CONCILES A ANTIOCHL
fausses doctrines de Théodore, el de chercher à raviver le dillérend &ntre Orientaux et Alexandrins. Ils portèrent leurs plaintes à Domnus d'Antioche. et. comme la Pàque approchait, Domnus suspendit provisoirement la sentence d'excommunication prononcée contre eux par Ihas '. Le jugement iléfinitil tlevait avoir lieu dans un grand concile (pic Domnus voulait réunir ;i Antioolie, après la Fàque de 447 (tu de 448'^. HomuMs dclcndit, sous les peines les plus sévères,
racras, dans rc^srliuèm', partisan l;tn.iti(|ii(; <l liutychrs. Au hîndemain de IV'Ieclion d Ibas, Samuel eut quelques dillicullés ave(; 1 évx'que poui' la correction df son langage on niatièro dogiualique, mais la paix ne hil pas troublée néanmoins. A dix aus de là, en i45, Ibas, (îonformémcnl à la coutume d'Edesse, lit dans une salle de la maison épiscopale une léuuiou do tous les clercs, leur adressa la parole, leur souiiaita la tète qui se célébrait le lendemain ou le jour même, la fêle de Pâques, ol leur distribua de petits présents. On prétendit que son discours contenait des paroles impies inspirées de 1 hérésie nestorienne et de l'hérésie pélagienne : (( Je ne porto point onvio à Jésus-Christ, aurait-il dit, de ce qu'il est devenu Dieu, car puisqu'il est devenu Dieu je puis le devenir aussi, » ou bien : v Je le ferai moi-même aussi bien que lui si je le veux. » el encore : t C'est aujourd'hui que Jésus-Christ a été lait Dieu. » ^^ous avons vu dans le texte les autres accusations portées contre Ibas, notamment touchant la consécration épiscopale de son neveu Daniel : de plus, on disait qu il terrorisait ceux qui avaient à se plaindre de lui afin do leur t>ler l'envie de le dénoncer. Ce qui est certain c'est qu'aucune de ces accusations ne fut prouvée. (H. L.)
1. A la suite du concile d'Antioche (445), Domnus vint à Hierapoiis où Cyr el Euloge l'allèrent trouvci' avec des mémoires contre Ibas, signés, disait-on, par dix-sept ecclésiastitjues d'Edesse, d'autres di.saient par quatre seulement. A la nouvelle de celte démarche, Ibas excommunia Cyr et Euloge et il avertit en général ceux qui avaient souscrit à leur dénonciation d'avoii- à s'abstenir des fonctions ecclésiastiques et de lu communion jusqu'à ce que celte allaire fût terminée. (H. L.)
2. Au commencement de 1 année 'ii8 ou même un peu plus tôt eut lieu une conférence privée en présence de Domnus ; ou prélendit qu Ibas avait reconnu qu'il tint saint Cyrille pour hérétique jusqu'à ce qu'il eût corrigé ses douze auaihématismes. Au carême de celle année 448, Samuel dénonçait Ibas que Domnus convoquait pour aussitôt après la l'à({ue qui tombait celle auuée-là le 11 avril et 1 invitait à suspendre jusque-là l'excommunication qu'il venait de porter. Ibas s'en remit au bon plaisir de Domnus qui leva temporairement la peine infligée aux dénoucialeurs. Eu attendant la réunion du concile, Ibas lit libeller cl présenter à la signature des ecclésiastiques un acte adressé à Domnus (}ui justiliait Ibas de limputalion de nesloriauisme et de pélagianisme. Tous les ecclésiastiques d Edesse, à la réserve de dix-sept ou dix-liuil, siguèrent cette pièce ; c'étaient les mêmes qui, dès le début des diflicultés, avaient pris parti contre leur évêque. Les adversaires d'ibas prétendirent que ces clercs opposants furent amenés dans l'Église, chassés à grand fracas et cxcom-
aux quatre accusateurs, de s'éloigner d'Antioche avant l'instruction de l'affaire. Dans les nombreux conciles qui se tinrent en eflet, après la Pâque ^, on lut les mémoires écrits contre Ibas ; mais comme deux des accusateurs, Samuel et Cyr, étaient absents, l'affaire ne put pas aller plus loin et on excommunia ces deux derniers clercs 2, Samuel et Cyr s'étaient rendus à Constantinople ; les deux autres accusateurs et leur protecteur Uranius, évèque d'Himéria, ami d'Eutychès, les y suivirent. Ils portèrent leurs plaintes à Théodose II, et à Flavien, nouveau patriarche de Constantinople. L'archimandrite Eutychès, dont les opinions étaient à l'antipode de Nestorius, ce
munies au cours d'une scène concertée par Ibas et ses partisans. Après Pâques Domnus tint son concile à Anlioche. Beaucoup d'évèques y prirent part, mais les sicrnalures qui nous en restent ne donnent pas cette impression. On lit seulement les noms de Domnus d'Antioche, de deux métropolitains : Siméon d'Araida et Constantin de Bostra, et de six autres évêques. Le texte latin y ajoute Etienne d'Hiérapolis. On se demande pourquoi Uranius d'Himeras, qui se trouvait alors, semble-t-il, à Antioche, n'a pas signé ; peut-être Ibas l'avait -il récusé ou bien Uranius se refusa-t-il à souscrire à des décisions qui innocentaient son adversaire. Théodorcl était absent. Pour lui, on en connaît la raison ; il avait alors interdiction de sortir de son diocèse. A l'arrivée d'Ibas^ deux de ses accusateurs, Samuel et Cyr, avaient quitté