagi, Critica, ad ann. 429, n. 2 sq. ; Greith, Geschichte der aldrischen Kirche, in-8, Freiburg, 1867, p. 75 sq.

3. S. Léon I-'', Epist., XVII, Ad universos episcopos per Siciliani, édil. 15allerini, l. i, p. 727 sq. ; P. L.. t. i.iv, cu\. 695; Mansi, Concil. anipliss. cuil., t. V, ctd. 131 1 ; t. VI, col. 493 ; P. Quesnel, dissertât, de viUi et rébus gestis

169. Conciles à Antioche en 447 et en 448. Deux réunions à Béryte et à Tyr.

Après la mort de l'évêque Rabboula ^, Ibas, son principal adversaire (qui professait une si grande admiration pour Théodore de Mopsueste), fut appelé à sa succession sur le siège d'Edesse. Quelque temps après, quatre clercs de la ville, Samuel, Cyr, Maras et Euloge 2, accusèrent leur nouvel évêque de répandre partout les [3101

S. Léonin Magni, P. L,, t. lv, col. 213. La lettre du pape Léon est datée du mois d'octobre ; elle s'élève fortement contre la célébration solennelle du baptême au jour de l'Epiphanie, coutume qui s'était introduite par une sorte de commémoration du baptême du Clirist que la liturgie fête ce jour-là même. Saint Léon réclame qu'on s'en tienne à l'usage consacré, c'est-à-dire à la célébration du baptême aux lêtes de Pâques et de Pentecôte, institution qu'il prétend être d'origine apostolique. Le baptême est l'image de la résurrection, il rend la vie à l'homme et la triple immersion rappelle la triple sépulture. Ipsa igitur opeiis qualitas docet ceiebiandse generaliter gratix eum esse legitiinuin diein in quo orta est et virius niuneris et specces actionis. La Pentecôte est, selon lui, comme un supplément à la tête de Pâques et il éuumère les grandeurs de ce jour pour porteries Siciliens à s'y attacher exclusivement. Eu terminant sa lettre il donne ce conseil précieux d'envoyer deux fois chaque année trois evêques à Kome, afin de s'y retremper dans la coutume de 1 Egiise- Mère et d'y apprendre du premier coup ce qui s'écarte de la tradition et de la pensée des Pères: Cum corain beatissimo apostoiu Petro id seinper in commune tractandum fuerit^ ut omnia ipsius constituta canonumque décréta apud omnes Domini sacei dotes iiiviolata permaneant. Gérard Vossius a publié une autre lettre du même pape aux mêmes évêques. Il y interdit l'aliénation des biens d'Eglise, Epist., xvii, P. Z., t. liv, col. 70J sq. Sou autlienticité, mise en doute par P. Quesnel pour une raison futile, est admise par les Ballerini. Tillemont, Mém. hist. ecclés.^ t. xv, p. 894, note ix, « S'il faut dire que l'épistre XVII n'est point de saint Léon, » réfute lopinion du P. Quesnel et prouve que la lettre doit être non seulement authentique, mais du pape Léon 1er à qui elle est attribuée. L aliénation n'est permise que du consentement formel du clergé et pour un motif d utilité. Cette lettre est postérieure d'un jour seulement à la précédente. (H. L.)

1. Rabboula mourut le 7 août 435. Celte date est fournie par La vie de Rabboula, évéque d'Edesse, dans Overbeck, S. Ephreni, Sjrica Habulx episcopi opéra selecta. La date du 8 août 435, donnée par la Chronique d'Edesse, est celle de renlerrement, (H. L.)

2. A ces mécontents se joignirent Ablabius, Jean, Anatole, Cajuma, Abib. Au dire d'Ibas cette cabale était soulevée et dirigée par Urauius, évêque d'Hi-

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