‹ Histoire des conciles d'après les documents originaux (volume 3)Chapitre 319 sur 407 · I.i:s MOXOPHYSITKS COMMP.N'CF.NT I.A Ll TTI · texte numérisé non relu

I.i:s MOXOPHYSITKS COMMP.N'CF.NT I.A Ll TTI

La oausc de î'oilluuloxii^ (il une très grande perte par la moii de ('viillc arrivée on 4'i4. f/illustre ovèqiie d'Alexantlrie aurait peutêtre pu, grâce à lautorilé (|u'il avait su acquérir, arrêter la nouvelle hérésie. On lui donna pour successeur rari-hidiacre Dioscore, personnage de bonne renoinuK-c (jui avait accompagné Cyrille à Mpliése '. Mais, um- lois fvè(|iic, Dioscore pcnciia de plus en plus

iiu'iil d'un (ils cl, CDinmc ont dil les IN rcs, d une iialuif incarnée do Dieu, le J.o^wi. I S. Cyrille, Epist., xlv, /-•. (i., 1. i.xxvii, col. 21)2 sq . Cyrille ne dit pas i[ue deux natures aient existé à paît avant leur nnioii. L'addititm « avant liiiiion » n'est pas de saint Cyrille, ni.iis d'Eutycliès. Après la roiinion les deux natures ne sont plus séparables, mais saint Cyrille lais.se expressément subsisler une diiréreiu'e des ileux natures niènie après la réunion [Epist., xxxix, P. G., I. Lxxvii, col. 180 ; Cuntr. Nest., 1. II, c. vi, P. C, t. i.xxvi, col. 84 sq.) et ici encore, Kutyclics s'écarle, sans paraître s'en apercevoir, de la doctrine (ju'il prétend exposer. L'autie proposition eulycliéenne relative à la difFéreuee essentielle du corps du Christ et du nôtre ne s'écarte pas moins delà doctrine cyrillienne. Saint CyrilU; disait en effet : « Si nous disons que N.-S. J.-C. est desrindu du ciel et des hauteurs, nous ne disons pas cela pour laire entendre qu'il aiii'ail apporté avec lui sou saint corps du ciel, mais nous suivons saint Paul pour qui le premier boiiune tiré de la tcri-e était terrestre et le second, venu du ciel, était spirituel. > Epist., xxxix, P. G., t. i.xxvii, col. 177 sq. Celait encore ce qu'Eutychès n'avait pas su entendre et cependant saint Cyl'ille pour plus de clarlé ajoutait qu'où ne peut parler ainsi parce que le Logos lail liouuue doit élre considéré comme une personne et, à ce titre, desia;né même d.ms sa n.ilurc liumaine comme un luiiiune venu du ciel, quoiqu'il eût pris cette nalui-e liuuiaiue dans le sein de la Vierire. Le V. Pétaii jugeait avec raisDU qu'Kutycliès n'était pas assez, subtil pour démêler les sens différents que pouvaient recevoir certaines expressions un peu embarrassées employées par saint Cyrille. II était il'aulaut plus liil'ticile de loucher le fond de ce pauvre théologien qu'il ne savait exactement lui-mémo les limites de sa pensée et on ris(juait de s eu écarler en clierchaut à la préciser. Les plus habiles y perdaient leur peine. Le pape saint Léon qui avait été informé dos opinions d llutycliès entendit « les deux natures constituant un seul Christ i, dans ce sens qu'il s'agissait des deux natiues avant la réunion, comme si Eulychès professait les idées origénisles de la préexistence de l'ûme humaine, puisqu'il ne pouvait plus être question do deux natuies existisnt avant l'Incarnation. Eutychès ne s'était pas proiiDuré p(»ur ce préexistentiauisme éventuel. Peut-être Eutychès considérant que la uiliire divine <lu Verbe existait avant l'incarnation, se figura aussi la nature ii:imairie eu elle-même connue une chose réelle et subsistante. Selon lui, le ^'erbe incarné ét.iit une seule nature composée de deux qui existaient séparément .iviint leur union, l'une dans la vérité, l'anti'e dans son imagination. (H. L )