Antioche pour Cor.slantinople. Ce seul trait permet de juger ce qu'il faut croire des paroles de Théodore de Césarée au V° concile œcuménique : que les adversaires d'Ibas s'adressèrent à Théodore et à Flavien, parce que Domnus ne les avait pas écoutés. Dès que la session du concile l'ut ouverte, on lut les mémoires des quatre accusateurs dont deux seulement, Maras et Euloge, comparaissaient pour soutenir leurs dires. On les interrogea sur les deux absents, ils dirent ignorer le lieu de leur retraite qu'ils croyaient devoir êire Constantinople ; quant au motif de leur fuite, c'était la crainte des vengeances d'Ibas. Domnus leur demanda ce qu'ils prétendaient avoir à redouter, et leur déclara que Samuel et Cyr avaient manqué à la foijurée, que, dès lors, ils tombaient sous le coup de l'interdiction et de l'excommunication. Le reste de ce qui se fit au concile d'Antioche ne nous est pas connu, sinon que le diacre Maras, qui était venu se joindre aux autres accusateurs d'Ibas, y présenta conjointement avec eux une nouvelle accusation contre Ibas. Mais il paraît qu'il s'y montrait plus favorable à Ibas qu'aux accusateurs qui se disaient opprimés et repoussés sans être entendus. Il semble que la condescendance qu'on leur avait témoignée à Pâques en les maintenant dans la communion ait pris fin à raison de leur tenue fâcheuse dans le concile. Il semble que le concile d'Antioche n'ait pris aucune décision définitive sur la question qui lui était soumise. (H. L.)
1. Pour les noms des évêques présents à ces conciles, cf. Hardouin, Coll. concil., t. II, col. 515 ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. vu, col. 218.
2. Ce récit a été inséré dans les actes de la x« session du concile de Chalcédoine, cf. Hardouin, op. cit., t. 11, col, 411 sq. ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 214 sq.
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qui raiiietiait à coniballrc riicocK)ie de Mopsuesle et Ihas, appuya les acciisaleiirs, et, à lOiij^ine, Flavien de Constanlinople ne paraît pas leur avoir été délavorable. II cassa, païai'l-il, 1 arrèl rendu à Antioehe, »(U()i([ue ce lût la une illc^alitc ' . Ils repî'ésentèrenl à l'empeieur, et surtout au palriarehe, ([ue Douiuus d'Anlioehe, ('tant ami dlbas. ne pt>uvait être un juge impartial. L'empereur lit de nouveau examiner 1 allaii'c pai' 1 é\è(jue Uranius, dont nous avons déjà pari ■. pai Photius de I vr, cl par lùistathe de Bérytc ; il adjoignit à cette commission le tribun cl notaire Damascius. [311] l''la\ icn xouliil ml loduirc dans la commission son diacre iLuloge. Les accusateurs cl 1 accusi- fuient également cités à compaïaître devant tdlc. Les premiers ne se contentèrent pas de déposer contre Ibas, ils mirent eu cause son cousin Daniel, le jeune évoque de Carrhes, et Jean, évèque de Théodosiopolis. Quand à Ibas, ils laceusèrent en pailiculier d opinions et de langage hérétiques, de dissipation des biens de rLglise et de népotisme, ayant lait évèque son neveu, rindigne Daniel, perdu de réputation et scandaleux, qui, épris dune lemme mariée, était toujours à Edesse, jamais chez lui. cl employait les biens des h^glises à rentretien de sa
1. Tillemont, Mém. hist. ecclés., t. xv, p. 47^!. Samuel préleiid qu'après l'issue du concile d'Anlioclic les dix-sept clercs d'Edesse, appréhendant de retourner dans leur ville s'exposer à la rancune d Ibas, s'établirent à Anlioclie où les quatre meiieuis furent obli<;és de les [iroiidre à leur cliai'ge. Samuel, Cyr, Euloge et Maras n'interrompirent pas leurs menées et ils englobèrent dans leur aniinosité et leurs poursuites Ibas d'Edesse, Daniel de Carrhes et Jean de Tliéodosioplis, ville peu éloignée d'Edesse. Ils invoquèrent contre ces trois évêques l'aide de saint Flavien de Constantinople et de son synode, car c'est là probablement ce qu'ils nomment le « concile dOccident. » Domnus d'Antioclie excédé de ces réclamations renvoya laffaire d'ibas à Ibas lui-même et à Siméon, métropolitain d'Amida en Mésopotamie, c'est-à-dire au concile des évêques de Mésopotamie et d'Osrhoène. 11 semble que d'un commun accord, tant cette procédure ennuyait tout le monde, l'empereur en dessaisit saint Flavien et commit le soin d uu nouvel examen à trois évêques d Orient qui la jugeraient en Pliénicie. Le décret impérial est daté du V7 /uilendas noi-emhris (r=:26 octobre [i'i8]),cf. Hardouin, Coll. conciL, t. ii, col. 210; Mansi, ConciL ainpliss. coll., t. vir. col. 210. Sur iJaniel de Carrhes que ses adversaires n'ont pas épargné, une note très substantielle de Tillemont, Mém. Iiist. ecc/c.v., t. xv, p. 896 : « Sur Daniel, evesque de Carrhes, neveu d'ibas ; » Venahle, dans le Diction, of christ. Biogiaphy. Un autre point discuté et éclairci par Tillemont, Mém. Itist. ccclcs., t. xv, p. 806: « Que dans le rcscrit contre Ibas, il laut Daniel de ("arrhes et Jean de ThéodoBiople. » (H. L.)
