LES MOXOPHYSI'I ES COMMENCENT I.A LUTTE
C vrille, l'accusa d'avoir cpiiisé le trésor d Alexandrie pour soutenir sa lutte contre Neslorius, et pour ce motif confisqua son héritage qui n'était pas sans videur (Cyrille ('tant issu d'une lainille riche et considérahle >. Cette injustice lui permit de donner aux pauvres du pain îi hou marcht' et de se rentlre populaire, tandis qu'il (diassait du clergé d'Alexandrie (ju<d(}ues parents de Cvrille et leur enlevait leurs charges. Dioscore a été, selon nous, un mono- [315] physite convaincu : mais nous savons qu'on la accusé d'avoir favorisé les monophvsites alin d'arriver, par leur moven, à étahlir son siège patriai'cal au-dessus de celui de Constantinople, et à plus forte raison au-dessus des auti'cs sièges patriarcaux de l'Orient ; il V parvint, en eiî'et. lors du hrigandage d'Kplièse.
Avec l'appui d Un tel évèque (jui, à un grand prestige, joignait une réelle puissance, les monophysites commencèrent çà et lii à poursuivre les évèques et les prêtres orthodoxes et à leur enlever leurs places, sous prétexte dhérésle. Le premier lait de ce genre perpétré au grand jour fut ratla({ue tentée contre Irénée, métropolitain de l'vr eu Phénicic depuis 444 ', qui, jadis comte impérial, à
t. VI, col. 1029). Des accusations non moins graves el non moins répugnantes avaient tic portées contre saint Allianase, mais la valeur des témoins et la précision des témoignages difl'éraicnt complètement. D'ailleurs, en admettant qu'on ait exagéié cerlaines dépositions, qu'on enait'faussé même quelques-unes, il reste que Dioscore, par tous les documents qui nous le font connaître, fut un lamentable personnage. Il se heurta parfois à des hommes tels qu'il s'en rencontre trop peu, par exemple, saint Léon 1«>' (Lpist.^ix, P. L., t liv, col. 624), dont la lettre ne dut p;is l'inciter à s engager trop à tond de ce cote. En 44> Dioscore se trouva du nombre de cou.k qui firent connaître leurs soupçons relativement à la doctrine de Théodore! , foi'l engagé précédemment dans le neslorianisme, il le déuouça même à Uomuus d Antioche et s'attira une verte réponse de Théodoret. Epist.y lxxxiii, P. C,t. lxxxui, col. 1265). La correspondauce s'envenima, bientôt on eu fut aux anathèmes. Dioscore ne s'occupait guère en cette matière des droits patriarcaux de Rome, d'Antioche et de Const.mtinopie et encore moins de lcu:s susceptibilités: on ne pouvait être ni plu.s imprudent ni plus maladroit. On le lui lit bien voir. Tiiéopliane, Chtoiiograph., p. 150, dit de Dioscore, glorifié p^r le monophysile Zucharie le Hliéteiir, FragmenUi , ddas Mai, .Vora coll. y l. x, part, i, p. û62 : ô ôjdffîêrj; [xr|0'o>,w; ôtoaTy.aAiy.ô;, ip/ïro; l\ v.ai ivrinEpo;. Baronius, Annules, ad auu. 4i5, n. 1 sq. Saint Léon, Epist., xxiv, 1, qualifie Lutychès de inaltum imprudens et nmiis iwperitus. (li. L.l
1. C'est un tyi)e de grand seigneur tiiéologieu. Nous l'avons vu accompagner rs'estorius à Ephèse, en 4ol, sans mandat, en qualité d'ami ; néanmoins il ne se priva pas d'intervenir éneigiquemenl eu faveur <le l'hérésiarque eu intimidant le concile; un peu plus tard il se dépensa tout autant lorsqu'il s'agit de faire acceptera Théodose II le conciliabule d'Ephèse. Après la condamnation
