CONCILE DE CONSTANTINOPLE
de Sarde et ses deux sullVagaiits Jean et Cassien, délerniinèrenl Flavien de Constnntinople à réunir, le 8 novembre 4^i8, dans le secrelariuni épiscopal, en jjvoco; èvor(t;.Gi7a ^, les évoques qui se
1. La plus ancieuiie (liscipliiie île l'Eglise marquait un désir très vil do voir les rliels de la inérariliio supi-iieure (•oiiiiniiui(iuer entie eux et avec leur <;hef, l'évêque de Home, si)it direetemeiil soit p.ir l'iutermédiairc des métropolitains ou des primats, à des intervalles réguliers et à des dates fixées d'avance. La tendance primitive el dès c|uc l'I^glise jouit de la tranquillité fut d avoir deux assemblées annuelles de l'épiscopat de chatjue province. Mais les circonstances et mille incidents imprévus se mirent si ordinairement à la lra\erse qu'on renonça jusqu'en des jours meilleurs, qu'on souhaitait sans les attendre, aux deux rt'unions de la quatrième semaine après Pâques et du mois d'octobre. Ces déplacements avaient d'ailleurs le très réel inconvénient de tirer les évéques de leurs diocèses et de les déshabituer tle la résidence. On se résigna donc assez facilement ;\ une seule assemblée plénière de lépiscopat provincial une fois par an, soit en juin, soit en septembre. lin dehors de là, nous avons eu à plusieurs reprises l'occasion de le dire, les évèqiics devaient demeurer chacun chez soi, ou du moins, s'ils obtenaient l'aulorisalion de voyager avec la permission de l'autorité supérieure, leur absence ne devait pas se prolonger au delà dune anjiée. Telle est la législation de Justinien ([ui fait observer que les déplacements épiscopaux à la cour sont, la plupart du temps, injusliflés, puisque les principaux sièges entreliennent des représentants en permanence dans la capitale : nul besoin dès lors de se substituer à eu.x dans le i-èglemenl des all'aires courantes. Code ■fitst., 1. I, lit. m, 1- 42 ; Novell., vi, 2 ; lxvii, 3 ; cxxiii, 9, 10; cxxxvii, 1, 4. Malgré ces observations et malgré les défenses formelles, la cour exerçait sur les évéques une attraction irrésistible telle que ceux-ci ne manquaient jamais, en nombre souvent considérable, à Constantinople. L'abus datait de loin et on le combattait pour la forme et sans grande conviction. D'ailleurs les empereurs de Byzauce la favorisaient en 1 utilisant pour leur politique religieuse. Ces évéques qu ils avaient sons la main, se prêtaient aux brusques réunions dans lesquelles ou faisait passer telle ou telle mesure exlra-canoni(jue ou telles notions tliéologiques d'une correction discutable. Ces prélats de passage que le patriarche pouvait à son gré réunir et disperser composaient ainsi un petit synode permanent dont l'origine, ou pour parler plus exactement, le premier fonctionnement à Constantinople remonte à Nectaire (381-397) et qui porta le nom do tjvooo; £vôr|[j.oj<Ta. La coni[)osilion du concile expli(jue les besognes aux(juelles il se prêtait sans trop de répugnance. Tous les évéques mondains, propricHaires de charges de cour, les évéques de province impatients de se montrer et de so faire valoir, tous les brouillons qui avaient quebjue conflit avec leurs diocésains, tous les rapaces à qui ladminislration donnait quelques places pour eux, leurs familles ou leurs créatures, tous ces hommes en qui res]îri( de ri^vaiigile ne se remarquait guère — en supposant <ju ils ICussent jam.iis possédé — foi'maieni à Constantinople un groupe compact pouvant s'élever jusqu à soixante évéques. L'empereur ne pouvant traiter ces allaires, souvent peu importantes, prit 1 Habitude de déléguer lévéque de Constantinople qui se trouva ainsi exercer le rôle d arbitre
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trouvaient à ce momentàConstantinople; les actes de cette aûvo^oç lui