maîtresse ^. La commission ne tint que deux séances (qui ne constituaient pas des conciles proprement dits), une à Tyr et l'autre à Béryte. Il n'est pins possible de déterminer avec certitude la première de ces deux séances. D'après les données chronologiques fournies par les actes (elles sont, il est vrai, fautives sur plusieurs points) -, la séance de Tyr se serait tenue au mois de février ^ et celle de Béryte le l'^'" septembre de la même année '^ (448 ou 449). Mais cette date du l"'" septembre est bien certainement fausse ; car, dans le mémoire envoyé en faveur d'Ibas par les clercs d'Edesse à l'assemblée de Béryte, ils demandaient qu'Ibas fut de retour chez lui avant la fête de Pâques, qui était proche ^\ Les actes de la session de Tyr font supposer qu'elle a été précédée de celle de Béryte ; car, dans cette dernière session, on se contente de porter les plaintes, tandis que dans celle de Tyr les commissaires quittent le rôle de juges pour prendre celui de conciliateurs, ce qu'ils furent en fait. Aussi les négociations de Béryte sont-elles sans conclusions et n'aboutissent-elles à aucun résultat ^, parce que la conclusion de la paix à Tyr a été comme le second acte de toute cette affaire et comme une continuation de la séance de Béryte '^. C'est
1. Hardouin, op. cit., t. ii, col. 518 sq. ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 221 sq. Cf. Walch, Ketzerhist. t. vi, p. 75 sq.
2. Voyez les comptes rendus des ixe et xe sessions du concile de Chalcédoine dans Hardouin, op. cit., t. ii, col. 503, 511 ; dans Mansi, np. cit., t. vu, col. 198 sq., 211 sq.
3. 25 février 449 : Baronius, Annales, ad ann. 448, n. 36-39. Cf. Pagi, Critica, ad ann. 448, n. 9-14 ; Conc. regia, I. vu, col. 301 ; Labbe, Concilia, t. m, col. 1468-1469; t. iv, col. 627; Coleli, Concilia, t. iv, col. 737, 1531 ; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vi, col. 497. (H, L.)
4. 1er septembre 448 : Baronius, Annales, ad ann. 448, n. 60-74. Cf. Pagi, Critica, ad ann. 448, n. 9-14; Conc. regia, t. vu, col. 302; Labbe, Concilia, t. III, col. 1469-1470; t. iv, col. 637 ; Coleli, Concilia, t. iv, col. 739; Mansi, Conc. ampliss. coll., t. vi, col. 499 sq. (H. L )
5. Hardouin, Coll. concil., t. ii, col. 534 ; Mansi, Cnncil. ampliss. coll., t. vil, col. 251 ; Pagi, Critica in annal. Baronii, ad ann. 'i'i8, n. 10.
6. Hardouin, op. cit., t. ii, col. 538 ; Mansi, op. cit., t. vu, col. 255.
7. Ici encore nous trouvons pour nous guider Tillemonl, Mém. hist. ecclés., t. XV, p. 897, note xiii : « Temps des assemblées de Béi'yte et de Tyr sur l'affaire d'Ibas. » L'assemblée de Béryte est datée du consulat de Zénun et Posthumien, c'est-à-dire 449, le 1er septembre, indiction 2e. L'assemblée de Tyr est datée du 5 des calendes de mars, l'an 574 de Fère de Tyr, le 5 du mois Peritius, par conséquent le 25 février, indiction Ire. Comme il n'est pas douteux un seul instant que la procédure de Béryte est antérieure à la déposition de Flavien et de Domnus et au brigandage d'Ephèse, Baronius en a con-