1. W. Bright, dans Dictiunn. uf christ. liiogra/t/iy, t. i, p. 854-862. Intronisé patriarche d'Alexandrie, vers le milieu de l'i'i, il reçut la consécration épiscopale des uiajns de deux évêqiies seulement, Mansi, Curicil. amfjli$s, coll., t. vu,

vers le monophysisme et devint bientôt le chef et Tappui des nouveaux hérétiques dans tous les diocèses et les provinces. 11 joignit à ses erreurs un odieux système d'accusation contre la mémoire de

col. 603. Archidiacre de Cyi-ille, il n'av;iit j.imais été marié. Son caractère reste difficile à définir. Théodoi'et, Epist., i-x, P. 6'., t. lxxxiii, col. 1232, rend bon témoignage des vertus de Dioscore, peu de temps après son élévation à l'opiscopat ; mais dès qu'il se fut précipité à corps perdu dans le monophysisme on éleva contre lui les plus graves accusations relativement à sa conduite pendant ses premières années d'épiscopat : exactions aux dépens des héritiers naturels de Cyrille, possesseur d'une bcllefortune qui lui venait de sa famille ; ces exactions avaient pour but de soudoyer le peuple d'Alexandrie par des distributions de jiain et de vin à des prix dérisoires. Cette conduite était d'autant plus odieuse que Dioscore devait à Cyrille tout ce qu'il était. Bailleurs il ne vint à ses fins de faire dépouiller les héritiers de Cyrille qu'en violant un fidéicommis et en faisant emprisonner et périr misérablement presque tous les membres de la famille du patriarche défunt, de connivence avec le ministreeunuque Chrysaphius. Dioscore fut un fléau pour l'Egypte. Ses tournées épiscopales n'étaient pas moins redoutées des provinces qu une invasion de Maziques ou de Bleuimyes. La population émigrait à son approche et soustrayait ce qu'elle avait de plus précieux à ses rapines éhontées. Ce qu'on citait de plus fort en ce genre s'était passé en Libye, province stérile et misérable dont les habitants, par l'intermédiaire des évèques, avaient obtenu de l'empereur une part gratuite de froment dans la distribution de l'annone, part à répartir entre les indigents de chaque église. Dioscore réclama, en sa qualité de patriarche, le droit de diriger la distribution. Il se fit délivrer le blé, l'emmagasina, le vendit en une année de disette, réalisa un gros pi'olit. La Lib^^e n'en vit jamais rien. Ces laits, et d'autres du même genre, furent affirmés sous la foi du serment en plein concile, à quelques années de là. Les mœurs de Dioscore étaient un scandale public. Des Égyptiens, digues de loi, rapportèrent au concile de Chalcédoine que la maison épiscopale et les bains de l'évêquc étaient continuellement fréquentés par des femmes de mauvaise vie. L'une d'elles, nommée Pansophia, passait dans l'Egypte eiitière pour la maîtresse de Dioscore parmi beaucoup d'autres qui s'ai'i'achaicnt sa faveur passagère, l.e clergé formé par saint Cyrille fut parliculièremeiit maltraité par son successeur. Un diacre déclara devant le concile de Chalcédoine que le nouveau patriarche vivait juré de chasser d'Alexandrie, de faire mourir au besoin, les anciens amis de Cyrille : il rappela les déboisements, les accaparements, les incendies, dans l'affaire des Longs-Frères, et se déclara prêt à prouver toutes ses accusations. ]Mansi,oji?. cit., t. VI, col. 1008. Après ce diacre Théodore, ce fut au tour du diacre Ischyrion de dévoiler les turpitudes de toutes sortes de son évècjue, tentatives d'assassinat, confiscations, iuipudicité. Mansi, op. cit., t. vi, col. '10L2. Le neveu de Cyrille, le prêtre Athanase, montra comment sa famille et lui étaient réduits aux dernières extrémités de la taiui et rappela qu'il avait été déposé de son sacerdoce sans aucun procès. V,ti la'ique Sophrone cita certaines paroles de Dioscore qui montraient son incommensurable orgueil : il ne reconnaissait pas d'autorité — même celle de 1 empereur — au-dessus de la sienne. Mansi, op. cit.,

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