CONC1M-: DK CONSTANTINOPl.E
donnent le titre de sainte et de (<rand(' '. La première séance snl'llt, paraît-il, à expédier cette affaire ; alors Eiisèbe de Dorylée remit un mémoire contre Entvchès et en réclama la lecture. Ce même Eusèhe, vingt ans auparavant, alors simple avocat, découvrit un des premiers et combattit Ihéiésie de Nestorius, tellement que les évê(iues du concile de Chalcédoine disaient de lui : E/isc/nus Nesto~ riiint depostiit '• . il était maintenant un des premiers à attaquer ceux
tains (J un ressort eccli'siasiiquc dcli'i'iiiiiio et iik'uic, en certains cas, se faire sentir aux autres Eijlises aulonoines d'Orieut. Le concile de Clialcédoine, aiusi que nous lo verrons jjicntôt, consacra la situation acquise en faisant des trois exarchats de Tlirace, d'Asie et de Pont, le seul pati'iarchat do Conslanlinople, et eu attribuant à ce siège le droit de résoudre, en cas d'appel, toutes les causes portées à son tribunal par le clergé des patriarcats de Jérusalem, d'Antioche et d'Alexandrie et de 1 Eglise de Chypre. Les canons 9« et 17e réglèrent l'étendue des pouvoirs de la (x-JvoSo; âv5r,iioJ<ia. « Si l'évèque ou un clerc, dit le canon 9e. a un procès avec le métropolitain de la province, il doit porter son aOaire ou bien devant 1 l'xarque du diocèse, ou bien devant le siège de Constantinopie. > Le canon 17<: est conçu dans le même sens et prévoyant le cas d'une iHspule entre évèques d'une même province, il les renvoie devant l'exarque ou devant l'évèque de Constautinople. Aiusi ce personnage devenait l'arbitre souverain des causes ecclésiastiques en Orient. Le concile permanent qui ne s était établi que par la coutume jouissait désormais des droits et des prérogatives d'un tribunal suprême, solennellement reconnu par le concile œcuménique. La gravité réelle de ces canons vint de 1 insertion du canon 9* dans la loi civile ; il eut donc dorénavant la même autorité que toute autre loi impériale et les Eglises orientales se trouvaient, bon gré mal gré, forcées de recourir ou de subir ce tribunal. Ce fut dans une ctjvoSo; ÈvSrjiio-jaa que Nectaire de Constautinople trancha le débat entre Agapius et Gabadius au sujet du siège de Bostra eu Arabie. Dans une avivoSo; èv5r,(ioO(Ta, saint Jean Chrysostome déposa Gérontius de Nicomédie en Bithynie et examina les plaintes et accusations formulées contre Antoine d'Ephèse par plusieurs de ses collègues. Palladius, Dlalog. de vila Clirysostomi, c, xiii, xiv, P. G., t. xlvii^ col. 47 sq., nous a laissé une description intéressante d une «rûvoôo; biOi\\).o'ja(x. Cf.Benoit XIY, De synodo diacesana, 1. I, c. i, n. 3 ; Funk, Histoire de l'Eglise, trad. Hemmer, t. I, p. 275 ; J. Pargoire, l.'Kgliso byzantine de 5'37 à 8i7, in-12, Paris, 1905, p. 55 sq. ; Vailhé, dans le Diclionii. de théol. calhol., t. m, col. 1327-1329. (11. L.)
1. Les actes ont été réunis à ceux du Brigandage d'Ephèse et plus tard à ceu.x du concile de Chalcédoine, dans Mansi, op. cit., t. vi, col. 649 sq. ; Hardouin. Coll. coiicit., t. ii, col. 109 sq. Cf. Baronius, Annales, ad aun. 448, u. 23-49 ; Pagi, Critica, ad ann. 448, u. 7 : Conc. regia, t. vu, col. 29H ; Labbe, Concilia, t. m, col. 1466-1468; t. iv, cl. 150, 231,1002; Coicti, Concilia, t. IV, col. 735. (H L.)