Ephèse, comptait parmi les prolecleiirs de Nestorius, ce qui lui avait valu l'exil sous Théoclose II en 435. Plus tard il quitta le parti de Nestorius, et travailla à l'union avec Cyrille. Ses adversaires lui reprochaient de s'être marié deux fois lorsqu'il était encore laïque. Théodoret, qui le défendit, vante ses vertus, son zèle, son amour des pauvres, son orthodoxie inébranlable, et il fait remarquer que l'on avait déjà vu des hommes mariés deux fois et ordonnés à cause de leurs éminentes qualités ^ Il en cite plusieurs exemples, ajoutant que l'ordination d'Irénée avait été approuvée par Procle de Constantinople, de vénérable mémoire. Théodoret avait, sans compter son opposition aux monophvsites, alors à leurs débuts, un motif personnel de se déclarer en faveur dTrénée : il avait assisté à son sacre et l'avait approuvé. Baronius suivi par d'autres historiens a même conclu de sa ex" lettre qu'il avait procédé lui-même à l'ordination ; Tillemont a remarqué qu'il n'est guère probable que l'on ait choisi un simple évoque de l'Euphratésienne pour consacrer le premier métropolitain de la Phénicie. Cet honneur revenait plutôt à l'archevêque d'Antioche, et d'après le Sijnodicon, Domnus d'Antioche avait en efl'et ordonné Irénée -. On peut
de Nestorius, Irénée fut exilé à Pétra où il demeura jusqu'en 445. A celle époque il fut fait évoque de Tyi-, sans doute par l'intervenlion de Tiiéodoret avec qui il était lié. Déposé en 448, il mourut peu après, avant le concile de Chalcédoine, peuse-t-on. Vers l'année 437-438, il avait composé un livre intitulé Tpaywôîa. C'était un exposé historique contenant, divisé en trois livres, le récit des événements auxquels il avait pris part (431-433). L'ouvrage est perdu en grec, mais il est cité et réfuté par l'auteur latin anonyme du vie siècle à qui nous devons le Sjnodicon adversiis tragœdiam Irenœi. Mansi, Conc. ampliss. coll., t. v, col 743 ; Tillemont, Méin. Iiist. ecclés., t. xiv, p. 613. Cf. Cave, Scriptores ecclesiastici, 1741, t. i, p. 437-438 ; D. Ceillier, Ilist. génér. aut. ecclés., le édit., 1. XIII, p. 443-444 ; 2" édit., t. viii, p, 387 ; Assemani, BihUoth. orient., t. m, part. 1, p. 38-39 ; Tillemont, Méin. hist. ecclés., 1711, t. xv, p. 263-268, 871-872 ; E. Venables, dans Dictionn. of christ. Biogr., t. m, p. 280-282. (H. L.)
1. Théodoret, Epist., ex, P. G., t. lxxxiii, col. 1304. Cf. Tillemont, Mém. hist. ecclés. y t. xv, col. 872 : «Temps de la lettre 110 de Théodoret. » En l'année 447. (H. L.)
2. Tillemont, Méin. hist. ecclés., t. xv, p. 871, note 5 : « Que c'est Domnus qui a ordonné Irénée de Tyr, et non pas Théodoret. » Baronius, et ceux qui ont suivi sou sentiment, ne peuvent l'appuyer que sur ces mots de VEpistola ex : ÈXE'pOTÔvriO-a tbv ÔF.oçtXsa-iaTov èiric-itoTtov Eîprivaïov. Ceci paraissait si fort à Baluze qu'il allait jusqu'à accuser de fausseté ce que dit le Synodicon, que c'est Domnus qui a ordonné Irénée. C'est cependant l'exacte vérité. 11 n'a pas pris garde qu'en cet endroit Théodoret parle au nom de Domnus, pour lui marquer ce qu'il pouvait écrire à Constantinople îxu sujet de i'Qrdination. Loin