CONCILE DE CONSTANTINOPLE
contre le digne prêtre et archimandrite Eutychès l'étonnait beaucoup, et qu Eiisèbe ferait bien de conférer en particulier sur la foi et de iliscuter avec Kulvchès. Le concile ne pouvait l'assigner à comparaître devant Inique lorsqu il se montrerait ouvertement ht-réti- 321] que ^. Eusèbe dit avoir été ami d'Eutychès, l'avoir entretenu en particulier de cette alï'aire plus d'une fois et l'avoir averti, ainsi que pouvaient l'attester plusieuis personnes présentes à ces entretiens. Eutychès s'était obstiné et pour ces motifs Eusèbe adjurait le concile de le citer pour «jue, convaincu de son erreur, iU'abandonnàl, car déjà plusieurs avaient été enti'aînés par lui. Flavien exprima le désir de voir Eusèbe retourner vers Eutvchès, tenter de le ramener de ses erreurs ; mais l'évèque s'y étant refusé, le concile se décida à envoyer en députation vers l'archimandrite, le prêtre Jean et le diacre André qui devaient lui lire le mémoire en question et l'invitera se rendre au concile. Ainsi se termina lu première session. La deuxième eut lieu quatre jours plus tard, le 12 novembre -'. Eu-
d'Atticus, de l'roclus et des trois Grégoires de Néocésaiée, de iS'azianze et de iS'ysse. iSous coiin;iissons ti'ès exactement ce qui se passa dans ce concile, parce qu'il était pourvu de secrétaires qui écrivaient en notes tironieones tout ce qui se disait; à la (iu de chaque session, avant de se séparer, on relisait ces notes et on dressait les procès-verbaux devant servir de minute aux actes du concile « Sans doute, dit TiUemont, on ne mettait que les choses qui pouvoient estre de quelque conséquence. On ïi'escrivait pas mesme dans les notes tout ce qui se disoit y ayant plusieurs choses que les evesques disoienl comme par entretien sans vouloir qu'un les escrivist. C esloit une chose ordinaire dans ce concile el dans toutes les autres, d attribuer à toute l'assemblée ce qui n'esloit dit que par un ou deux. » Tillemout, Mém. Iiist. ecclés., t. xv, p. 497. (11. L.)
1. Une faute d'impression qui se trouve dans Mansi, loc. cit., col. 653, pourrail facilement ameuer ici de graves malentendus. D'après la note marginale, les mots et magnus Athanusius se rapporteraient au concile de Chaicédoine, taudis qu'en réalité ils se rapportent au synode de Conslautinople. Au lieu de ChaLcedonc acta, il laut lire Constuntinupoli acta, et quelques lignes plus loiu, il laut insérer ces mots : Chalcedone ucta, avaut les mots : Sancta syitodus dixit. On truuve beaucoup de taules semblables dans l'édition de Mansi.
~. Dix-huit évèques, y compris Eusèbe de Dorylée, étaient présents à cette deuxième session. Elle fut ouverte à la demande d Eusèbe par la lecture de la seconde lettre de saint Cyrille a .Nestorius, lettre approuvée par le concile d'Eplièse, et par celle du même Cyrille à Jean d'Anlioche, eu 333, après la réunion. Ces lectures faites, Eusèbe déclara quelles contenaient sa croyance sur le mystère de 1 Incarnation, ci-oyance qui était la foi même de l'Eglise au nom de laquelle il prétendait confondre ses adversaires.
524 LIVUE X, CHAPITRE II
sèbe de Dorylée renouvela ses plaintes, ajoutant qu'avec ses pourparlers et ses discussions, Eutychès avait déjà gagné beaucoup de monde à ses erreurs. A sa demande, on lut plusieurs anciens documents exposant la foi orthodoxe ; ainsi a) la seconde lettre de Cyrille à Nestorius ; b) l'approbation du concile d'Ephèse à cette lettre, et c) la célèbre lettre de Cyrille h Jean d'Antiocbe après la conclusion de la paix. Sur la proposition d'Rusèbe, Flavien déclara que tous devaient accepter ces explications dogmatiques comme le véritable sens du concile de Nicée ; elles contenaient ce que tous les membres présents avaient toujours cru et croyaient encore, à savoir que « Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu, est vrai Dieu et vrai homme, composé d'une âme raisonnable et d'un corps : quant à sa divinité, engendré du Père avant tous les temps et sans commencement ; quant à son humanité, au contraire, né de Marie la Vierge, dans les derniers temps, pour nous et pour notre salut ; de même substance que le Père pour la divinité, de même substance que sa Mère pour l'humanité. Nous professons qu'après l'incarnation, le Christ se compose de deux natures (à-/, ojo çycrscov), en une seule hypostase et en une seule personne, un seul Christ, un seul Fils et un seul [322J Seigneur. Quiconque pense autrement est exclu par nous du clergé et de l'Eglise, et chacun de ceux qui sont présents doit indiquer, dans les actes, ses opinions et sa foi '^. » Ils le firent dans des formules plus ou moins longues, qui exposaient leur croyance en deux natures dans une seule hypostase 2. Quant aux évoques malades,
1. Voir la lettre de Flavien à l'empereur ïhéodose portant ce titre : 4>Xautavc); ÈTrta-y.oTcoç KwvoravTivouTTÔXew; tw eùaeêzvcixM xal (pikoypi'jziù rifxwv êaffiXe? GsoSoffîo) yaipziv, datée du printemps de l'aunëe 449 ; cf. Mausi, ConciL amptiss. coll.^ t. VI, col. 539, 679, t. viii, col. 824 ; H.trdouiu, Coll. coiiciL, t. 11, col. 7, 127 ; Liberatus, Breviariam, éd. G;illand, I. xii, col. lo9 ; A. Hahn, Bihliothek der Symbole und Glauhensregeln der alten Kirche, in-8, Breslau, 1897, p. 320, n. 223. (H. L.)
2. Au lieu de è/. Sûo cp'jo-ewv, quelques-uns mirent èv ô-Jo o-ja-sit, qui avait le même sens. Mansi, op. cit., t. vi, col. 686 ; Hardouin, op. cit., t. 11, col. 731. Le concile de Chalcédoine approuva expressément la profession de toi de Flavien. Dioscore même ne la désapprouva pas, prétendant que Flavien n'y reconnaissait pas deux natures dans l'incarnation, comme il faisait, dit-il, en d'autres endroits ; et ceci pai-aît être une imagination. Tous les autres évèques opinèrent après Flavien, confirmèrent ses sentiments et ceux de saint Cyrille et déclarèrent que ceux qui ne les suivaient pas devaient être excommuniés. Basile de Séieucie et Séleucus d'Amasée dirent que Jésus-Christ était « en deux natures » et Julien de Cos dit a deux natures en une seule personne », expressions qui soulevèrent l'année suivante, au Brigandage d'Ephèse, les cri-