entre lacourel l'épiscopat de l'empire A mesure que son prestige grandissait, 1'^vêque, puis l'archevêque, enfin le patriarche do Coustantinople prit une attitude plus autoritaire à l'éj^ard de ces quémandeurs. Pour épargner son temps il les invita à se joindre à lui et à tenir un synode auquel prendraient part les évèques qui séjouinaient depuis plus longtemps à Coustantinople. Les litiges seraient discutés cl les solutions données. Ce tribunal permanent qu'on a très joliment appelé un « concile endémique » était présidé par l'évêque de Byzance, en sa qualité d'ordinaire du lieu. Devant lui comparaissaient donc les métropolitains des provinces, ses supérieurs en temps ordinaire. Cette situation anormale n'avait qu'une seule explication. L'évêque de Constaaliuople était l'évêque de la résidence de la cour. Antioche était naturellement et historiquement destinée à exercer ce rôle attractif et prépondérant, car Antioche était, en arrière de l'Asie et de l'Egypte, le centre chrétien auquel on se ralliait le plus volontiers. L'évêque de Coustantinople survint qui gâta tout ce bel ordre. « A oelui-ci était naturellement dévolu le rôle de conseiller, de confident religieux des princes et princesses. Son influence prit peu à peu le dessus sur toutes celles du monde ecclésiastique oriental. » L. Duchesne, Les Eglises séparées, in-12, Paris, 1896, p. 172. Dès le temps de Licinius et Constantin, on avait pu assister à ce phénomène du prestige épiscopal se transportant avec la résidence impériale. Tour à tour Nicomédie, Antioche, Constantinople l'emportent sur l'une etl'autrerivale et pendant ce temps «. une sorte de concile permanent, tantôt plus, tantôt moins nombreux est constamment assemblé à portée du palais impérial. Si le souverain croit utile de le mettre en rapports discrets avec les occidentaux, comme il le fit, en o43, pour le grand concile de Sardique, il l'expédie en bloc au lieu de la réunion, dans un long convoi de voitui'es postales, sous la ])rotection d'un officier général. L'empereur se déplace-t-il lui-même ? Son épiscopal s'ébranle avec lui ; on le voit s'assembler fort loin de l'Orient, à Siruiiuni, à Milan, à Arles. 11 est difficile d'imaginer un corps épiscopal mieux organisé, plus iransportable, plus aisé à conduire. Pour donner à ce groupe épiscopal son nom véritable, il faudi-ait l'appeler l'épiscopat de l'empereur. » Duchesne, op. cit., p. 172-174. Une fois que la cour impériale fut définitivement installée à Coustantinople, la dûvoSo; £v6r,tj.ojcra s'y fixa également et le rôle de l'évêque de Byzance s'en trouva relevé d'autant puisqu il était maintenant l'évêque de la résidence impériale et le président-né d'un concile permanent. Il subsistait sans doute toujours quelque incertitude sur la nature et l'étendue des attributions de celle présidence et plus la personnalité de son détenteur s'alfirm;iil prépondérante, plus les privilèges s'en trouvaient accrus et fortifiés. Au moment où la u-JvoSoç èvSr|(j.ovJ'7a commençait à fonctionner, il arriva que le siège de Coustantinople fut occupé par une suite d'hommes de grand mérite et d'une réelle habileté : Nectaire, Jean Chrysostome, Atticus, Nestorius, Proclus, Flavieu, tous gens de capacité et de haut prestige malgré les diflérences profondes qui les séparent. Cependant, si la crJvoSo; £v^r)(j.o-j<7a n'aviiit reposé (jue sur des circonstances et des conditions aussi peu stables, son existence eût été compromise. Elle avait favorisé l'ambition du siège de Constantinople en mettant à sa disposition un rouage grâce auquel ce siège pouvait exercer une autorité effective sur tous les évèques et les métropoli-