2. On avait cru pouvoir attribuer à Eusèbc de Dorylée à l'égard d'Eutychès un rôle identique à celui qu'il avait pris à l'égard de Nestorius ; c'était à
qui professaient des erreurs diamétralement opposées à celles du nestorianisme. L'archevêque Flavien autorisa la lecture du mémoire d'Eusèbe qui s'y plaignait tout d'abord de ce qu'Eutychès avait accusé les docteurs orthodoxes et lui, Eusèbe, de nestorianisme. Il demandait qu'Eutychès fût assigné par le concile pour y faire la preuve de ses accusations. Quant à lui, Eusèbe, il était prêt à prouver qu'Eutychès portait indûment le nom de catholique, et qu'il était loin de professer la foi orthodoxe ^. Flavien dit que cette accusation
lui qu'on prétendait faire remonter l'honneur d'avoir démasqué les deux hérésiarques ; nous avons dit dans une note précédente que ce fut Domnus d'Antioche et non Eusèbe de Dorylée qui démasqua Eutychès. Sur Eusèbe de Dorylée, cf. Ceillier, Hist. génth-. des auteurs ecclés., 1747, t. xiii, p. 452-463 ; 2e édit., t. viii, p. H97-398 ; Fabricius, Bihl. grœca, édit. Harles, t. vu, p. 412 ; C. Gore dans Dictionn. of christ. Biography, au mot Eusebius\ Th. Mommsen, dans Neues archiv. Ges. ait. deuts. Geschichte, 1885, t. xi, p. 364-367 ; Pagi, Critica ad Annal. Baronii, 1689, ad ann. 429, n, 15-16 ; Tillemont, Mém. hist. ecclés., 1709, t. xiv, p. 317-319, 751, t. xv, p. 493, où il montre avec beaucoup de finesse la surprise et le malaise qu'imposait à des esprits tout d'une pièce un pareil retournement. Oji était habitué à l'erreur de Nestorius, on la combattait sur des positions et avec des arguments connus et vérifiés ; et soudain il fallait faire volte-face et s'exposer à entendre les champions de l'orthodoxie combattre une erreur opposée à celle qu'ils avaient dévoilée. On hésitait à croire que tout cela fût vrai. La dénonciation de Domnus et des orientaux courait risque de passer inaperçue, on les accusait de favoriser Nestorius et on les soupçonnait charitablement d'opérer une diversion. Ce fut le rôle d'Eusèbe de Dorylée de ramener de force les timides et les routiniers en face du danger nouveau : son prestige ne permettait pas, lui, de l'ignorer ; c'est ainsi qu'on peut dire en un certain sens qu'il fut la principale cause de la condamnation d'Eutychès. Vers le commencement de l'année 448, Eusèbe de Dorylée vint à Constantinople et rendit visite à Eutychès. Ils causèrent avec l'abandon qu'autorisait leur vieille amitié et les combats soutenus côte à côte lors du concile d Ephèse. Eusèbe se montra surpris des changements survenus dans la doctrine d Eutychès et le lui fit comprendre, mais il insista en vain et les deux amis finirent par se brouiller. Plusieurs personnages assistèrent à ces conférences entre Eusèbe et Eutychès, ce qui leui" donne une certaine importance ; c'étaient, entre autres, Mcliphthongue de Juiiopolis, Jovin de Debeltum, Julien de Cos, à moins que ce soit Julien de Mostène. (H. L.)
1. Hardouin, Coll. concil..^ t. ii, col. 110 sq. ; Mansi, Concil. ampliss. coll., t. VI, col. 651 sq. Le concile se réunit le 8 novembre 448, dans la salle du conseil de l'église cathédrale de Constantinople, « Dans le cabinet de l'evesché, dit Tillemont, assez petit sans doute puisque les evesques y estoient les uns derrière les autres. ï L'affaire des évèques lydieus fut réglée sans difficulté. C'est alors qu'Eusèbe de Dorylée se leva, tenant une requête à la main et introduisit l'affaire d'Eutychès. Daus sa requête, Eusèbe protestait de suivre touB les sentiments du concile d'Éphèse, de saint Cyrille, de saint Athanase,