‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 318 sur 407 · Lies MONOI'HVSITKS COMMENCl'NI I.A I.LTTK TlO-'i · texte numérisé non relu

Lies MONOI'HVSITKS COMMENCl'NI I.A I.LTTK TlO-'i

risiue, il est non moins cci'fain que, parmi ses partisans, il v avait non senlcnient dos ortliodoxes, mais aussi des monophvsiles, qui voyaient en lui le représentant (!<■ leurs id(''es. Ses anathc-niatismes, et en particulier le troisième, semblaient, ius(|u';i un certain point, autoriser cette manière de voir. Mais Cyrille n a p;is seulement écrasé le nestorianisme : il ;i encore l'vitc l'erreur opposée : il l'a prouvé' lorstpie s'est conclue la paix a\ei- les ()rientaux. \ paitir de ce moment, nul ne pouvait plus so\ipç.'onner Clyrille de ne pas professer la docliine oi ihodoxe sur les deux natures. A cette orthoiloxie inconleï.tahle. (Ixrille joii;iHl cette sapfc modé-ration (pii tendait a la victoire du doiiine. mais non à la cluile de ses adverf3l'i( saires de la veille. Aussi Nestoiius liit-il seul ana*liemalis('', anatlième (pii dut être accepte par tous, tandis que Ton pardonna aux antres anciens représentants du nestorianisme ^. Nous avons vu que cette manière d'agir (il accuser Cvrille tie trahison par ses propres partisans ; si quelques-uns d'entre eux ne firent ces reproches que par suite d'un malentendu et c'est le cas d'Isidore de Péluse),

Chalcidoiae 451, la socle a dispaiii. Les niodéré.s icnlroiil dans le soin de l'Eglise tout en conservant leurs opinions cri'onées sur le mystère de l'Incarnation, les radicaux se fondirent dans les rangs des moiiopliysites. L'iiisloire de l'apollinaiism» n"esl donc plus désuraiais (|ue l'Iiisloii'e de l'influence doctrinale exercée par relie iiérésie sur ceux qui pi-ofessèrent l'unilé de nature. c L'erreur fondanienlale d'Apollinaire, éoi-it M. G. Voisin, o[J. cit., p. 132, est le inonophysisine ; il est le seul (jui ait professé cette doctrine dans toute sa rigueur. Le Christ est une seule personue, telle est la foi de l'Eglise. Mais la philosophie enseigne ipic «. personne » et « nature » ne vont pas l'un sans 1 autre. C'est pourquoi le Verbe qui possédait la nature divine s'est uni à un corps humain à l'exclusion de l'àuie raisonnable. 11 est donc une nature composée, 9-jo-i; T-JvOïTo;, mais une seule naîure, [xia sJat; iTc'7ap/.(D|j.svr|. Il n'y a en lui qu'une seule volonté, une seule opération. I^ 'hérésie caract'rislicjue de sa secte est de professer à sa suite ce monopliysisme rigoure-ux qui sacrifie l'intégrité de la nature humaine du Rédempteur. Les monnpbysites des siècles suivants condamnent Apollinaire et disent (]ue le Fils de Dieu s'est uni à une nature liumaine parfaiie; ils n'ont donc rien de commun avec laifoUiiuirisme. Cependant ils subirent à un tel point l'influence de l'iiérosiarque, qu'on peut considérer celui-ci comme le principal auteur des ravages opérés par celle <loclrine dans l'Eglise d'OrienI jus(pi'à nos joiir» ». (H. L.)

1. Katerkamp, op. cit., I. m, p. 162, dit : «Cyrille n'insista pas pour que les Orientaux fussent obligés de condamner Nostorius, » ol Sclnvaue, Ilist. des doi;iiics, Irad. lîellel, l. u, p. 5oÛ : a Saint (^yiille. pai- amour pour la paix, [léaj point provocjué d'analhènK? contre (les pré-nestoricns|. » Ceci est pou exact. Voir ce qu'on a exposé de latlilude de saint Cyrille dans les pages relatives au concile d'Ephèse, p. 155, 157. (11. L.)

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d'autres se rendaient compte de la situation et n'attaquaient Cyrille que parce qu'ils se plaçaient eux-mêmes à un point de vue monophvsite. Cyrille se défendit avec toute la clarté et la précision désirables: mais ils n'en persistèrent pas moins à vouloir anathématiser tous ceux qui, après l'union des deux natures dans le Christ, parlaient encore de deux natures coexistantes. C'est ce que firent, en particulier, Acace de Mélitène, Succensusde Diocésarée et d'autres. Isidore de Péluse assure que l'Egypte contenait un assez grand nombre de monopliysites, et la suite des év(''nements a prouvé la vérité de son assertion ; cette erreur s'était surtout propagée dans les monastères, et beaucoup de moines, jadis très zélés contre Nestorius, embrassèrent ensuite les erreurs opposées aux siennes ^. Ce fut le cas d'Eutychès, archimandrite à Constantinople, que nous avons vu au nombre des plus fermes soutiens de Cyrille, et qui devint le chef de la nouvelle hérésie ^.

1. Parmi ceux donl le concours avait été le plus utile à Cyrille à l'époque où il portait presque seul le poids de la lutte christologique, plusieurs étaient acquis d'avance au monophysisme. L'ardeur des controverses, la gravité des intérêts engagés avaient contribué à empêcher un éclat. Mais il n'en était plus ainsi depuis que la paix avait été conclue entre Cyrille et Jean d'Antioclie. Dès ce moment plusieurs évoques lui manifestèrent leur mécontentement et se déclarèrent sans détours partisans de la doctrine d'une seule natui^e. 11 n'est pas douteux que la fraude des apollinaristes rentrés dans la communion catholique et propageant sous le nom de Pères orthodoxes les traités hérétiques d'Apollinaire touchant l'Incarnaliou n'iiieut contribué à amener ce résultat. L'aventure d'Eutychès dessilla les yeux les plus obstinément aveuglés sur ce péril cache. (H. L.)

2. Nous parlerons de l'homme d.ins le par.igraphe suivant, nous pouvons dès maintenant démonter le théologien. Ce qui valut à Eutychès son succès parmi ses contemporains, ce fut l'idée qu'on se lit de lui comme du représentant authentique de la théologie cyrillienne et d'un marteau de l'orthodoxie levé sur le nestorianisme encore menaçant. Dès le premier moment il dut à cette circonstance un parti imposant dans l'Église d'Alexandrie dont le patriarche Dioscore se prononça en sa f.iveur. Eutychès était un esprit mi'diocre, élroilement attaché à chacun des termes de Cyrille qu'il comprenait à peine ou pas du tout et dont il ne pouvait s'écarter sans courir risque d'errer. (Cyrille enseignait à plusieurs reprises que les deux natures constituaient un seul Christ et Eutychès forçait l'expression et la pensée jusqu'à dire qu'après la réunion des deux natures dans le Ciirist il ne falhiit plus admettre en lui qu'une seule nature et une seule substance. Ce qui paraît faire peu d'iionneur à Eutychès, c'est qu'il se méprenait sur le seus des idées de Cyrille. « Nous voyons, disait celui-ci, que deux natures se réunissent en une inséparable unité sans mélange et sans transformation. Mais après la réunion, nous ne séparons pas les deux natures l'vine de l'autre, ni ne partageons en deux le Fils unique : noqs parlons seulp-

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